Publié le 20 May 2016 - 09:19
3 QUESTION A ……. TALLA CISSE (DG DE LA SOGAS)

‘’La viande d’âne est mélangée à celle de bœuf et vendue au ‘’forox caaya’’

 

 

Devant l’ampleur prise par la commercialisation de viande impropre à la consommation, le Directeur Général de la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (SOGAS) demande aux clients d’exiger de leurs fournisseurs des factures de prestation comme preuves. Talla Cissé renseigne que cette viande est vendue à des clients particuliers.

 

La personne qui vient d’être arrêtée par la gendarmerie de Yarakh, en train de dépecer deux ânes, a soutenu que ladite viande devait être écoulée au niveau de la Séras. Quel commentaire en faites-vous ?

Il faut préciser que la Séras n’existe plus depuis longtemps. C’est la SOGAS (Société de gestion des abattoirs du Sénégal) qui l’a remplacée. Mais les gens appellent Séras, tout ce qui se situe dans les environs du parc des petits ruminants, en passant par l’usine SOTIBA et l’autoroute à péage. La SOGAS est une société privée bien structurée et qui est, d’ailleurs, la seule société autorisée par  l’Etat du Sénégal à faire de l’abattage. Mais elle a des limites bien claires. 

Cette viande d’âne n’est pas vendue à notre niveau. Ce n’est pas vrai. La viande issue de l’abattage clandestin, en particulier la viande d’âne qui est vendue mélangée à celle du bœuf, est vendue à des clients bien particuliers qui font de la restauration rapide, du « forox caaya », et d’autres qui s’y adonnent, de manière indue, et qui sont hors de contrôle. Il y a aussi ceux qui vendent la viande découpée en petits morceaux. On la vend aussi dans les marchés, dans les garages. Ce n’est pas à la SOGAS où cette viande est vendue. La viande qui est vendue sur le marché de la SOGAS provient de bêtes abattues sur place par nos employés et au niveau de nos aires d’abattage, dans la norme halal. C’est de la viande contrôlée par des vétérinaires assermentés. Les peaux ne rentrent pas à la SOGAS, a fortiori la viande. La viande, d’où qu’elle vienne, ne pourrait entrer à l’intérieur de la SOGAS. Nous n’abattons que des bœufs, moutons et chèvres.

Est-ce qu’un dispositif est mis en place pour lutter contre ces cas d’abattage clandestin ?

Il y a des manières de reconnaître la provenance de la viande. Celle qui provient de la SOGAS est estampillée en encre bleue bien visible sur chaque côté de la carcasse.  Mais, cela n’est pas suffisant, car les gens parviennent à mettre aussi une marque de couleur bleue pour tricher. Mais il est loisible à tout client de demander à son fournisseur de lui donner sa facture de prestation, comme preuve que cette viande est bien contrôlée. Et toute personne qui ne peut fournir cette preuve a fait un abatage clandestin. La viande qui provient d’un abattage clandestin est dangereuse pour la société, pour la santé publique.

Au-delà du système de contrôle que la SOGAS  a mis sur pied, est-ce qu’une surveillance accrue ne serait pas la bienvenue ?

Cette surveillance existe bel et bien. Il y a des agents vétérinaires qui saisissent, de temps en temps, de la viande provenant d’abattages clandestins : de la viande d’âne, de cheval, et dont la provenance est douteuse ; même s’ils ne font pas beaucoup de bruits. Et dans ces cas-là, la viande prise est offerte au parc de Hann. Les malfaiteurs arrêtés sont remis à la justice. Seulement, ces agents-là ne sont pas nombreux et il y a beaucoup de marchés à Dakar. On vend de la viande, malheureusement, à tous les coins de rues des marchés. Il n’y a pas un marché dédié spécifiquement à la vente de viande. Il faut se méfier des bouchers qui sont dans les coins.

Il faut avoir plus de discernement. L’Etat nous accompagne, à travers des opérations coups de poing menées par la gendarmerie. Mais aussi, à travers un comité qui gère cet abattage clandestin qui organise aussi des descentes sur le terrain. Mieux, avec le ministère, il a été décidé d’aller au-delà de répression pure et simple. Il faut aller à la rencontre des consommateurs et leur expliquer les risques qu’ils encourent en ayant n’importe quelle viande chez eux. Ils doivent demander des preuves qu’ils ont de la bonne viande. C’est urgent et nécessaire, dans la mesure où on vend à des musulmans de la viande d’âne qui est prohibée par l’islam. Il y en a qui disent le contraire, mais ce n’est pas vrai, c’est interdit par l’islam. 

PAR CHEIKH THIAM

 

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