Publié le 16 May 2020 - 14:20
CORONAVIRUS - RAMADAN

Les prières collectives nocturnes suspendues

 

Le coronavirus a bouleversé des habitudes et changé des pratiques. Ainsi, cette année, il sera difficile, pour certains fidèles, d’organiser les prières nocturnes collectives comme ils le faisaient durant les 10 dernières nuits du mois béni.
 
 
Les musulmans ont entamé les dix derniers jours du mois de ramadan. Et cette année, la pandémie du coronavirus a perturbé certaines traditions. Ainsi, beaucoup de fidèles n’ont pas pu prendre part aux prières surérogatoires où ‘’nafila’’ à cause du couvre-feu décrété au début de 20 h à 6 h et la fermeture des mosquées. 
 
Toutefois, même avec les mesures d’assouplissement autorisant la réouverture des mosquées et les nouveaux horaires du couvre-feu, il sera difficile d’effectuer certaines recommandations. Parmi ces dernières, figure le ‘’Khiyamouleyli’’, ou prières nocturnes célébrées durant les dix dernières nuits du mois de ramadan. ‘’’Vous savez, ‘Khyam’ signifie en langue arabe le fait de se lever et ‘Aleyli’ la nuit. Donc, ‘Khiyamouleyli’ signifie se lever la nuit pour prier comme le faisait le Prophète’’, fait savoir Ababacar Diop Cissé. Pour qui le Prophète passait, durant cette période, ses journées et ses nuits dans les mosquées. 
 
Ce ne sera pas le cas, pour le coordonnateur du Comité des imams de la mosquée de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), cette année, vu le contexte sanitaire. Ainsi, cette recommandation du Prophète aura une célébration particulière. Ababacar Cissé Diop indique que ces prières ne sont pas forcément célébrées à la mosquée, mais nécessitent un petit rassemblement à des heures tardives. ‘’Le Prophète (PSL) le faisait avec ses compagnons. Avec la situation sanitaire actuelle, on peut rester chez soi, les faire en famille ou, à défaut, de façon individuelle. Avec la nouvelle mesure d’assouplissement, le couvre-feu commence à 21 h, alors qu’en général les prières nocturnes démarrent vers 00 h-1 h du matin‘’, explique l’un des imams de la mosquée de l’Ucad. 
 
Cependant, il faut savoir que ces prières sont le plus souvent pratiquées par la communauté des ibadou rakhmane. C’est une façon, considère l’imam Cissé, de profiter des bienfaits de cette dernière décade. Mais, également, ‘’le but pour les musulmans est de ne pas rater la Nuit du Destin ou ‘Laylatoul Khadr’", dont on ignore la date exacte. On sait juste qu’elle coïncide avec une nuit impaire ; c’est soit le 21e jour du ramadan, soit le 23e, soit le 27e.  Les dates de célébration annuelle ne sont pas fixes’’, éclaire l’imam Cissé. 
 
C’est pourquoi, soutient-il, le Prophète recommande aux musulmans de prier toutes les nuits, pour être sûr de la célébrer. ‘’Le Prophète a dit : ‘Celui qui prie pendant la nuit de ‘Laylatoul Khadr’ avec foi et espérance, Allah lui pardonne tous ses péchés précédents. Il ne faut pas aussi oublier que le Coran est descendu pendant cette nuit qui est meilleure que 1 000 mois’’, rappelle le coordinateur du Comité des imams de l’Ucad. 
 
Ababacar Diop Cissé est, par ailleurs, revenu sur la réouverture des mosquées avec les nouvelles mesures d’assouplissement. A ce propos, il précise que celle de l’Ucad attend la réouverture de l’espace universitaire pour accueillir ses fidèles. 
 
‘’La réouverture les mosquées peut être dangereuse’’
 
Il ne semble pas pour autant très rassuré par la décision de certains qui souhaitent retourner prier. ‘’En tant que musulman, j’ai personnellement un sentiment très mitigé. Je ne peux pas être contre la réouverture des mosquées. Mais, d’autre part, je pense qu’il faut être prudent. Je trouve que c’est contradictoire d’avoir fermé les lieux de culte avec seulement peu de cas et de vouloir les rouvrir maintenant qu’on en décompte plus de 2 000. Cela peut être dangereux’’, prévient-il. 
 
Il considère que l’Etat devait mettre en place d’abord des mesures d’accompagnement avant de décréter la réouverture des mosquées et des églises. Il se pose d’ailleurs plusieurs questions sur les défis qui attendent les dirigeants des mosquées. ‘’Est-ce qu’ils auront tous la capacité de mettre sur pied la logistique qu’il faut pour le respect de la distanciation sociale ? Est-ce que quelqu’un qui se sent malade aura la présence d’esprit de rester chez lui ? Est-ce qu’on peut avoir des thermo-flashs à l’entrée pour le contrôle de la température des fidèles ?’’. Voilà autant de questions que se pose l’imam Cissé. 
 
Dans un autre registre, Ababacar Diop Cissé a invité les musulmans à ne pas oublier l’aumône de la Korité appelée ‘’zakat al fitr’’. Malgré cette période de pandémie, il appelle les croyants à s’organiser pour aider les pauvres. 
 
HABIBATOU TRAORE

 

Section: 
JUSTICE – PROCÈS DE JÉRÔME BANDIAKY : Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre le "Sniper"
LUTTE CONTRE LE TRAFIC D’ÊTRE HUMAIN DANS 59 PAYS : 2 070 victimes identifiées et 1 024 suspects interpellés
INFRASTRUCTURES À THIÈS : Entre modernisation et défis de maintenance
AFFAIRE DU PRÉSUMÉ DÉTOURNEMENT À LA CAISSE DE SÉCURITÉ SOCIALE : Mame Thierno Birahim Bob veut un procès ou une liberté provisoire
RUMEURS D’UNE RENCONTRE AVEC LE CHEF DE L’ÉTAT : Le Codeps rejette toute participation à des discussions avec Diomaye Faye
Tentative de meurtre sur un vigile
MAINLEVÉE DES SUSPENSIONS SUR LES LOTISSEMENTS : L'URD salue une décision "d'équilibre" et appelle à plus de transparence
Gendarmerie mobile
VISITE DE TERRAIN AU MARCHÉ SANDAGA : La sécurité érigée en priorité par le ministre de l'Intérieur
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Enjeux d’un recours “inédit”
FRONT SYNDICAL POUR LA DÉFENSE DU TRAVAIL : Le FSDT maintient la pression avec une grève générale le 10 juillet
Détention et usage de haschisch
Baccalauréat 2026 à Kaolack
Quinze kilos de chanvre indien saisis à Kaolack
Deux présumés agresseurs arrêtés
LUTTE CONTRE LA MIGRATION IRRÉGULIÈRE : Soixante et un candidats à l'émigration clandestine interceptés au large de Thiaroye
Un détenu décroche son bac
DROGUES DE SYNTHÈSE : Le crime organisé change de visage, l’alerte d’un nouveau rapport
AUDITS FONCIERS : La Primature accélère la levée des suspensions sur plusieurs lotissements
DIX-HUIT ANS APRÈS SON ÉRECTION EN DÉPARTEMENT Guinguinéo attend toujours ses infrastructures de base