Publié le 1 Aug 2014 - 22:02
PROCÈS DE KARIM WADE

La désolation des avocats de Karim Wade 

 

Aussitôt le procès Karim Wade renvoyé hier pour permettre à la CREI de statuer sur les exceptions soulevées par les avocats de l’Etat quant à la constitution de certains avocats de l’ex-ministre, ceux-ci ont convoqué une conférence de presse dans un hôtel de la place.

 

Sept avocats de Karim Wade ont fait face à la presse hier. Comme un seul homme, les robes noires ont dénoncé un ‘’procès politique, inéquitable, inquiétant et désolant’’. Même s’ils se disent prêts. ‘’Cette journée a été une journée extrêmement désolante pour la défense. Nous avons eu le sentiment d’une audience qui n’était pas tenue, d’une audience avec laquelle chaque fois qu’un incident survenait, la seule possibilité qu’avait le président, ce n’était pas de dominer son audience, c’était de la lever et de se retirer jusqu’à ce que le calme soit survenu’’, a dit Me Jean René Fartyouat, ancien bâtonnier du barreau de Paris. L’avocat de s’interroger sur l’aboutissement dudit procès et sur le déroulement des plaidoiries afin de démontrer l’innocence de leur client.

Bibo Bourgi, ‘’l’indigne spectacle’’

De l’avis de Me Jean René Fartyouat, lundi prochain, il sera question de plaider sur une série de problèmes beaucoup plus fondamentaux que ceux qui ont été évoqués hier. Notamment, la compétence de la Cour de répression à juger Karim Meissa Wade. Ainsi que de la nullité de la  procédure. Ils comptent également soulever la question de la présence de Bibo Bourgi. ‘’Pour l’instant, la Cour, dans une formule que je trouve assez singulière, après avoir ordonné une expertise médicale, l’a fait venir à l’audience de force, pour ensuite le dispenser d’être présent à l’audience et attendre que l’expertise qui est en cours soit déposée lundi. Nous allons attendre les résultats de ces expertises, pour voir si nous pourrons exercer la défense de Karim Wade dans des conditions normales ’’, a-t-il dit.

A son tour, Me Amadou Sall a dénoncé ‘’un spectacle indigne’’ que de faire comparaître un malade (Bibo), accompagné de médecins et sous perfusion. Il a parlé d’une première dans l’histoire du Sénégal. L’ancien Garde des Sceaux s’est montré très virulent envers le régime en place. ‘’C’est une emprise commanditée du palais de la présidence pour tuer un opposant politique, un parti politique. Et dans un pays comme le nôtre, faire un procès de cette nature est une honte. Je le dis et je le répète, c’est le procès de la honte.’’

‘’Manque d’organisation, violation des droits et improvisation’’

De son côté, Me Olivier Sur, bâtonnier de Paris en exercice, a dénoncé un manque d’organisation, une certaine improvisation et une manifestation de la violation des droits de la défense. Il considère qu’il leur sera difficile de répondre, alors qu’ils ignorent comment est organisé l’interrogatoire du président de la Cour, alors que 80 témoins ‘’non identifiés’’ vont défiler à la barre. ’’Comment, lorsque nous n’avons pas de calendrier, lorsque rien n’est préparé, comment nous pouvons préparer l’argument, l’audience, au jour le jour ? Cela nous inquiète et pourtant nous sommes prêts’’, a déploré le bâtonnier.  ‘’Aujourd’hui, nous n’avons pas eu la possibilité de plaider, en ce premier jour d’audience. On ne nous a pas donné la parole’’, a aussi regretté l’avocat de  Karim.

L’avocat Me Ciré Clédor Ly considère pour sa part que la procédure est nulle, à partir du moment où la présomption d’innocence est violée. ‘’L’Etat a refusé de respecter la décision de justice. Ce procès ne sera jamais équitable et le pays se trouve dans une situation de recul, car les droits et les libertés sont menacés. L’avocat estime que ‘’le juge a procédé a un forcing’’. ‘’Aujourd’hui, le procès est un simulacre. On a l’impression que les règles de procédure ne sont pas respectées. C’est des règles de procédures inventées par le juge qui les met en application et qui les impose. Nous ne savons pas dans quelle étape on se trouve’’, s’est-il insurgé. Pour clore, il a demandé que la liste des témoins soit arrêtée. 

AIDA DIENE

 
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