Publié le 16 Nov 2014 - 19:48
DE RETOUR A DAKAR HIER SOIR

Me Wade s’emmure dans le silence…

 

L’ex-Président de la République est de retour à Dakar après une escapade de quelques jours à Versailles. Accueilli par une foule modeste de militants et par des membres du comité directeur du PDS, il n’a fait aucune déclaration, laissant ce jeu à ses lieutenants.

 

Deuxième accueil triomphal de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade. La mobilisation d'hier n'était pas celle d'avril dernier. Pas une foule immense, pas de sifflets, ni de pancartes, ni même tous ces signes extérieurs d'appartenance au Parti démocratique sénégalais (PDS). Seule une banderole plaidant la relaxe de Karim Wade est bien visible sur les grilles. Mais «Gorgui» garde encore et toujours cette faculté unique à déclencher des hystéries collectives.

Alors qu'un griot s'époumone sur son porte-voix à galvaniser les militants avec plus ou moins de succès, la rumeur de l'arrivée de l'ancien chef d’Etat fait se lever tous les supporters adossés au mur d'enceinte de la compagnie aérienne de la Gendarmerie. «Allez derrière les barrières !» ordonnent calmement les pandores aux tenues bleues surmontées d'une chasuble vert fluo. L'imminence de l'apparition du «vieux» se confirme. La foule, plus d'une centaine de sympathisants, a fait céder les barricades de la sécurité derrière lesquelles elle était confinée à l'apparition de l'ancien président à 20h45.

Le crépitement des photos fait apparaître un homme placide vêtu d'une veste grise, d'une chemise bleue et d'une chéchia rouge assortie à la cravate. Un geste de salut en direction de la foule et tout le monde chavire de bonheur ! Les sirènes hurlantes d'une grosse cylindrée américaine, les klaxons des véhicules du cortège n'arrivent pas à noyer les slogans scandés par les supporters «Gorgui, gno bari dolé» ; «Gorgui, mo défar Sénégal»…

Les gendarmes dépassés par l'ampleur, somme toute modeste de cet accueil, se sont repliés autour de l'ancien chef d'Etat, prêtant main forte à ses gardes du corps. Ils essayent tant bien que mal de repousser avec violence les quelques mains qui venaient s'introduire dans l'habitacle de la Mercedes noire non immatriculée, déclenchant quelques oppositions vite maîtrisées. La voiture assaillie roule à une allure d'escargot jusqu'à la sortie de l'aéroport international Léopold Sédar Senghor, sous l'œil ébahi de quelques arrivants. Me Wade, toujours aussi adulé par les militants et sympathisants, prend la direction de Fann résidence, son pied-à-terre à Dakar depuis son départ du pouvoir en mars 2012.

«Cela concerne Sidy Lamine Niasse»

La menace d'interdiction du meeting du 21 novembre envisagé par le Front patriotique pour la défense de la République (FPDR), une coalition dont le PDS est le pivot, a bien été au centre des débats. Les caciques libéraux se sont prononcés sur la question. Mamadou Diop Decroix, coordonnateur du FPDR, ne veut même pas entendre parler d'interdiction  « On l'accueille, c'est tout. Il a appelé les Sénégalais et ils vont répondre. Si la sagesse l'emporte, il faut s'en féliciter», déclare-t-il.

Babacar Gaye, porte-parole du PDS, ne manque pas de dire son avis à propos de la médiation entreprise par le patron du groupe de presse Walfadjri. «Cela concerne Sidy Lamine Niasse et le Président (Macky Sall). Le PDS avait déclaré que, quelle que soit la situation, il allait faire son meeting le 21. On ne sait pas ce qu'ils se sont dit. Ce qui nous intéresse, c'est d'organiser notre meeting. Qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, nous le ferons. La décision de ne pas l'organiser dépendra de nous et de personne d'autre. Le Président n'avait qu'à s'en tenir à sa position, car nous organiserons ce meeting,» lance Babacar Gaye, comme un défi.

Coordonnateur du PDS, Omar Sarr abonde dans le même sens : «Nous sommes prêts à organiser et à gagner le meeting du 21. C'est l’État qui veut empêcher le PDS de fonctionner, de faire peur ; alors que nous avons dépassé cela. Nous avons été fiers de recevoir le président Wade qui va partir avec nous au meeting. A ce jour, nous n'avons pas reçu de notification d'interdiction, mais comme nous l'avons dit, nous allons tenir cette rencontre. Nous allons déchirer l'arrêté du gouverneur s'il nous parvient. Ce sera un meeting du peuple, il y aura toutes les organisations et les partis, les syndicats, la société civile et des militants épris de paix et prêts à défendre la démocratie et les libertés ».

Ousmane Laye DIOP (Stagiaire)

 

 

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