Publié le 24 Dec 2014 - 19:14
EMPLOYABILITE, FINANCEMENT DE PROJETS,

Comment l’ANPEJ compte créer les 110 000 emplois d’ici 2017

 

L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes fait partie des structures sur lesquelles l’Etat compte s’appuyer pour respecter sa promesse de créer 500 000 emplois d’ici 2017. La semaine dernière, le directeur général de ladite agence, Mamadou Lamine Dieng, est revenu sur le procédé qui doit permettre d’atteindre l’objectif assigné à sa structure. Celui de créer 110 000 emplois.

 

Le renforcement de l’employabilité des jeunes, c’est l’un des quatre axes majeurs qui déterminent la mission de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ).  Le directeur général de l’ANPEJ, en fin de semaine dernière, s’est appuyé sur ce libellé pour expliquer la démarche qui devrait conduire à la création de 110 000 emplois par son agence. S’exprimant jeudi dernier au cours de la cérémonie de lancement des négociations de la troisième génération de la convention nationale Etat-Employeur, il a affirmé la pertinence de cette convention pour le renforcement de l’employabilité.

A l’en croire, 31% des demandeurs d’emplois sont des diplômés de l’enseignement supérieur et peinent à trouver un emploi, à cause du récurrent problème de l’adéquation entre la formation et l’emploi. Egalement, le problème de la saturation de certaines filières de formation se pose, car ‘’aujourd’hui, la majeure partie des formations sont orientées vers les métiers du tertiaire’’, indique M. Dieng. ‘’Banque, finance, marketing, communication, transport, logistique. Est-ce que ça répond au besoin du marché du travail ?’’ s’est interrogé le Directeur de l’ANPEJ. Il ajoutera qu’il y a assez d’analyse qu’on peut émettre pour justifier cette difficulté d’insertion des jeunes qui peut être contrée par ladite convention.

M. Dieng a avancé qu’à travers ce dispositif qu’est la convention, l’ANPEJ, en collaboration avec la direction de l’emploi, a permis cette année à plus de mille jeunes de décrocher des stages. ‘’Parallèlement, nous sommes en train de développer des initiatives de partenariat public-privé qui permet de disposer de l’accompagnement de certaines structures qui offrent également des possibilités d’insertion à de jeunes Sénégalais’’, a ajouté Mamadou Lamine Dieng.

De ses propos, il est ressorti qu’avec le Crédit Mutuel du Sénégal, c’est 200 stages qui ont été offerts à l’agence, et avec la Bank of Africa, c’est 50 jeunes qui en bénéficieront à partir de janvier pour ne citer que ces entreprises. Il a affirmé que la vocation du secteur privé est la création d’emplois et que les entreprises n’accompagnent pas souvent l’Etat dans les domaines que ce dernier juge prioritaires. Pour le Dg, il s’agit désormais de mobiliser les acteurs économiques autour des priorités définies par l’Etat.

Il compte aussi faciliter l’accès à l’information sur le marché du travail. A ce niveau, la direction de l’emploi dispose d’un système d’information qui permet d’enregistrer les jeunes, et  au niveau de tous les Cdef, des dispositifs espace-emploi-jeunes sont déployés pour que les jeunes aient accès à l’information sur l’emploi, a rappelé le DG ANPEJ. 

Faire la promotion de l’auto emploi

Le troisième axe majeur est la promotion de l’auto emploi, puisque ‘’l’Etat ne peut pas créer des emplois salariés pour tous les demandeurs’’. Il a expliqué à ce sujet, qu’un fonds de financement de 1 milliard mis à la disposition des jeunes et logé au Crédit mutuel du Sénégal est disponible. Ceci pour permettre aux Sénégalais de 18 à 35 ans et porteurs d’initiatives économiques de pouvoir disposer de l’accompagnement de l’agence. ‘’Nous avons des ingénieurs financiers qui vont s’occuper de l’élaboration des plans d’affaire et monter les dossiers pour les soumettre aux banques, afin d’accompagner les initiatives économiques des jeunes’’, a confié le DG. 

Outre ce dispositif, un fonds de garantie à l’auto-emploi des jeunes, d’1milliard pour 2014 et d’1 milliard pour 2015, a été dégagé, en collaboration avec le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) qui permettra de suppléer le problème de garantie. ‘’Ce qui freine souvent le financement de projet des jeunes sont des questions liées à l’apport préalable, à la garantie ou aux taux d’intérêts’’, dira le DG. ‘’Avec le FONGIP, la garantie est supportée et le taux d’intérêt négocié tourne autour de 7% alors que le taux courant est de 13 à 14%’’, précise-t-il.

Etant donné que la demande de financement reste toujours supérieure aux moyens de l’agence, il a avancé que grâce à la politique RSE (Responsabilité sociétale de l’entreprise), certaines entreprises ont accepté de soutenir les initiatives. ‘’Tigo a décidé de mettre à la disposition de l’agence 50 millions pour financer des projets jeunes.  

C’est des projets qui vont revenir à des jeunes parallèlement aux instruments qui sont mis en place’’, révèle Mamadou Lamine Dieng. Il poursuit : ‘’Orange va emboiter le pas, le 24 prochain, on va signer une convention avec Orange qui met 100 millions’’. Il a notamment révélé un projet de fundraising qui sera organisé en début d’année pour lever au moins 2 milliards afin d’accompagner les initiatives de jeunes. Des mécanismes innovants pour Mamadou Lamine Dieng qui permettront aux jeunes d’avoir le maximum de possibilités de voir leurs projets accompagnés par l’ANPEJ. 

ANTOINE DE PADOU

 

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