Publié le 6 Jun 2026 - 14:08
PREMIER CONSEIL DES MINISTRES

Diomaye exige des “résultats rapides” du gouvernement Lo

 

Pour son premier Conseil des ministres avec la nouvelle équipe gouvernementale, Bassirou Diomaye Faye a fixé le cap. Relance économique, traitement de la dette, amélioration du pouvoir d'achat, modernisation de l'administration et culture du résultat : le chef de l'État demande à Ahmadou Al Amine Lo de passer à la vitesse supérieure dans la mise en œuvre de l'Agenda Sénégal 2050.

 

Quatre jours après la formation du nouveau gouvernement, le président de la République Bassirou Diomaye Faye a adressé un message sans ambiguïté à ses ministres. Réuni hier pour son premier Conseil des ministres sous l'ère Ahmadou Al Amine Lo, l'exécutif a placé l'urgence économique au sommet de ses priorités. Dans un contexte qu'il qualifie lui-même de « politique, économique, social et sécuritaire spécial », le chef de l'État a demandé au nouveau Premier ministre de lui soumettre dans les meilleurs délais un plan d'urgences gouvernementales destiné à relancer l'économie, assainir les finances publiques et accélérer la mise en œuvre de l'Agenda national de transformation.

« Le Sénégal est à la croisée des chemins », rapporte-t-on dans le communiqué du Conseil des ministres. À travers cette formule, Bassirou Diomaye Faye semble reconnaître que le pays traverse une phase décisive où les attentes sociales demeurent fortes alors que les marges budgétaires restent limitées.

C'est dans ce contexte qu'il a demandé au gouvernement de se concentrer sur « la relance de l'économie, l'assainissement des finances publiques, le traitement de la dette souveraine, avec l'apurement de la dette intérieure ». Une priorité qui intervient quelques jours seulement après les débats nourris autour de la situation des finances publiques et des engagements financiers de l'État.

Mais au-delà des questions macroéconomiques, le président a insisté sur des préoccupations directement liées au quotidien des Sénégalais. Il a évoqué l'amélioration du pouvoir d'achat des ménages, le soutien aux PME-PMI, à l'économie informelle ainsi que les programmes de lutte contre la pauvreté. Le passage le plus politique du communiqué est certainement celui où Bassirou Diomaye Faye affirme que le nouvel attelage doit être « un Gouvernement de travail, d'actions, de réalisations et de résultats rapides ».

Cette injonction n'est pas anodine. Elle intervient après deux années de pouvoir durant lesquelles le régime a souvent été critiqué pour le rythme de mise en œuvre de certaines réformes annoncées. En exigeant des résultats rapides, le chef de l'État semble vouloir ouvrir une nouvelle phase davantage centrée sur l'exécution que sur la conception des politiques publiques.

Le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lo s'est inscrit dans cette logique. Présentant sa méthode de gouvernance, il a appelé à passer « d'une logique centrée sur les procédures à une logique orientée vers la résolution des problèmes », mais aussi « d'une logique d'activités à une logique de résultats ».

Cette volonté de rupture se traduit également par l'annonce d'une Primature fonctionnant sous le mode de « l'interministérialité active et quotidienne ». Le nouveau chef du gouvernement veut réduire les cloisonnements administratifs et renforcer la coordination entre ministères. Dans le même esprit, il a insisté sur la performance administrative, la gestion des risques, la cybersécurité et l'élaboration d'un code d'éthique et de déontologie pour les agents de l'administration publique.

Le gouvernement n'aura toutefois pas le luxe d'une longue période d'installation. Parmi les urgences identifiées figurent la campagne agricole, la période de soudure, les examens et concours, la prévention des inondations ainsi que la mise en œuvre du Programme de redressement économique et social (Pres).

Le Conseil a également permis au chef de l'État de réaffirmer son ambition de poursuivre les concertations autour du dialogue national et de rendre hommage à Abdoulaye Wade à l'occasion de son centenaire. Mais l'essentiel était ailleurs : ce premier Conseil des ministres apparaît avant tout comme une séance de cadrage destinée à rappeler que la priorité de la nouvelle équipe sera désormais l'économie, l'emploi et l'amélioration des conditions de vie des Sénégalais.

AMADOU FALL

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