Une plateforme pour mieux accompagner les enfants à besoins spécifiques

Faciliter l’accès à l’information, rapprocher les familles des professionnels et contribuer à une meilleure inclusion des enfants à besoins spécifiques. C’est l’ambition de Jigiyasô – La Maison de l’Espoir, dont la plateforme numérique a été officiellement lancée samedi.
Abondance de bien ne nuit pas. La cérémonie qui a réuni professionnels, familles, associations et acteurs institutionnels autour des difficultés rencontrées par les parents dans leur parcours d’accompagnement vient ainsi renforcer un dispositif pédiatrique pas toujours bien nanti. Trouver un spécialiste, accéder à un diagnostic, identifier une école adaptée ou simplement savoir vers qui se tourner reste souvent complexe pour les familles.
Pour Ida Gnintoungbe, présidente de Jigiyasô, l’objectif est surtout de permettre aux familles de ne plus avancer seules. « Quand on est parent d’un enfant à besoins spécifiques, on se retrouve souvent face au manque d’information, à des difficultés d’orientation. Et cette plateforme est justement là pour sortir les parents de l’isolement ».
Consultante en transformation numérique, la présidente de Jigiyasô a voulu mettre son expertise au service de cette problématique. Elle souligne notamment l’intérêt du numérique pour rapprocher les familles éloignées des grands centres urbains des professionnels disponibles ailleurs au Sénégal. L’ambition dépasse ainsi la création d’un simple annuaire. Jigiyasô souhaite construire progressivement un réseau réunissant familles, professionnels, établissements scolaires, associations et institutions.
Les échanges ont également permis de rappeler que les enfants à besoins spécifiques regroupent notamment ceux présentant des difficultés dans leur développement neurologique ou nécessitant un accompagnement renforcé. Sont notamment cités les enfants avec une infirmité motrice cérébrale, une trisomie 21, un trouble du spectre de l’autisme, un TDAH ou encore des troubles. « Tous ces enfants-là qui ont des difficultés à s’adapter dans le système éducatif actuel et qui ont besoin de plus d’accompagnement, c’est eux qu’on met dans la catégorie d’enfants à besoins spécifiques », explique la présidente.
La question de l’autonomisation de l’enfant se trouve au cœur de cette démarche, avec la nécessité d’une collaboration étroite entre les parents, les professionnels de santé, les structures éducatives et les pouvoirs publics.
Présent à la cérémonie au nom du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, le chef de bureau législation à la Direction de la promotion des droits et de la protection des enfants a salué une initiative qu’il considère comme opportune. « Nous, en tant qu’acteurs de la protection, nous ne pouvons que saluer l’initiative, parce que je peux dire qu’elle est venue à son heure », déclare le représentant du ministère de la famille, Daouda Yatte.
Il a également assuré de la disponibilité du département ministériel à accompagner la démarche, alors que Jigiyasô a sollicité un partenariat avec les pouvoirs publics. Les modalités de cette collaboration devraient être précisées avec les structures concernées, notamment la Direction générale de l’Action sociale.
Pour le représentant du ministère, le numérique peut jouer un rôle déterminant dans cette dynamique. « Ce n’est pas seulement un outil technologique : c’est un levier d’inclusion, d’autonomie, mais aussi d’égalité des chances pour tous les enfants », souligne-t-il.
Construire un écosystème inclusif
À travers son lancement, Jigiyasô entend désormais élargir son réseau aux professionnels de santé, établissements scolaires, associations, ONG, institutions et partenaires techniques et financiers.
L’objectif est de faire émerger un écosystème permettant aux familles d’accéder plus facilement aux ressources existantes et de bénéficier d’un accompagnement mieux coordonné.
Pour Ida Gnintoungbe, cette dynamique doit reposer sur la synergie entre tous les acteurs. Une conviction résumée dans la devise de l’association : « Chaque enfant mérite sa place. Chaque famille mérite d’être accompagnée. »
MAMADOU DIOP






