Thierno Alassane Sall met en cause la gestion du secteur et écarte la thèse du sabotage

L’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, critique la gestion de la crise actuelle de l’électricité au Sénégal. Dans une déclaration, il estime que la situation relève davantage de « l’incompétence » que du sabotage et s’appuie sur l’évolution des échanges d’électricité avec les pays voisins pour illustrer son analyse.
Selon lui, le Sénégal, qui exportait en 2023 jusqu’à 120 MW vers la Guinée, 60 MW vers la Gambie et 40 MW vers la Mauritanie, est désormais contraint d’importer de l’électricité. Il affirme que la Guinée fournit actuellement jusqu’à 200 MW au Sénégal, un apport qui ne suffirait pas à empêcher les délestages tournants opérés par la Senelec.
Thierno Alassane Sall compare cette situation à la crise de 2011, qu’il qualifie d’« annus horribilis » pour le secteur. Il soutient que le déficit enregistré aujourd’hui serait supérieur à celui observé à l’époque, avançant le chiffre de 200 MW.
L’ancien ministre évoque également une répartition différenciée des délestages selon les zones. Il estime que Dakar et sa banlieue bénéficieraient d’un traitement particulier en raison de leur potentiel de mobilisation, tandis que d’autres localités, notamment Thiès, seraient davantage affectées. Il cite, à titre d’illustration, le contraste entre le Palais de la République et Ndiaganiao.
Autre point soulevé : la situation de la centrale de West African Energy. Thierno Alassane Sall affirme que l’installation, qui devait fonctionner au gaz, est actuellement alimentée au Diesel Oil (DO). Il estime le coût de cet approvisionnement à un milliard de francs CFA par jour, avec une cinquantaine de camions-citernes mobilisés quotidiennement.
Pour l’ancien ministre, cette situation marque un retournement par rapport à la position du Sénégal en 2023, lorsqu’il était exportateur d’électricité vers plusieurs pays voisins. Il ironise ainsi sur le retour à une dépendance vis-à-vis de la Guinée, au moment où le gouvernement met en avant l’objectif de souveraineté énergétique.
Thierno Alassane Sall annonce enfin qu’il reviendra sur les décisions politiques qui, selon lui, ont conduit à cette situation, notamment leurs conséquences sur les ménages confrontés à la canicule et sur les entreprises déjà fragilisées.






