Publié le 9 Apr 2026 - 13:58
THIES - 4 AVRIL  

Un rendez-vous politique manqué ?

 

Habib Vitin, président du mouvement Thiès d’abord, est revenu sur la célébration de la Fête de l'Indépendance du Sénégal à Thiès, dressant à la fois le bilan des réussites et des insuffisances de l’événement, notamment au regard du discours du président de la République.

 

Sur le plan organisationnel, la cérémonie du 4 avril a offert un spectacle d’une grande rigueur : défilé parfaitement orchestré, troupes disciplinées, dispositif maîtrisé. L’État a pleinement répondu aux exigences protocolaires. Les forces de défense et de sécurité ont ainsi projeté l’image d’une nation structurée, solide et respectée. Pour Habib Vitin, président du mouvement Thiès d’abord, cette performance mérite d’être saluée.

Toutefois, au-delà de cette réussite logistique et militaire, il souligne, dans un communiqué rendu public, un décalage persistant entre la mise en scène institutionnelle et les attentes concrètes des populations. Car, la réussite du défilé doit également beaucoup à la forte mobilisation citoyenne. « Des milliers d’habitants, majoritairement des jeunes, ont pris part à l’événement, souvent dans des conditions éprouvantes, sous une chaleur intense et loin du confort des tribunes officielles. Cette affluence traduit, selon lui, un patriotisme réel et un engagement civique notable ».

Cependant, cette mobilisation n’a pas trouvé d’écho à sa mesure dans les discours officiels. Jugée prudente, la prise de parole des autorités n’a été accompagnée d’aucune annonce majeure. « Une forte mobilisation, mais aucune annonce significative », déplore Me Vitin, pointant l’absence de contenu politique substantiel dans un contexte marqué par de fortes attentes.

Des urgences locales en attente de réponses

À Thiès, souligne  Habib Vitin, la célébration du 4 avril dépasse le cadre symbolique. Elle cristallise des préoccupations concrètes : urbanisation non maîtrisée, déficit en infrastructures, enclavement de certains quartiers et chômage des jeunes. Autant de problématiques structurelles largement identifiées, qui appelaient des réponses claires et des engagements précis.

Or, regrette le politique, le discours officiel est resté silencieux sur ces enjeux, ne proposant ni feuille de route ni mesures structurantes. « Ce silence est perçu comme un facteur aggravant du décalage entre les attentes citoyennes et l’action publique », écrit-il.

En marge du défilé, certains aménagements ponctuels ont également mis en lumière les insuffisances persistantes de la ville, notamment en matière d’assainissement, d’éclairage et d’aménagement urbain. L’embellissement temporaire, loin de masquer ces réalités, a contribué à les rendre plus visibles.

Entre responsabilité publique et exigence citoyenne

Si les critiques visent principalement les autorités, la responsabilité citoyenne reste également posée. Gestion des déchets, préservation des infrastructures et respect des espaces publics constituent des défis quotidiens. Le civisme, souligne-t-il, ne saurait se limiter aux grandes occasions. Dans ce contexte, la question de la redevabilité s’impose avec force. « Après la fête, place à l’évaluation », insiste Habib Vitin, appelant à un examen rigoureux des choix opérés, des ressources mobilisées et des résultats obtenus.

Malgré les insuffisances relevées, cette journée a mis en évidence des atouts importants : des forces de défense organisées et une jeunesse mobilisée, prête à s’engager pour le développement de sa ville et du pays. Reste désormais à transformer cette dynamique en actions concrètes. Car, souligne le responsable politique, Les attentes demeurent fortes, tant à l’échelle nationale que locale, avec l’espoir de réponses rapides, inclusives et adaptées aux réalités du terrain.

NDEYE DIALLO (THIES)

Section: