Publié le 30 Mar 2015 - 14:32
ELECTION PRESIDENTIELLE DE 2017

Les gladiateurs à l’assaut du roi

 

Très peu d’acteurs politiques ont aujourd’hui déclaré leur candidature. Il n’en manque pas pourtant qui rêvent de s’asseoir sur le fauteuil présidentiel dès 2017. Mais ils préfèrent pour le moment s’entourer de mystère, s’il en est. Enquête a essayé de dresser une liste des possibles candidats, sans prétendre toutefois à l’exhaustivité.

 

2017, date de l’élection présidentielle, se profile à l’horizon. Même si le président Macky Sall n’a pas encore déclaré sa candidature, il ne fait aucun doute que le patron de l’Alliance pour la république (Apr) sera le chevalier de son parti. Tout comme lui, d’autres seront également de la partie. Il y en a parmi eux qui avancent à visage découvert. Tandis que chez d’autres probables candidats, on a soit enlevé un coin du voile, soit conservé le manteau dans son intégralité. Parmi les possibles challengers de Macky en 2017, il y a Malick Gackou. L’ancien numéro de l’Afp a été exclu du parti le vendredi 13 mars 2015 pour avoir été le chef de file de la fronde contre Moustapha Niasse.

L’homme a pris acte et affirme avoir  ‘’définitivement tourné” la page, tout en demandant à ses amis de rester dans le parti pour se battre pour les idéaux qui ont toujours été les siens. Un appel qui peut être interprété comme une stratégie pour brouiller les pistes. D’ailleurs Gackou est resté imprécis sur sa candidature, promettant de préciser sa position le moment venu. Seulement, la fermeté avec laquelle il s’est opposé à Moustapha Niasse, son ex-mentor, ne l’aide pas à entretenir le flou. Il s’y ajoute que certains frondeurs l’avaient désigné comme leur candidat. Son handicap est qu’il risque d’être identifié comme le candidat de la banlieue en général, les lutteurs en particulier. Gackou est considéré comme connu uniquement à Guédiawaye. Or, une élection présidentielle est un rendez-vous entre un homme et son peuple (toutes catégories confondues). Il lui reste donc à surmonter ce handicap, sachant qu’il ne peut compter sur l’Afp. Ou du moins sur l’appareil politique du parti.

L’autre possible adversaire de Macky Sall a pour nom Khalifa Sall. Le maire de Dakar, dopé par sa brillante victoire sur l’ancienne première ministre Aminata Touré lors des locales de juin 2014, se positionne de plus en plus. Même s’il parvient toujours à garder le voile, il n’en reste pas moins que sa candidature ne serait une surprise pour personne. D’ailleurs, il a décidé, dit-on, de participer à la compétition de 2017. Pour l’instant, il travaille à arrondir les angles avec Ousmane Tanor Dieng pour être le candidat du Parti socialiste (Ps), même si le soutien n’est pas encore définitivement acquis. Comme Gackou, il lui est objecté de n’être populaire qu’à Dakar, méconnu du reste à l’intérieur du pays.  Cependant, si jamais il est adoubé par sa formation, il pourrait bien surmonter ce handicap, car en parti historique, le Ps est bien implanté à travers tout le territoire national. Est-ce pour cette raison que le pouvoir porte une attention sur lui ? En tout cas, de tous les possibles concurrents, il est le plus surveillé.

Jules Ndéné, Baldé, Aïda Mbodj, Idy et les autres

En dehors de Gackou et du maire de Dakar, il y a le candidat du Pds, le grand mystère pour le moment. Le parti de Wade a misé sur le fils de celui-ci. Or, si par prudence on peut mettre un gros point d’interrogation sur la candidature de Karim Wade, il ne serait pas exagéré d’encadrer sa participation par l’adverbe de négation ‘’ne…pas’’. Les Libéraux le savent si bien qu’ils mettent sur la table deux hypothèses : le boycott ou le sabotage de l’élection.

Pourtant, le Pds a pas mal de choix possibles. Le dernier Premier ministre sous Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye, s’est déclaré candidat. Aïda Mbodji la mairesse de Bambey, également responsable dans le parti, a été investie par sa base. Mais pour qui connaît la méthode de Wade, ces deux qui ont refusé de cautionner ‘’la mascarade’’ (Ndéné dixit) n’ont aucune chance d’être soutenus. Encore moins le mammouth de Ziguinchor Abdoulaye Baldé qui a quitté le Pds pour créer sa propre formation. Mais encore faudrait-il qu’il trouve d’abord une solution à l’équation judiciaire dont il devra faire face. En fait, des indiscrétions le placent comme étant le prochain sur la liste de la Crei, après Karim. Surtout qu’il a été déjà placé sous contrôle judiciaire après sa mise en demeure.

D’autres ambitions ne faisant pas l’ombre d’un doute sont celle d’Idrissa Seck, le premier à avoir quitté la coalition présidentielle. En 2017, il est évident qu’il sera le champion de Rewmi. La candidature d’Ibrahima Fall est aussi presque acquise. L’ancien candidat en 2012 est dans une position de ‘’taxaw tem’’. Comme Idy, il a lui aussi claqué la porte de la coalition dès les premières heures. En outre, il y a un groupe composé de Me Mame Adama Guèye, Jean Charles Tall et autres. Eux aussi travaillent à trouver un candidat au sein de mouvement. Il n’est pas exclu pour autant qu’il y ait des postulants significatifs mais inattendus. Il pourrait bien également y avoir des candidatures de divertissement, à l’image de celle de Diouma Dieng en 2012. 

BABACAR WILLANE

 

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