Publié le 15 Oct 2017 - 13:38
AFFAIRE KHALIFA SALL

Ses partisans menacent de descendre dans la rue 

 

Le temps des discours est révolu. Les partisans du maire Dakar, en prison depuis mars dernier, comptent désormais descendre dans la rue, si toutefois leur député n’est pas libéré, d’ici fin octobre. C’est ce qu’a fait savoir hier le maire de la Médina, Bamba Fall, lors du lancement des ‘’Vendredis rouges’’, à l’Hôtel de ville de sa commune.

 

‘’Khalifa ne restera pas encore plus d’un mois en prison’’, a déclaré, hier, le maire de la Médina, Bamba Fall. Il s’exprimait en marge du lancement des ‘’Vendredis rouges’’, dans sa mairie, devant un public en majorité composé de femmes. Toutes ces militantes portaient du rouge.

En effet, une dame assise à l’entrée de la cour se chargeait de distribuer un morceau de tissu rouge à chaque arrivant. D’autres, en plus de ce bout d’étoffe, portaient soit un grand boubou, un T-shirt, un foulard et même tenaient un éventail de la même couleur, pour demander tout bonnement la libération de leur député-maire Khalifa Sall. Ce dernier est en prison, depuis mars dernier, à cause de l’affaire de la gestion de la caisse d’avance de l’institution qu’il dirige.

‘’Je peux vous certifier que nous allons nous réunir ici, deux vendredis seulement, pour boucler le mois d’octobre. Mais, après cette date, il n’y aura plus de vendredi rouge. Il n’y aura plus de discours. Si l’Etat ne sait qu’user de lacrymogènes, ils n’ont qu’à se préparer’’, a lancé le maire de la Médina devant une foule agitée criant : ‘’Allez Bamba ! Nous sommes derrière toi.’’  

Ce jour fera désormais partie, selon Bamba Fall, des ‘’derniers jours de discours’’ pour la libération de Khalifa Sall. Car, poursuit-il, ‘’nous ne pouvons plus rester dans nos bureaux sans rien faire. Nous allons descendre dans la rue, parce qu’il est temps. Nous avons été dans tous les combats. Mamadou Diop a été tué sous nos yeux, en 2012. Les secrets de lutte et ceux des voitures, nous les connaissons. Nous avions été très républicains. C’est parce que nous aimons notre patrie que nous avons été très disciplinés. Nous ne sommes pas frileux, pas du tout. Maintenant, ce temps est fini’’. Le combat ne fait que commencer, selon le maire de la Médina qui tient à préciser que les moyens et techniques de lutte ont changé. Leur bataille n’est plus celle d’un maire, ni pour libérer Khalifa Sall. ‘’C’est pour dire non à la violation de notre Constitution. Parce qu’ils veulent maintenir en prison un député du peuple. Or, ce n’est pas ce que dit la loi. Nous ne regrettons guère d’avoir choisi Khalifa Sall comme tête de liste nationale. Nous ne sommes pas dans le regret. Que cela soit clair’’, a-t-il martelé au milieu des ovations et des vuvuzelas qui l’obligeaient, de temps en autre, à interrompre son discours.

Payer la ‘’rançon’’

Aussi, le maire de la Médina et ses camarades affirment-ils que le montant demandé par la justice pour la libération de leur député ‘’n’est pas une caution, mais une rançon’’. ‘’Parce qu’il n’est pas sous mandat de dépôt, mais en otage. Khalifa a été séquestré, car la place d’un député se trouve à l’Assemblée nationale et non en prison’’. L’ancien député socialiste Aminata Diallo d’ajouter qu’il faut d’abord qu’ils donnent ‘’la rançon’’. Ensuite, s’ils ne le libèrent pas, ils pourront intensifier le combat. Aujourd’hui, renchérit le maire de Dalifort, Idrissa Diallo, les avocats font un ‘’excellent travail’’, de même que la société civile. ‘’Cependant, vu que c’est un combat politique, nous allons le mener en tant que politiciens. Et la rue, c’est aussi une forme de lutte des politiciens’’, dit-il. Il faut rappeler que cette caution s’élève à 1,800 milliard de francs CFA.

L’argent déjà collecté

Malgré le refus du maire de Dakar de payer une caution pour sa libération, ses partisans et certains membres de la société civile continuent toujours de collecter des fonds. ‘’Ce n’est pas Khalifa Sall qui nous a demandé de le faire, encore moins Bamba Fall. C’est une initiative que nous avons prise en tant que citoyens pour assister une personne face à une injustice’’, indique Miniane Diouf, membre du collectif pour la collecte de la caution. Selon ce membre de la société civile, il y a un montant important qui a été encaissé. ‘’Je ne peux pas dévoiler la somme. Nous tenons également à souligner que, si toutefois notre député-maire est libéré sans cette caution, l’argent sera remis aux collectivités locales pour soutenir les nécessiteux ou à des œuvres humanitaires’’, ajoute-t-il.

Par la suite, le conseiller politique de Khalifa Sall, Moussa Taye, qui venait juste de rendre visite à son maire, a transmis ce message aux militants : ‘’Khalifa m’a demandé de vous rassurer. Il a toujours la foi. Donc, il ne craint rien et n’a besoin d’aucune pitié. Il maintient sa position. Il ne négocie pas, il ne compte soudoyer personne. Il ne plaide, ni ne quémande rien.’’

Pour intensifier leur combat pour la libération de l’édile de la capitale sénégalaise, les partisans de Khalifa Sall se sont donné rendez-vous mercredi prochain à la mairie de Grand-Yoff.  

MARIAMA DIEME

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