Publié le 31 Mar 2026 - 19:49
426 MILLIARDS SOUS TENSION

Takku Wallu fustige l’opacité du TRS

 

L'annonce d'un financement de 650 millions d'euros (environ 426 milliards de FCFA) obtenu par le Sénégal fait couler beaucoup d'encre. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, par la voix de sa présidente Aïssata Tall Sall, s'inquiète du manque de transparence autour de cette opération appelée « Total Return Swap » (TRS). Elle demande des explications claires sur ce montage financier qu'elle juge risqué pour l'avenir des Sénégalais.

 

Tout commence le 23 mars 2026, quand le journal britannique Financial Times révèle que le Sénégal a mobilisé des fonds auprès de banques internationales. Si l'opération est légale, la manière dont elle a été menée pose question. Pour l'opposition, le gouvernement a agi en cachette, sans informer les partenaires habituels ni les députés. « Si cette affaire ne rompt pas la confiance, elle abîme sérieusement le crédit dont notre pays jouit aujourd'hui », regrette Aïssata Tall Sall. Le cœur du problème, c'est la nature même du TRS. Pour obtenir de l'argent rapidement, l'État a passé un accord où il échange les revenus de ses titres contre du cash immédiat. Mais ce choix a un coût très élevé. La parlementaire rappelle d'ailleurs que même les plus grands investisseurs mondiaux, comme Warren Buffett, considèrent ce type de contrat comme une « arme financière de destruction massive ».  Le danger est surtout financier : pour obtenir cet argent, le Sénégal accepterait une réduction (décote) de 30 % à 40 %. « Pour 150 millions d'euros engagés, le Sénégal n'en reçoit que 105 millions », explique-t-elle. En plus de ce manque à gagner, si la valeur des titres baisse, c'est l'État sénégalais qui doit payer la différence. « Le Sénégal prend en charge la différence », prévient la présidente du groupe Takku Wallu.

Au-delà de l'argent, c'est le silence du gouvernement qui fâche. Ce type de montage financier n'apparaît pas directement dans le budget de l'État comme un prêt classique. Cela pourrait donc cacher le vrai niveau d'endettement du pays. Aïssata Tall Sall s'étonne qu'en novembre 2025, lors du vote du budget à l'Assemblée, le ministre des Finances n'ait rien dit, alors que l'accord était déjà signé depuis plusieurs mois. « Pourquoi devrait-on le croire sur parole quand il dit avoir informé les députés alors qu'il n'en est rien ? », s'interroge-t-elle. Face à ce qu'elle appelle des « réponses qui ne convainquent personne », l'opposition veut aller plus loin. De nombreuses rumeurs circulent sur le fait que le Sénégal aurait donné ses ressources en pétrole ou en gaz comme garantie pour obtenir cet argent. Pour les députés de Takku Wallu, il est temps que le gouvernement dise la vérité, car « il y va du sort de notre pays et du futur proche de nos populations ». Pour faire la lumière sur ce dossier, Aïssata Tall Sall a annoncé une décision forte : « Notre groupe parlementaire déposera dans les prochains jours une résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire ». L'objectif est simple : comprendre les détails du contrat et savoir si l'avenir des prochaines générations n'a pas été mis en danger par cette opération de l'ombre.

La minute Macky SG de l'ONU !

Outre le scandale du TRS, l'opposition a également évoqué la candidature du président Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU. À ce propos, l'ancien ministre des Affaires étrangères a d'abord voulu calmer les ardeurs des pourfendeurs de la candidature de M. Sall. « Contrairement à la rumeur qui voudrait que la candidature du président Macky Sall soit rejetée, il n'en est absolument rien. Son dossier a été reçu depuis le 02 novembre. Maintenant, il y aura les auditions à partir de ce 20 avril. Il sera entendu sur ses ambitions pour l'organisation internationale mais aussi sur les questions locales, notamment les événements entre 2021 et 2024 ». Regrettant l'indécision de la position du Sénégal, elle juge toutefois satisfaisant l'engouement global de l'Afrique. Il aurait été préférable que le Sénégal soutienne de façon officielle cette candidature. Mais ce n'est pas grave, le Burundi, qui exerce en ce moment la présidence de l'Union africaine, s'en est chargé.

Et récemment, 37 pays sur les 55 que compte le continent ont officialisé leur soutien, 5 sont encore indécis et moins d'une quinzaine ont émis des réserves. Pour clore ce chapitre, l'ancienne mairesse de Podor revient sur le cas du Nigéria. « Un pays comme le Nigéria, c'est le moment d'en parler, justifie son veto par l'argument de la rotation des mandats. Mais c'est un principe juste tacite, encore une fois. Kofi Annan avait succédé à l'Égyptien Boutros Boutros-Ghali, par exemple. En effet, il peut arriver que le profil d'un candidat prenne le dessus sur bien des considérations. Toutefois, les négociations se poursuivent avec Abuja, en vue de transformer ce non en un oui ».

Mamadou Diop

Section: 
MATAM : Farba Ngom, en seigneur au Fouta
LINGUÈRE - MEETING DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT Djiby Sara Ndiaye annonce sa candidature à la mairie
L’ACTE DE NAISSANCE DE « TAXAWU SENEGAAL » Khalifa Sall trace la voie d'un nouveau contrat social
CODE ÉLECTORAL – LE PARLEMENT CONFIRME LE TEXTE EN SECONDE LECTURE : La balle est dans le camp de Diomaye Faye
MEETING SARGAL DIOMAYE : Le Président mobilise et fait faux bond aux militants !
ELECTIONS LOCALES 2027 : Le FDR veut unifier l’opposition
FONDS POLITIQUES – ACCÈS À LINFORMATION : Le règne de l’opacité
ENTRE TENSIONS SOCIALES ET IMPÉRATIFS ÉCONOMIQUES : L’État ajuste ses priorités
CENTENAIRE DU PRESIDENT ABDOULAYE WADE : Une célébration en grande pompe les 4 et 5 juin
COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT : La stratégie de déploiement
LIMOGEAGE OUSSEYNOU LY Pastef dans tous ses états
El Malick Ndiaye
KHALIFA A. SALL (TAXAWU SÉNÉGAL) : “Notre temps d’observation de 24 mois est terminé”
GRANDE INTERVIEW – 2 ANS DE DIOMAYE : Les leçons d’une prise de parole
AMINATA TOURÉ, SUPERVISEURE DE LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT "Le moment venu, on saura répondre coup pour coup"
MODIFICATION ARTICLES L29 ET L30 - NON RÉTROACTIVITÉ DE LA LOI Entre confusion et amalgame
MAME MBAYE NIANG SUR LA MODIFICATION DE LA LOI ELECTORALE « Au nom de quoi se battre à la place de Diomaye ? »
DUEL AU SOMMET - RÉVISION CODE ÉLECTORAL : L’Assemblée tranche pour Sonko !
RÉFORMES INSTITUTIONNELLES AU SÉNÉGAL Entre l’ambition du consensus et le spectre du “forcing”
RÉFORMES CONSTITUTIONNELLES : Le FDR rejette les propositions et appelle à la mobilisatio