Publié le 3 Jan 2018 - 14:16
AFFAIRE KHALIFA SALL

Aliou Sall indigné face aux ‘’vociférations’’ d’Anne Hidalgo

 

Le président de l’Association des maires du Sénégal apporte la réplique à la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s’est récemment prononcée sur l’affaire Khalifa Sall, pendante devant la justice.

 

Aliou Sall ne digère pas ‘’l’intrusion’’ de Paris dans les affaires sénégalo-sénégalaises. En sa qualité de président de l’Association des maires du Sénégal, il a livré, hier, la teneur de la lettre qu’il a écrite à l’attention de son homologue Anne Hidalgo, Maire de la capitale française. L’invitant à savoir raison garder, le président de l’Ams est ferme. Comme pour lui signifier que le Sénégal n’a pas de leçon à apprendre de la France, il rappelle : ‘’Aucune personnalité politique, ici au Sénégal, ne s’est jamais prononcée sur des décisions émanant de la justice française, quand bien même il s’est agi du dossier d’emplois fictifs à la mairie de Paris qui a conduit à la condamnation de hautes personnalités.’’

Pour Aliou Sall, la maire de Paris a dépassé les bornes, en s’ingérant dans le fonctionnement de la justice. Il peste : ‘’Cette intrusion s’avère bien plus sérieuse qu’un simple dérapage verbal, en décalage avec la hauteur et la densité auxquels l’écosystème politique est tenu. Un maire ne peut se soustraire aux précautions oratoires et s’autoproclamer ‘’procureur’’. Cette attitude de la maire française, estime-t-il, va à l’encontre des principes sacro-saints qui gouvernent les relations entre les Etats.

Irrité par la position de Hidalgo, il fulmine dans sa lettre-réponse : ‘’Je me fais l’écho du sentiment des maires du Sénégal qui constatent que cette prise de position inédite a installé un malaise réel dans l’esprit des élus.’’ Le président de l’Ams d’enjoindre au maire de Paris de respecter le principe de la ‘’séparation des pouvoirs’’ et la ‘’souveraineté des Etats’’.

A l’en croire, nul ne doit être au-dessus de la loi. La qualité de maire n’est pas synonyme d’immunité. De manière à peine voilée, il justifie les poursuites contre le maire sénégalais en ces termes : ‘’L’onction électorale et la légitimité du suffrage universel ne donnent à aucun élu un blanc-seing qui lui garantit une immunité judiciaire ou le soustrait, de facto, à l’obligation de la reddition des comptes et de l’imputabilité. Le Sénégal est un pays ouvert et démocratique, dont l’armature est constituée de solides institutions tenues par des femmes et des hommes de compétence et de conviction, dont la bonne gouvernance constitue l’épine dorsale’’. Poursuivant, il ajoute : ‘’Le Sénégal, c’est aussi une justice indépendante, non sélective, qui reste imperturbable face aux vociférations outre-Atlantique, aux agitations politiques et pressions multiformes dont les motivations sont de tous connues.’’

Pour ces raisons, le maire de Guédiawaye juge la sortie de l’édile de Paris comme une ‘’maladroite ingérence’’. Aliou Sall de rappeler son ‘’attachement à un respect mutuel, à la sincérité et à l’esprit de responsabilité qui doivent être convoqués, même au milieu des tourbillons qui, par nature, sont passagers, pour ne pas entraver le travail des institutions judiciaires auxquelles nous devons faire confiance’’.

Pour terminer, Aliou Sall précise à l’endroit d’Anne Hidalgo que ‘’le socle de l’émergence du Sénégal’’ est ‘’une justice républicaine et impartiale au service d’une gouvernance moderne de rupture’’. ‘’Vous devez nous y accompagner, à l’instar de la coopération exemplaire que nous entretenons avec la France et avec les maires de France’’, écrit-il. Le frère du président tient, par ailleurs, à lever toute équivoque. Le devoir de solidarité vis-à-vis des collègues qui ‘’trébuchent’’, selon lui, a des limites objectives que la raison nous empêche de franchir et que le serment sacré nous interdit de violer.

Ampliations ont été faites aux noms du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, de son homologue de la Gouvernance territoriale, du Développement et de l'Aménagement du territoire, de l’ambassadeur de France à Dakar et du président de l’Association des maires de France.   

MOR AMAR

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