Publié le 3 May 2013 - 05:25
ACCORDS DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE

80% de taux d’ouverture, le refrain de l'UE

L’Union européenne (UE) n’a pas varié sur sa demande de 80% de taux d’ouverture sur les marchés de l’Afrique de l’Ouest. C’est ce qui ressort de l’atelier pour les préparatifs des négociations sur les Accords de partenariat économique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest et l'UE.

 

Des divergences persistantes bloquent toujours les négociations des Accords de partenariat économique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne (UE). C’est ce qu’a fait savoir Abdoulaye Fall, conseiller technique au ministère du Commerce, mardi à Dakar lors d'un atelier préparatif aux négociations sur les APE. Les divergences en question portent notamment sur le taux d’ouverture du marché ouest-africain aux produits européens.

 

''L’Afrique de l’Ouest a proposé l’ouverture à 70% de son marché en valeur et en volume sur une période de 25 ans aux exportations européennes. L’UE demande une ouverture à 80% sur une période de 15 ans'', informe M. Fall. Ainsi, pour lever ce point d'achoppement, les commissions de la Cedeao et de l’Uemoa ont soumis une nouvelle proposition d’offre d’accès au marché communautaire découlant d’une analyse ligne par ligne des produits. ''Cette démarche a abouti à un niveau de libéralisation de 74,15% du nombre total des lignes tarifaires et de 74,19% du volume du commerce'', souligne-t-il.

 

A cet égard, le comité de suivi a recommandé qu’un délai soit accordé aux États concernés pour procéder à une analyse sur chaque rubrique de la nouvelle proposition. Ce, afin d’apprécier le choix fait sur chaque produit, le niveau d’ouverture qui en résulte et les impacts sur leurs économies nationales.

Pour sa part, Ibrahima Diagne, président de la commission négociation du Conseil national du patronat (CNP), a soulevé un certain nombre d’inquiétudes. Il se demande si on a le droit de demander à la Côte d’Ivoire et au Ghana, signataires d’accords intérimaires, de renoncer aux avantages d’accès préférentiels au marché européen.

 

De même, ajoute-t-il, ''a-t-on le droit de demander aux 12 PMA (pays les moins avancés) de notre région, dont le Sénégal, d’accepter une offre d’accès au marché passant de 70% à 75%, telle que proposée par les commissions de la Cedeao ?'' C'est une manière pour lui de relever la nécessité d’aller vers un intérêt global favorisant l’intégration sous régionale. ''De réelles menaces pèsent sur notre processus d’intégration économique en cas de non signature de l’APE régional'', prévient-il.

 

PIERRE BIRAME DIOH

 

 

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