Alpha Thiam face au défi de la relance

Nommé ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme dans le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo, Alpha Thiam hérite d’un département stratégique confronté à de nombreuses attentes. Ancien dirigeant d’entreprise et ex-directeur général de l’ADEPME, il devra désormais transformer son expérience de manager en résultats concrets pour trois secteurs considérés comme des leviers essentiels de croissance et de rayonnement du Sénégal.
Après plusieurs années passées dans le secteur privé et les structures publiques de développement économique, Alpha Thiam fait son entrée au gouvernement. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lui a confié le portefeuille de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, un ministère au carrefour des enjeux économiques, identitaires et sociaux du Sénégal. Cette nomination intervient dans un contexte où les pouvoirs publics affichent l’ambition de faire de la culture et du tourisme des moteurs de croissance, tout en donnant un nouvel élan à l’artisanat national. Pour le nouveau ministre, la tâche s’annonce particulièrement délicate tant les attentes des professionnels du secteur sont nombreuses.
Juriste de formation, Alpha Thiam s’est construit une carrière à la croisée du management, de la gouvernance et du développement des entreprises. Son parcours est notamment marqué par son passage au sein du groupe Sonatel, où il a occupé diverses fonctions liées à la gestion et à l’organisation des activités de l’entreprise. Cette expérience lui a permis de se familiariser avec les exigences de performance et de transformation dans un environnement fortement concurrentiel. Son profil de gestionnaire s’est davantage affirmé avec sa nomination à la tête de l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) en septembre 2025. À ce poste, il a travaillé au contact direct des entrepreneurs et porteurs de projets, confrontés aux problématiques de financement, de compétitivité et de croissance. Une expérience qui pourrait lui être utile dans des secteurs où les petites entreprises et les initiatives individuelles occupent une place importante. Au-delà de son parcours professionnel, Alpha Thiam n’est pas étranger à la sphère politique. Son nom s’était fait connaître du grand public lors de la présidentielle de 2024, lorsqu’il avait affiché ses ambitions en se présentant sous la bannière des Forces Nouvelles Dimbali sa Rew (FNDR). Cette expérience lui avait permis de porter un projet politique et de défendre sa vision du développement national.
Le premier chantier du nouveau ministre sera sans doute la culture. Malgré son dynamisme et son rayonnement à l’international, le secteur continue de faire face à des difficultés récurrentes liées au financement, à la structuration des filières et à la protection des droits des créateurs. Les professionnels de la culture attendent notamment une meilleure prise en compte des industries créatives dans les politiques publiques. Musiciens, cinéastes, écrivains, plasticiens et entrepreneurs culturels plaident depuis plusieurs années pour des mécanismes plus efficaces d’accompagnement et de financement. Pour Alpha Thiam, l’enjeu sera de faire de la culture un véritable secteur productif, créateur de richesses et d’emplois. Autre dossier sensible : l’artisanat. Secteur fortement pourvoyeur d’emplois, il constitue également un important vecteur de préservation des savoir-faire traditionnels sénégalais. Cependant, les artisans restent confrontés à des difficultés liées à l’accès aux marchés, à la modernisation des outils de production et à la valorisation commerciale de leurs créations. Le nouveau ministre devra trouver l’équilibre entre modernisation du secteur et préservation de son authenticité.
Le pari du tourisme
Le tourisme représente sans doute le principal défi économique du département. Le Sénégal dispose d’atouts reconnus : patrimoine historique, diversité culturelle, sites naturels, littoral et hospitalité. Toutefois, la concurrence des destinations africaines et internationales impose une adaptation permanente. Les questions liées à la promotion de la destination Sénégal, à la qualité des infrastructures et à la diversification de l’offre touristique figurent parmi les dossiers prioritaires qui attendent le nouveau ministre.
La nomination d’Alpha Thiam est perçue par plusieurs observateurs comme le choix d’un profil davantage tourné vers la gestion et la performance. Son expérience dans le privé comme dans l’administration nourrit l’espoir d’une gouvernance axée sur l’efficacité et la mise en œuvre de projets structurants. Reste désormais à savoir comment il traduira cette culture du résultat dans des secteurs où les attentes sont considérables. Entre relance des industries culturelles, modernisation de l’artisanat et renforcement de l’attractivité touristique, le nouveau ministre devra rapidement imprimer sa marque. Son succès sera mesuré à l’aune de sa capacité à transformer les ambitions affichées en réalisations concrètes pour les milliers d’acteurs qui font vivre quotidiennement la culture, l’artisanat et le tourisme sénégalais.
Fatou Ba (Stagiaire)






