Publié le 1 Jun 2023 - 18:32

Un dialogue national, direct et sans tabou !

 

Le dialogue s’est ouvert, hier, au palais de la République, dans une salle des banquets bien remplie par de représentants des partis politiques, des autorités coutumières et religieuses, des acteurs économiques… Le président de la République a informé qu’il est prêt à discuter de la question du troisième mandat et même d’y renoncer, si les acteurs le lui demandent gentiment.

 

Finaliser les termes de référence avant le week-end, constituer les commissions, désigner les représentants des parties prenantes, démarrer les travaux et tout boucler avant la fin du mois de juin… Voilà les principales décisions retenues par le président de la République Macky Sall, après avoir passé toute l’après-midi, de 16 h à 21 h, à recueillir les attentes des différentes composantes du dialogue national.

L’autre décision majeure, c’est la désignation de Moustapha Niasse pour représenter le chef de l’État et conduire les travaux. Selon le président de la République, dans ce dialogue, il n’y a aucun sujet tabou ; les parties prenantes vont discuter de tout, y compris du mandat qui défraie la chronique. Sur un ton ferme, il déclare : ‘’Nous allons discuter de tous les sujets. Si vous voulez que je ne sois pas candidat, il faut le demander. Mais gentiment (il insiste). On ne m’imposera rien du tout. D’autant plus que ceux-là qui s’agitent, ce sont les mêmes qui allaient partout pour dire que voter oui c’est permettre au président de faire un troisième mandat. On peut donc discuter de tout, mais dans le respect mutuel et dans le respect des lois de la République.’’

En revanche, s’il y a un sujet sur lequel le chef de l’État se veut intransigeant, c’est sur ce qu’il considère comme des velléités de déstabiliser la République, de remettre en cause les institutions et de perturber la quiétude des citoyens. Pour lui, ça ne passera pas. ‘’Nous ne pouvons pas accepter les menaces contre des juges. Tous les jours que Dieu fait, on les appelle pour les menacer ; on signale leurs adresses. Je suis convaincu que si on quitte ces lieux, en fonction des points de vue des uns et des autres, des gens vont les prendre pour cibles. Est-ce qu’on peut continuer à vivre comme ça ? Les gens vont penser qu’ils vont continuer à s’en prendre aux biens d’honnêtes citoyens et aller dormir tranquillement chez eux ? Je voudrais rassurer tout le monde. L’État sera là pour la défense des citoyens et de leurs biens’’, fulmine-t-il non sans appeler ceux dont les biens ont été attaqués à faire confiance à l’État en ne versant pas dans la vengeance.

Pour le président de la République, le Sénégal est injustement vilipendé sur le plan international. ‘’Si c’était dirigé contre ma personne, enchaine-t-il, ce ne serait pas grave, car je sais me défendre, mais on fait du mal à notre pays. On traine nos forces de défense et de sécurité dans la boue, alors que ce sont les forces les plus républicaines, les plus responsables qui ne s’adonnent pas à certains actes qu’on veut leur faire endosser. Au moment où l’on parle, un individu a d’ailleurs été arrêté, parce qu’il a tiré sur un manifestant. Nos FDS ne font pas ça. Les enquêtes vont révéler ceux qui sont là avec des armes gros calibre et qui veulent instaurer la terreur. Que les gens se le tiennent pour dit : l’État ne démissionnera pas de sa mission régalienne’’, indique le président de la République, qui estime que la paix commence par le respect de la loi.

‘’Sinon, c’est la catastrophe. Nous ne pouvons pas en arriver là. Je demande à ceux qui ont pris la décision de se venger de faire confiance à la République. Donc, dans le cadre de ce dialogue, on peut discuter de tout, mais qu’on ne me demande pas de croiser les bras face aux velléités de déstabilisation de notre pays’’, se répète-t-il.

Macky Sall lave les FDS et accuse des manifestants armés

De l’avis du chef de l’État, la vie nationale ne peut se résumer à des antagonismes au détriment d’autres priorités d’intérêt commun. Revenant sur les différentes questions qui seront au menu du dialogue, il a mentionné la jeunesse, la gestion des hydrocarbures, le respect de l’État de droit, des institutions, de la justice et des forces de défense et de sécurité, ainsi que des confessions religieuses…

S’agissant du format, il a préconisé de tenir compte de l’expérience. ‘’Nous pourrons reconduire les mêmes commissions que celles du dernier dialogue présidé par le président Famara Ibrahima Sagna. La commission politique, la commission économie et sociale, la commission cadre de vie et environnement, la commission paix et sécurité, la commission ressources naturelles, la commission bonne gouvernance et corruption, la commission administration décentralisée, territorialisation des politiques publiques et une commission de synthèse’’, a-t-il précisé.

À l’en croire, ces commissions ont presque achevé leur travail. ‘’Il suffit de les remettre à jour et d’en tirer les conclusions. Sur le volet dialogue politique, je vous recommande de mener les concertations de façon à consolider les acquis démocratiques par de nouveaux consensus sur le Code électoral, le processus électoral et les droits civils et politiques’’, a soutenu le président de la République qui a informé l’assistance avoir désigné Moustapha Niasse pour mener les travaux.

 Les exigences des acteurs politiques

À la suite du président de la République qui a tracé les grands axes du dialogue national, les représentants des différents pôles sont revenus sur leurs attentes par rapport au dialogue qui va démarrer dans les tout prochains jours.

Pour Khalifa Sall, il faudra non seulement inclure la question du troisième mandat qui fâche, la participation de tous les acteurs, le parrainage, mais aussi la modification des articles 29 et suivants et la libération des détenus. L’ancien maire de Dakar, tout en précisant qu’il participe au nom de Taxawu Sénégal, a plaidé pour ses camarades de Yewwi Askan Wi et de F24 qui ont boycotté. ‘’Je fais partie de l’opposition dite radicale. Une bonne partie de cette opposition n’est pas là. Il faut se demander pourquoi. Pourquoi je suis le seul à être là, ce que j’assume ? La plupart disent qu’il n’y a rien de nouveau, qu’on a déjà discuté de tous ces sujets sans résultat. Pour ma part, j’ai estimé qu’il ne faut jamais se lasser de discuter pour améliorer les choses’’, a-t-il déclaré.

Dans la même veine, le PDS, pour sa part, demande, en sus de la réhabilitation de Karim Wade, qu’on discute également de l’audit du fichier avec l’implication de l’UE, des USA et de l’UA, la nomination d’une personnalité consensuelle pour l’organisation des élections, la suppression ou la réforme du parrainage, la poursuite des inscriptions sur les listes électorales…

Pour la mouvance présidentielle, Momar Samb est largement revenu sur la nécessité de reconstruire le tissu social, la nécessité de veiller sur le respect intégral des institutions, le respect de l’État de droit, la reconstruction du respect des règles démocratiques, enfin le respect du dialogue en tant que mécanisme de régulation et de règlement des conflits.

De l’avis de M. Samb, le climat de terreur qui règne dans le pays est inadmissible et qu’il urge d’y mettre un terme le plus rapidement possible.

MOR AMAR

 

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