Le réquisitoire de l’APR

L'Alliance pour la République (APR) se félicite de la décision du Conseil constitutionnel ayant déclaré contraire à la Constitution la loi de révision constitutionnelle adoptée le 29 juin dernier. Réuni jeudi dernier, son Secrétariat exécutif national (Sen) estime que cette décision met en lumière les faiblesses de la démarche engagée par les nouvelles autorités.
Dans un communiqué reçu hier à EnQuête, le parti de l'ancien président Macky Sall juge "paradoxal" que le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, ait été conduit à saisir lui-même le Conseil constitutionnel pour trancher un différend né, selon lui, d'une initiative conduite sans concertation préalable. Pour l'APR, cette séquence institutionnelle traduit une forme d'improvisation dans la conduite de la réforme constitutionnelle.
Le Sen rappelle qu'une Constitution ne peut être modifiée au gré des circonstances politiques et plaide pour une méthode fondée sur le consensus, la transparence et le respect des institutions. Selon le parti, la réforme engagée ne réunissait pas les conditions de sérénité nécessaires à une révision de la Loi fondamentale.
Au-delà des questions institutionnelles, l'APR se dit préoccupée par la situation économique du pays. Le parti regrette que le Débat d'orientation budgétaire (DOB) n'ait, selon lui, apporté ni vision claire ni stratégie crédible de relance économique.
Le Sen évoque une croissance ralentie, une baisse de l'investissement privé, un recul de la confiance économique ainsi qu'une dégradation du climat des affaires. Il apporte également son soutien au patronat sénégalais dans ses revendications relatives au paiement de la dette intérieure due aux entreprises.
L'APR appelle ainsi le Gouvernement à publier un calendrier d'apurement de cette dette et à mettre en œuvre un plan de relance axé sur l'investissement, la production, les exportations et l'emploi.
Le communiqué s'en prend également au fonctionnement de l'Assemblée nationale. L'APR dénonce ce qu'elle qualifie de "recyclage massif" d'anciens ministres au sein de l'administration parlementaire.
Selon le parti, ces recrutements alourdissent les charges de fonctionnement de l'institution dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. L'APR estime que l'Assemblée nationale ne doit pas devenir, selon ses termes, "un instrument de redistribution de privilèges politiques".
Sur le plan interne, le Secrétariat exécutif national se réjouit de l'avancement du processus de restructuration de l'APR. Il encourage l'installation des structures de base et des Secrétariats exécutifs communaux (SEC) sur l'ensemble du territoire afin de renforcer l'implantation du parti en perspective des prochaines échéances électorales.
Enfin, le parti réaffirme son engagement à dénoncer ce qu'il considère comme des poursuites judiciaires à caractère politique depuis l'arrivée au pouvoir du Pastef.
L'APR réclame notamment la libération de plusieurs personnalités de l'ancien régime, parmi lesquelles Maodo Malick Mbaye, Alioune Badara Ly, Mamadou Gueye, Ismaïla Madior Fall, Lat Diop, Pape Malick Ndour, Daha Diallo, Gainde Macky et Jérôme Bandiaky. Le parti appelle ses militants à maintenir la mobilisation en faveur de leur "liberté totale".






