Publié le 7 Apr 2026 - 14:43
SAINT-LOUIS : CÉLÉBRATION DE PÂQUES

Mgr Augustin Simmel Ndiaye appelle à l’espérance et à la responsabilité

 

Lors de la messe solennelle de Pâques célébrée à l’église Notre-Dame de Lourdes de Sor, Mgr Augustin Simmel Ndiaye a livré une homélie profonde, mêlant message spirituel et préoccupations sociales. Entre foi en la résurrection et réalités du monde, il a exhorté les fidèles à incarner une vie nouvelle fondée sur la paix, le partage et l’engagement.

 

Dimanche dernier, l’église Notre-Dame de Lourdes a accueilli une foule de fidèles venus célébrer la fête de Pâques, moment central du calendrier chrétien. Présidant la messe solennelle, l’évêque du diocèse de Saint-Louis a longuement médité sur le sens de la résurrection du Christ et ses implications dans la vie quotidienne des croyants. Dans son homélie, il a rappelé que Pâques est avant tout « un jour de bonheur », symbole du salut et de l’espérance retrouvée. « Quel que soit l’enfant prodigue que nous avons été, le Seigneur nous rattrape toujours », a-t-il souligné, évoquant notamment les disciples d’Emmaüs, rejoints par le Christ au cœur de leur détresse. Une image forte pour inviter les fidèles à reconnaître la présence de Dieu dans leur propre parcours.

Mais, au-delà du message spirituel, Mgr Ndiaye a inscrit sa réflexion dans les réalités actuelles, marquées par de multiples crises. Il a évoqué les difficultés économiques, le chômage des jeunes, les drames familiaux, ainsi que les dérives telles que la drogue ou le désespoir. « La résurrection nous interpelle pour toutes ces personnes qui sont comme dans un tombeau », a-t-il déclaré, appelant à une solidarité active. L’évêque a également insisté sur l’héritage du carême, ces quarante jours de jeûne, de prière et de partage qui précèdent Pâques. Selon lui, cette période ne doit pas être perçue comme une simple parenthèse, mais comme un apprentissage durable. « Nous ne pouvons pas revenir à nos anciennes habitudes comme si rien n’avait été fait », a-t-il averti, invitant les fidèles à poursuivre une démarche de modération et d’attention aux plus vulnérables. Dans cette perspective, il a encouragé à éviter les excès et à résister aux tentations consuméristes, rappelant que « notre cœur doit s’émouvoir » face à la pauvreté et à la souffrance autour de nous, notamment celle des enfants en situation de rue.

Abordant la situation internationale, Monseigneur Ndiaye n’a pas manqué d’évoquer les conflits et les violences qui secouent le monde. Guerres, destructions massives et pertes humaines constituent, selon lui, autant de défis pour la foi chrétienne. « Être témoin de la résurrection, c’est aussi être acteur de la paix », a-t-il affirmé.

Enfin, il a précisé que la paix prônée par le Christ dépasse la simple absence de guerre. Elle représente « le sentiment de Dieu pour chaque homme et chaque femme », une invitation à bâtir des relations fondées sur le respect, le pardon et la fraternité.

L’évêque de Saint-Louis a ainsi lancé un appel clair à faire de la résurrection non seulement une célébration, mais un engagement concret pour transformer la société.

IBRAHIMA BOCAR SENE, SAINT-LOUIS

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