Publié le 28 Dec 2016 - 17:57
BROUILLES DIPLOMATIQUES ENTRE SENEGAL ET ISRAEL

L’Etat hébreu toujours amer

 

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Etat hébreu, Emmanuel Nahshon, a rappelé, hier, que le Sénégal a ‘’choisi’’ de ‘’promouvoir’’, de ‘’prendre’’ et de ‘’soutenir’’ une décision ‘’anti-israélienne’’. Ceci fait suite à la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu sur la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens. Elle a été portée par le Sénégal, la Nouvelle Zélande, la Malaisie et le Venezuela, vendredi dernier.

 

Coup dur, patate chaude…, la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’Onu, qui condamne la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, continue de susciter la colère d’Israël. Cette résolution a été portée, vendredi dernier, par le Sénégal, la Nouvelle Zélande, la Malaisie et le Venezuela. Après, dit-on, la volte-face de l’Egypte sur une pression du Président Donald Trump. En écho à cette surprise ou mise au point, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Etat hébreu, sur un ton sec, s’est laissé emporter par le centre de sa géographie affective. Hier, sur les ondes de la Rfm, Emmanuel Nahshon s’est livré à un exercice intellectuel peu diplomatique : il s’est aventuré à tailler le Sénégal.

‘’Le Sénégal, contrairement aux grandes puissances, a choisi de sponsoriser cette pétition avec quatre autres pays comme la Nouvelle-Zélande, le Venezuela et la Malaisie. Tous, ils ont opté de présenter cette résolution. Donc, ils ont joué un rôle qui est très actif dans ce domaine qui va au-delà des rôles joués par les autres pays’, charge le diplomate israélien. Malgré tout, il signale avoir reconnu la souveraineté de ces nations. ‘’Il ne s’agit en aucun cas de dicter au Sénégal la conduite qu’il doit suivre. C’est un pays souverain que nous admirons. C’est la raison pour laquelle nous sommes très déçus qu’il ait choisi de promouvoir cette motion anti-israélienne’’, tempère-t-il.

De son côté, le gouvernement du Sénégal a motivé sa décision. Invité à la RTS, le porte-parole de ce dernier, Seydou Guèye, a donné des explications sur le choix de ce vote. Il dit : ‘’Le Sénégal a une position très claire dans ses rapports avec Israël, et ses relations avec la Palestine. Depuis 1975, c’est le Sénégal qui préside le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. (…) Ce n’est pas  parce qu’il soutient le peuple palestinien qu’il est contre l’Etat d’Israël.’’

En 1980, rappelle le Collectif de solidarité Sénégal-Palestine dans son communiqué rendu public hier, la résolution 465 dénonçait ‘’l’extension’’ des colonies, jugées ‘’illégales’’. Il s’y ajoute le rapport du Quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Onu), publié le 1er juillet 2016. Ce document dresse un état des lieux plus ‘’qu’alarmant’’ de la réalité sur le terrain. ‘’Donc, ce n’est que justice si la résolution n°2334 demande la ‘’cessation immédiate’’ de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou, fidèle à son habitude de mépris de la loi internationale, a annoncé qu’Israël ne se conformera pas aux dispositions de ladite résolution. Et le Président Obama, qui a pourtant récemment signé un nouvel accord de défense sur dix ans au profit d’Israël pour un montant de 38 milliards de dollars, a peut-être, compris le sens de l’histoire en décidant de ne pas faire prévaloir le droit de veto de son pays…’’, applaudit Madièye Mbodj, coordonnateur de ladite structure. Actuellement, constate-il, plus de 600 000 colons occupent la Cisjordanie et Jérusalem-Est, ‘’conformément’’ à la ‘’vision colonialiste’’ de la droite israélienne d’un ‘’grand Israël’’ pour absorber les territoires. En croisade à cette politique qu’il dénonce avec ‘’vigueur’’, M. Mbodj peaufine des stratégies pour contraindre Israël à respecter cette décision onusienne. D’ailleurs, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’occupation israélienne prévue en juin 2017, il appelle à une mobilisation générale pour soutenir la cause palestinienne.  

La rupture de 1973

Les relations entre Israël et le Sénégal, nouées dès l’indépendance de l’ancienne colonie française en 1960, avaient été rompues en 1973, dans la foulée de la troisième guerre israélo-arabe d’octobre cette même année et du soutien de l’Etat israélien au régime d’Apartheid d’Afrique du Sud. Les Israéliens avaient réussi à maintenir des relations par le biais d’une assistance technique dans le domaine de l’irrigation via un partenariat tripartite avec l’Italie.

La coopération est un élément ‘’essentiel’’ des ‘’bonnes’’ relations entre les deux pays (Sénégal/Israël), théorise Emmanuel Nahshon. Aussi, trouve-t-il ‘’inacceptable’’ qu’elle continue, comme si de rien n’était. ‘’Parce qu’on ne peut pas faire deux poids, deux mesures. Si le Sénégal a choisi de prendre une décision, de la soutenir contre Israël, à ce moment là, c’est quelque chose que nous aussi devons prendre en compte, lorsque nous pensons à des relations bilatérales’’, détaille-t-il. Pour le moment, souffle-t-on, Israël annonce avoir coupé tous les projets en commun avec le Sénégal, concernant l’agriculture, la lutte contre la pauvreté, en coopération avec le gouvernement italien. ‘’C’est un projet dans lequel Israël a investi financièrement. Nous avons décidé de l’arrêter pour l’instant parce qu’il est le symbole de très bonnes relations entre nos deux pays. Malheureusement, le Sénégal a choisi de rompre cet équilibre en soutenant la résolution anti-israélienne’’, s’alarme l’Israélien.

De telles  menaces laissent de marbre le Collectif de solidarité Sénégal-Palestine. D’ailleurs, les camarades de Madièye Mbodj applaudissent des deux mains  l’annulation annoncée des visites du Premier ministre Netanyahou au Sénégal et du ministre des Affaires étrangères du Sénégal en Israël.

PAPE NOUHA SOUANE

 

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