Publié le 3 Dec 2016 - 14:01
APRES LE DIALOGUE AVEC LE POUVOIR

L’opposition maintient son plan d’action 

 

Malgré les accords qu’elle a eus avec le président de la République, à l’issue de leur rencontre d’avant-hier, l’opposition a décidé de poursuivre son plan d’action. Selon les leaders de Mankoo wattu Senegaal qui ont fait face à la presse hier, leur plate-forme revendicative porte sur trois points qui ne sont pas du tout encore satisfaits, même s’il y a des avancées dans le processus électoral.

 

Le dialogue n’y a rien pu faire. Le Front pour la défense du Sénégal/Mankoo wattu Senegaal (FDS/MWS) a pris la décision hier de maintenir intact son plan d’action initialement défini. Cela, malgré les accords trouvés avec le président de la République sur le processus électoral, lors de leur rencontre d’avant-hier. ‘’Le plan d’action de notre coalition reste inchangé. Les accords trouvés avec le président de la République ne nous feront pas abandonner ce plan d’action. Car, celui-ci porte sur, outre le processus électoral, la défense des libertés et la bonne gestion des ressources naturelles du pays. Et jusqu’à présent, ces revendications restent insatisfaites’’, a d’emblée déclaré le vice-président de Rewmi, Déthié Fall. Autrement dit, la marche du FDS/MWS prévue le 21 décembre prochain est toujours maintenue.

Revenant sur les détails de la rencontre qu’ils ont eue avec le président de la République jeudi dernier au palais présidentiel, les leaders de l’opposition ont confié que sur les 10 points inscrits à l’ordre du jour, ils ont pu trouver avec le chef de l’Etat 7 accords. Une question est mise en instance et deux autres n’ont pas fait l’objet d’accord.

Daouda Diallo et le mode du scrutin, les points d’achoppement

Les désaccords concernent le mode du scrutin et le cas du ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo. L’opposition, qui revendique le départ de ce dernier de la tête du ministère en charge de l’organisation des élections - un mode de scrutin à deux tours pour toutes les élections et une répartition égale du nombre de députés entre les scrutins majoritaire et proportionnel -, s’est heurtée au niet catégorique du président de la République. Macky Sall, à ses hôtes du jour, a dit qu’il fait entièrement confiance à Abdoulaye Daouda Diallo. Toutefois, après un vif débat, il a accepté la mise sur pied d’un comité de veille pour la supervision du processus électoral.

Hormis ces deux désaccords, opposition et pouvoir ont accordé leurs violons sur sept points inscrits à la plate-forme revendicative de Mankoo wattu Senegaal. Il s’agit, entre autres, de la suppression de la confirmation et le maintien de la radiation, seulement après la refonte, pour les citoyens qui n’auront pas la nouvelle carte nationale d’identité, l’augmentation du nombre de commissions administratives qui passera à 700, d’ici à la fin du mois de décembre (1 commission au moins par commune et un volant de 150 à repartir suivant le poids démographique des communes). Les leaders de l’opposition et le président Macky Sall ont également convenu de dispenser désormais les citoyens de la photocopie payante de leur pièce d’identité ou autre document nécessaire à leur inscription sur les listes électorales, comme prévu initialement.

Après avoir fixé avec ses hôtes du jour la date des élections législatives au 2 juillet 2017, le président de la République a accepté de rendre obligatoire l’invitation des partis politiques ou coalitions de partis politiques légalement constitués aux commissions administratives. En outre, il a décidé de prendre en charge totalement les frais de fonctionnement et de déplacement des commissions administratives et de faciliter l’accès des partis d’opposition aux médias publics.

Autres accords trouvés entre les deux parties, c’est la clôture de la refonte partielle du fichier électoral à partir du 3 avril 2017 et la possibilité pour les Sénégalais de la diaspora de s’inscrire sur les listes électorales sur présentation du passeport ordinaire ou de l’extrait de naissance. Macky Sall et les leaders de l’opposition ont dans la même veine convenu de ne pas augmenter le nombre de députés. Mais de donner aux Sénégalais de l’extérieur un quota de 10 députés sur la proportionnelle. Question que l’opposition a décidé d’étudier davantage, même si elle est d’accord sur le principe. En dernier lieu, les deux parties ont trouvé un consensus sur l’adoption du bulletin unique. Réticent sur la question, le président de la République s’est dit d’accord sur le principe, s’il y a moins de candidats. Mais il a invité les leaders de l’opposition à poursuivre la réflexion sur ce point.

ASSANE MBAYE

 

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