Publié le 8 May 2020 - 01:00

Quelques pistes pour une bonne reprise des cours le 2 juin 2020

 

Au Sénégal, le coronavirus a fini de bouleverser complètement les modes de vie, les activités économiques, la vie sociale et les mouvements de population. Dans cette situation très difficile, le secteur de l’éducation a été touché avec, notamment, la suspension des enseignements pour des raisons sécuritaires.

La mesure d’arrêter les cours – une semaine avant les vacances du deuxième trimestre – a été unanimement saluée par les acteurs de l’éducation, toutes couches confondues. La décision très responsable de prolonger la fermeture des écoles a également été appréciée par la communauté éducative dans son ensemble. Aussi faudrait-il féliciter le Président Macky Sall pour les dispositions préventives prises dans le cadre de l’endiguement de la pandémie à Covid-19, aussi bien pour l’école que pour les autres secteurs de la vie nationale.

Dans le lot des décisions importantes, il faut signaler celle de rouvrir les classes d’examen le 02 juin 2020. Pour une bonne reprise des cours, il faudrait prendre quelques précautions afin d’éviter les risques de contamination. Avec l'absence des élèves qui ne font pas examen, il suffit d'éclater les classes et de confier les groupes aux enseignants à leurs heures vacantes, c'est-à-dire aux heures qu'ils devaient effectuer avec les élèves ne faisant pas examen.

Et le tour est joué. Par exemple pour une école de 12 classes avec 2 classes de CM2, il y a 10 maîtres qui seront libres pour prendre en charge des groupes dans les deux classes d'examen qui, au lieu des deux enseignants initiaux, se retrouvent avec douze enseignants disponibles. Supposons qu'il y ait 60 élèves par classe, soit 120 élèves. Il suffira de répartir ces 120 élèves entre 12 enseignants.

Chaque enseignant se retrouverait alors avec 10 apprenants dans chaque salle de classe, permettant de respecter largement la distanciation sociale. C'est aussi possible dans l'enseignement moyen secondaire où il serait possible d'éclater les classes de troisième et de terminale et de confier de petits groupes aux professeurs.

Aussi faudrait que tous les professeurs soient mis à contribution et qu'ils fassent preuve de patriotisme en acceptant de faire des heures supplémentaires si les circonstances l'exigent. Pour une reprise effective, il serait bon aussi de lever, exceptionnellement, pour le personnel enseignant et les élèves, l'interdiction de voyager entre les régions pour la période du mardi 26 mai au mardi 02 juin afin de leur permettre de rejoindre leurs lieux de travail ou d’étude. Il faudrait au préalable que les salaires soient payés au plus tard 21 mai pour permettre aux enseignants de passer la Korité en toute quiétude et pouvoir rejoindre leur poste de travail après la fête.

Pour l'organisation des examens de fin d'année, il convient de doubler les centres d'examens et de réduire au strict minimum les déplacements éloignés pour les correcteurs. Il faudra au préalable exiger de chaque enseignant et de chaque élève le port du masque et, partant, allouer une part des budgets des établissements du moyen secondaire à l’achat de masques, de savon et de gel hydroalcoolique dans la mesure du possible.

A mon humble avis, à l’instar des autres pays, nous devons nous accommoder du virus et faire des efforts dans le respect des gestes barrières. Dans cette perspective, les autorités scolaires, les enseignants, les parents, les élèves, la société civile et toutes les bonnes volontés sont appelés à apporter leur contribution, selon leurs possibilités, pour une bonne reprise des cours. Lutter avec énergie contre le coronavirus est le seul combat qui vaille d’être menée. C’est le combat de tous.

Chers compatriotes, telle est ma modeste suggestion pour une bonne reprise des cours à partir du 02 juin 2020. J’exprime toute ma gratitude au chef de l’Etat, Macky Sall, et à ses collaborateurs qui œuvrent sans relâche pour notre sécurité. Je leur souhaite plein succès dans la lutte contre cette pandémie à Covid-19. Je rends hommage au ministre de l’Education nationale, M. Mamadou Talla et à la communauté éducative de mon pays. Vive l’école ! Vive le Sénégal !

Mamadou Moustapha Fall, Proviseur,

Conseiller au Faise (Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur),

Coordinateur de la Cellule républicaine d’information et de Communication (Cric).

Section: 
L’AJUSTEMENT PROGRESSIF : La seule vraie solution économique au contexte sénégalais
DE LA DÉMISSION DE LA PENSÉE : Quand l’intellectuel se fait courtisan
RÉGULER POUR TRANSFORMER : Les sept priorités d’une ARTP au service du Sénégal numérique
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, M. BASSIROU DIOMAYE FAYE, ET AU DG DE L'APIX, M. BAKARY SÉGA BATHILY 600 hectares de Toubab-Dialaw : vous n’avez pas le droit de sacrifier un peuple
Chroniques pour un Sénégal souverain et juste N° 01 · Août 2026 De la croissance aux citoyens : Pour une transformation territoriale de la performance économique du Sénégal
Le Parti socialiste n’est pas à vendre
AGETIP : Qu’en est-il en termes de procédure ?
DISCOURS DU PR PAPA FARY SEYE : QUAND LA PAROLE ÉDUCATIVE DEVIENT UNE PENSÉE DE LA RÉPUBLIQUE Un discours pour penser l’excellence, l’école et la République
Comment mettre le savoir au service du pouvoir au Sénégal ?
LES FONDS SPÉCIAUX AU SÉNÉGAL : Une catégorie fantôme dans la République ?
MOBILISER LA DIASPORA SCIENTIFIQUE : De l’opportunité à la stratégie pour le Sénégal et l’Afrique
RECOMPOSITION POLITIQUE POST-ALTERNANCE : Le débat initié par le ministre Abdou Fall sur les mutations en cours du système partisan sénégalais, mérite désormais d'être regardé comme un véritable exercicPréparer une succession ou réinventer une espérance ?
LE GRAND MAGAL DE TOUBA : Un puissant levier de souveraineté économique pour le Sénégal
POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES AU SÉNÉGAL : Entre urgence climatique, gouvernance internationale et réalités locales
QUINQUENNAT OU SEPTENNAT : Ne créons pas un problème là où la Constitution a déjà tranché
ENJEUX DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DANS UN CONTEXTE DE SCISSION AU SEIN DE PASTEF-LES PATRIOTES : Wërwërloo beek wiiri wiiri bi, du ko teree jaari ndaari !
SONKO / DIOMAYE : La rupture définitivement consommée
SÉNÉGAL : Le grand théâtre de la fidélité sélective
KIIRAY, OU L’EXIGENCE DE REFAIRE LA RÉPUBLIQUE : Quand un parti politique choisit de placer la Nation au-dessus de lui-même
Touba à l’aune du territoire mouride