Publié le 14 Feb 2020 - 22:21
CORONAVIRUS

Le bilan explose en Chine, Pékin fait tomber des têtes

 

Le nombre des contaminations confirmées a grimpé en flèche dans le Hubei, suite à un changement du mode de calcul. 15 000 nouveaux cas ont été annoncés, ce jeudi, et au total, le Covid-19 a tué 1367 personnes. Près de 60 000 personnes sont infectées. Les principaux responsables de la province, berceau de l'épidémie, ont été démis de leurs fonctions.

 

En 24 heures, le nombre de cas répertoriés quotidiennement a été multiplié par dix et le nombre de décès par deux. Cette envolée des chiffres a fait vibrer les téléphones portables, ce jeudi matin, en Chine, et contribue à affoler un peu plus une opinion chinoise qui avait déjà des doutes sur les statistiques officielles. En réalité, selon l’Agence Chine Nouvelle, cette augmentation est d’abord liée à un changement de mode de calcul. À compter de ce jeudi, ce ne sont plus seulement les personnes testées positives au Covid-19 qui sont considérées comme contaminées, mais toutes celles dont les symptômes auront été jugés suffisants par le corps médical pour diagnostiquer une pneumonie virale.

Pourquoi ce changement ? Parce que de très nombreux malades semblent être passés entre les mailles d’un filet de recensement beaucoup trop large. Depuis des semaines, il y a des familles à Wuhan qui affirment avoir un grand-père, une mère, un fils, un membre du foyer qui a de la fièvre, qui tousse, parfois qui meurt à la maison, parce qu’il n’a pas été retenu comme quelqu’un de suspect dans les hôpitaux débordés. Il y a aussi tous ces témoignages de blouses blanches qui disent que les tests fournis ne sont pas assez nombreux ou déficients, et que beaucoup de malades, encore une fois, passent à côté d’un traitement approprié.

Ce changement de mode de calcul est important, car il était demandé par les experts à l’étranger et parce qu’il rend le diagnostic important, rend aux médecins, en première ligne, le pouvoir de dire qui est malade ou non et donc de comptabiliser les victimes.

Le chef du parti communiste du Hubei limogé

Ces chiffres de contamination en hausse ont été suivis par des sanctions. Le chef du Parti communiste de la province de Hubei, Jiang Chaoliang, a été limogé, ce jeudi. C’est un protégé du président chinois qui reprend les commandes. Ying Yong était maire de Shanghai, c’est un vétéran de la sécurité publique, un ancien juge, qui reprend le contrôle de cette province sacrifiée, où la colère n’est pas retombée, depuis la mort d’un des docteurs qui avait lancé l’alerte, la semaine dernière, à cause du coronavirus.

L'Agence Chine Nouvelle a également rapporté que Ma Guoqiang, à la tête de l'antenne du PCC à Wuhan, a été révoqué et remplacé par Wang Zhonglin, directeur local du PCC à Jinan dans l'est du pays. Ce limogeage s’accompagne, d’ailleurs, d’autres sanctions envers des instances plus basses dans le parti. Cinq fonctionnaires du Hubei ont été limogés, mercredi soir, en raison du non-respect de leur fonction, pendant l’épidémie. C’est ce que nous disent les médias chinois, ce matin. Le directeur du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao a lui aussi été démis de ses fonctions. Il s'agit de l'un des plus hauts responsables à être limogés, depuis le début de la vague de protestation en juin dans l'ex-colonie britannique.

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ETUDIANT SENEGALAIS VIVANTS A WUHAN

Me Abdoulaye Wade demande leur rapatriement immédiat

L’ancien président de la République Abdoulaye Wade ne veut pas laisser les étudiants sénégalais dans l’angoisse à Wuhan. Il demande de prendre toutes les précautions pour leur rapatriement immédiat.

La situation des 13 étudiants sénégalais vivants à Wuhan dans la province de Hubei où sévit le virus Covid 2019 ne finit pas de faire couler de l’encre. Après les parents des étudiants, c’est au tour de l’ancien président du Sénégal Me Abdoulaye Wade de demander le rapatriement immédiat de ces étudiants qui vivent à l’épicentre de l'épidémie. Dans un communiqué parvenu à EnQuete, il soutient cependant qu’il faut évidemment le faire, avec précaution. Surtout, ne pas exposer les Sénégalais au risque du coronavirus. Parce qu’eux aussi, souligne l’ancien Président, ont le droit à la santé. Ce rapatriement, dit Me Wade, doit être entrepris immédiatement, car, si une maison brûle, on ne dit pas : ‘’Je vais réfléchir’’.

Toutefois, souligne-le secrétaire général du Pds, on doit prendre des précautions pour que des malades n’importent pas dans notre pays les microbes d’une épidémie dangereuse qui expose la population entière. Les précautions à prendre, poursuit-il, sont très simples. Il suggère à ce que le pays envoie une équipe médicale constituée de médecins sénégalais qui, avec leurs collègues chinois, sélectionnent ceux qui ne sont pas atteints pour un rapatriement immédiat. Les autres, ajoute-il, s’ils sont contaminés, vont être traités sur place dans les hôpitaux chinois jusqu’à leur guérison totale.

En outre, il conseille que les autres étudiants soient placés en quarantaine dans un pays très chaud, car, selon les spécialistes, le risque de propagation au Sénégal est faible, du fait que nous sommes un pays chaud. ‘’Nous ne devons pas laisser plus longtemps nos étudiants, leurs parents et amis dans l’angoisse’’, écrit l’ancien Président.

Il demande la mutualisation des efforts des pays africains

Ainsi, il lance un appel à tous les pays africains sans exception, mais particulièrement ceux d’Afrique de l’Ouest. ‘’Dans le cas où il y aurait des ressortissants d’autres pays africains bloqués à Wuhan, nos pays pourraient mutualiser leurs efforts et organiser un rapatriement collectif dans le respect des mesures traditionnelles de précaution, notamment la quarantaine en pays chaud, avant la rentrée à leur domicile’’, demande Me Wade.

Cette requête de l’ancien président Me Abdoulaye, vient juste après la déclaration du chef de l’Etat qui a soutenu que le Sénégal n’a pas les moyens de rapatrier ses compatriotes. Il a notamment évoqué ‘’une logistique tout à fait hors de portée du Sénégal’’. Logistique pour laquelle, disait-il, même les grands pays ont eu beaucoup de difficultés, sans préciser le coût d’une telle opération. "Il faut des avions spéciaux qui puissent aller sur place. Il faut du personnel. Ce ne sont pas des compagnies aériennes, mais des appareils militaires. Lorsque ces personnes reviennent, il faut pouvoir les mettre en quarantaine dans un lieu équipé en conséquence, ce qui n'est pas encore le cas, pour le moment, de notre pays et des pays africains", indiquait-il.  

VIVIANE DIATTA

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