Publié le 11 Dec 2013 - 12:19
DROIT DE L’HOMME, REPORT DES LOCALES, LES ''MILICES POLITQUES'' DE L’ASP

Les libéraux africains vilipendent Macky Sall

 

L’assemblée générale du Réseau libéral africain (RLA), tenue à Zanzibar, en Tanzanie, du 5 au 7 décembre 2013, a servi de tribune pour faire le procès du régime de Macky Sall. Dans leur résolution finale dont EnQuête a copie, les 34 partis membres, dont le Parti démocratique sénégalais (PDS), ont dénoncé ''la violation des règles élémentaires qui régissent un État de droit'' par l’actuel pouvoir.

Au Sénégal, déplorent-ils, ''les opposants sont pourchassés, les réformes libérales reléguées au second plan''. Pis, poursuivent-ils, ''nous assistons à des arrestations pour délit d’opinion (prisonniers politiques), à la résurrection des forces de gauche, à l’instrumentalisation de la justice''.

En dépit de ''la résolution de Bamako appelant à un respect des règles de la démocratie, de l’État de droit, de la séparation des pouvoirs, du respect des décisions de la cour de justice de la CEDEAO'', le RLA constate que les ''autorités n’ont pas obtempéré''. Or, pour ce réseau, la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) est une ''juridiction illégale'' en ce sens qu’elle ''viole le principe de la présomption d’innocence''et empêche ''toute voie de recours aux décisions de la commission d’instruction'' en cas de condamnation.

Le RLA rappelle l’article 101 de la Constitution du Sénégal qui confère un privilège de juridiction aux ministres et anciens ministres pour les actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. C’est ce même statut accordé à ces personnes qui rend  ''nul et non avenu'' la mesure d'''interdiction de sortie du territoire sénégalais'' prise par ''le procureur spécial contre une dizaine de ministres''.

Malheureusement, se désole le RLA, ''depuis presque 18 mois, sans aucune poursuite. Des députés ont vu leur immunité levée depuis plus d’un an sans être convoqués. Cette pression est envisagée par l’État du Sénégal pour contraindre les opposants au silence''. Par conséquent, il ''exige la libération sans condition'' de ceux qu’il considère comme ''des détenus politiques''.

 Sur un  autre registre, l’assemblée générale a condamné le report des élections locales fixé le 29 juin prochain en violation  du ''protocole de la stabilité et de la sécurité de la CEDEAO''. Lequel protocole ''stipule qu’à six mois des élections, il est impossible de procéder à des modifications du code électoral'' sauf en cas de consensus large.

Le débat suscité par l’Agence nationale de la sécurité de proximité s’est aussi invité à la rencontre de Zanzibar. Pour les libéraux africains, cette structure de ''10.000 hommes'' n’est rien d’autre qu'''une milice politique'' qui ''fait craindre les syndromes de violence et de chaos dans certains pays d’Afrique''.

Rappelons que le Parti démocratique sénégalais (PDS) était représenté par le Dr Malick Dieng, chargé des relations internationales et Directeur de l’Institut libéral et le Parti pour la liberté et la citoyenneté (PLC) représenté par son Secrétaire général Alassane Ndaw.

DAOUDA GBAYA

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