Publié le 23 Jul 2026 - 07:27
SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE

Diomaye Faye appelle à la création d’un pacte national

 

Face à la dépendance persistante du Sénégal aux importations alimentaires, le président Bassirou Diomaye Faye propose un Pacte national réunissant l’État, les chercheurs, les producteurs et le secteur privé. Cette initiative doit notamment favoriser la transformation locale, réduire les pertes post-récolte et renforcer la résilience du système alimentaire.

 

Le président Bassirou Diomaye Faye appelle à la mise en place d’un Pacte national de souveraineté alimentaire. Il en a fait l’annonce, hier, mardi 21 juillet, lors d’une séance de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS) consacrée à cette problématique. Ce pacte devrait fédérer l’État, les chercheurs, les producteurs, les femmes, les jeunes et les opérateurs privés autour d’un objectif : réduire la dépendance alimentaire du pays et transformer durablement les systèmes de production. « J’appelle à un Pacte national de souveraineté alimentaire, fondé sur la science, la technologie et l’innovation, sur la responsabilité collective et sur l’action concertée de l’État avec les chercheurs, les femmes et les jeunes producteurs, ainsi que le secteur privé », a déclaré le chef de l’État. Le contenu précis, le calendrier et les mécanismes de financement de ce cadre n’ont toutefois pas été détaillés.

Une dépendance jugée « coûteuse et risquée »

Bassirou Diomaye Faye a reconnu que, malgré son potentiel agricole, pastoral et halieutique, le Sénégal demeurait fortement tributaire des importations. Une situation qu’il considère comme une menace pour la stabilité économique et alimentaire du pays. « Comme nombre de pays africains, le Sénégal demeure confronté à une dépendance alimentaire structurelle, coûteuse et risquée », a-t-il relevé. Pour le président, ce paradoxe n’est « plus soutenable », car il constitue « une vulnérabilité stratégique ». Le chef de l’État résume l’ambition poursuivie par une formule : « Permettre à nos concitoyens de produire davantage ce qu’ils consomment, et de consommer davantage ce qu’ils produisent. » La mise en œuvre de cette orientation devrait passer par la diversification des productions végétales, animales et halieutiques, mais aussi par une meilleure maîtrise des semences, des engrais, des technologies et des systèmes d’irrigation.

Les pertes enregistrées avant et après les récoltes ainsi que la faiblesse de la transformation locale figurent parmi les principaux obstacles identifiés. Le président a aussi évoqué la dégradation des sols et la fragmentation des politiques agricoles. Il préconise une rationalisation des chaînes de valeur grâce à l’amélioration du conditionnement, au développement de la transformation et à la modernisation des équipements et des infrastructures agricoles.

L’agriculture de précision et l’intelligence artificielle sont également présentées comme des outils pouvant contribuer à améliorer les rendements. La recherche de la souveraineté alimentaire devra, en outre, tenir compte des effets du changement climatique. Le président a notamment cité l’intensification des sécheresses et des inondations, la salinisation des terres et le dérèglement des saisons agricoles. « La souveraineté, qu’elle soit alimentaire ou de toute autre nature, ne se décrète pas ; elle se construit, méthodiquement », a-t-il insisté.

Pour Bassirou Diomaye Faye, la souveraineté alimentaire ne doit pas être réduite à la disponibilité des denrées. Elle doit aussi permettre aux populations d’accéder durablement à une alimentation saine, diversifiée et nutritive. « La malnutrition chronique touche encore des milliers d’enfants, tandis que persistent les carences en micronutriments et que progresse le surpoids », a-t-il relevé. Il n’a toutefois pas communiqué de nouvelles données chiffrées sur ces phénomènes. Le Pacte national proposé devrait ainsi articuler l’augmentation de la production, la transformation des produits locaux et l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments. Le président souhaite également que les travaux des scientifiques soient davantage pris en compte dans la conception et l’évaluation des politiques agricoles.

M. DIOP

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