Publié le 9 Aug 2017 - 23:42
ENVOYEE EN PRISON POUR DIFFUSION DE MESSAGES XENOPHOBES

face cachée de Penda Ba

 

Sa première idylle amoureuse, elle l’a vécue avec un Cayorien. Penda Ba, 28 ans, divorcée, née au cœur du Fouta, n’a pas eu la chance, jeune, de fréquenter le ‘’daara’’ ou l’école moderne. La faute à des parents divorcés. EnQuête essaye de retracer l’itinéraire de cette jeune femme qui défraie en ce moment la chronique judiciaire, après avoir enflammé la Toile d’un torrent d’insultes à caractère ethniciste.

 

Agnam Wouro Sira est un bourg de quelque 900 âmes, situé dans la commune ‘’des Agnam’’, ex-communauté rurale de Agnam Sivol, dans la région de Matam. Jadis caravansérail où les caravaniers marquaient l’escale dans leurs chevauchées vers les profondeurs du Dande Mayo ou du Walo, le village est aujourd’hui balafré par la route nationale n°2. A ce titre, c’est un lieu d’escale et de repos pour chauffeurs de transport public, camionneurs, ‘’bana-bana’’ et autres vendeurs de bêtes. C’est ici qu’est née et a grandi Penda Ba, la jeune dame qui défraie en ce moment la chronique judiciaire, pour s’être lâchée sur la Toile en allumant les réseaux sociaux avec une logorrhée d’insultes. Née d’un père chauffeur et d’une mère restauratrice d’Agnam Wourou Sira, la gamine a très tôt souffert du divorce de ses parents et donc de l’absence du père. La petite fille, ainée de sa mère, se retrouve dans une famille recomposée dans laquelle le père adoptif fait la navette entre Saint-Louis et Agnam.

 L’enfant Penda a eu un itinéraire différent de celui des jeunes enfants de son âge. En effet, en lieu et place d’une inscription à l’école française ou à l’école coranique, c’est le très célèbre restaurant de sa grand-mère maternelle, situé au bord de la RN2, qui lui a principalement servi d’antre de socialisation. ‘’Ici, à côté de sa maman qui a plus tard remplacé sa grand-mère dans le management de ce modeste business familial, elle côtoie tout ce beau monde’’, renseigne une source qui connait bien la famille. Une vraie ouverture sur le monde pour un habitant de ce petit village, avec ses avantages et ses desiderata.

Adolescente, Penda éblouit par une beauté relevée par son teint clair hérité de son père originaire des environs de Lompoul, dans le département de Kébémer. Elle est serveuse dans le restau familial et remplace sa génitrice dans bien des tâches. Naturellement, c’est ici que la rattrape le virus de l’amour. Elle craque et s’éprend d’un jeune ‘’bana-bana’’, un Cayorien originaire de Mboro, dans la région de Thiès. Penda est prête à tout et a même un jour fait le voyage dans cette partie ouest du Cayor pour une visite aux parents de celui avec qui elle rêve de convoler pour le meilleur et pour le pire. Malheureusement pour elle, le projet de mariage fera long feu. ‘’En raison de l’opposition des parents de son amoureux qui ne voyait pas d’un bon œil leur fils se marier avec cette ‘’inconnue’’, glisse un proche de la famille de la fille. Une déception énorme. Est-ce de là qu’elle a contracté cette haine jusque-là enfouie contre le groupe ethnique de son premier amour ? Un ami de son premier amour n’ose pas franchir le Rubicond.

Toujours est-il que, dépitée par cette première mésaventure amoureuse, Penda Ba se résout plus tard à dire oui à un parent de Galoya. Mais trop émancipée pour vivre introvertie comme femme au foyer, elle verra son ménage se briser. Retour à la case départ. Au restaurant familial à Agnam Wourou Sira. Le malheur ne venant jamais seul, sa grand-mère décède entre-temps et le business familial commence à péricliter. Alors, la jeune dame divorcée, âgée aujourd’hui de 28 ans, investit le créneau du commerce et fait la navette entre Agnam son village natal, Dakar et Mbour où elle a été cueillie par les éléments de la Brigade de recherche de la gendarmerie nationale. De la prison, elle apprendra, dans cette autre école de la vie, pour pallier les ratés de sa socialisation escamotée, visiblement à l’origine de ses délires politico-ethnicistes. 

Mame Talla DIAW

Section: 
REVENUS PÉTROLIERS DE SANGOMAR : L'État démonte la polémique des “25 francs
APRÈS LE BILAN DES ACCIDENTS DU MAGAL : Les Jakartamen paient un lourd tribut
UNIVERSITÉ NUMÉRIQUE CHEIKH HAMIDOU KANE : Les étudiants décrètent une grève générale illimitée à partir de ce jour
DÉCLARATION DE PATRIMOINE : Les défaillants bientôt connus
MAFOUZE BALDE, CHEF DU BUREAU RÉGIONAL DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE DE MATA : “Il y a 62 291 personnes en insécurité alimentaire dans la région”
FONCTION PUBLIQUE, DIALOGUE SOCIAL, RÉFORMES : Dianté expose la doctrine de l’État
132e ÉDITION DU MAGAL DE TOUBA- ACCIDENTS ET INDISCIPLINE : Makhtar Cissé sonne la fin du laisser-aller
ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE : Le ministre de la Justice en inspection nocturne à Rebeuss
132e ÉDITIONS MAGAL DE TOUBA Dakar, “ville fantôme”
AFFAIRE PAPE CHEIKH DIALLO ET CIE : L'instruction judiciaire touche à son terme
Lutte contre le trafic de migrants
CLÔTURE DE LA 4e CONFÉRENCE NTA AFRICA : Le travail de soins non rémunéré au cœur de l’agenda politique africain
MAGAL DE TOUBA 2026 : À Thiès, chauffeurs et autorités misent sur la prévention routière
Patrouille à la frontière sénégalo-gambienne
DROITS DE L'HOMME : Après 25 ans, la CNDH renoue officiellement avec le Palais
COOPÉRATION SÉCURITAIRE : Dakar et Paris renforcent leur coordination en vue des JOJ 2026
GAMOU DE NDIASSANE : Les assurances du gouverneur Saër Ndao
LES MEILLEURS ÉLÈVES DU SENEGAL CELEBRES : Diomaye fait de l'École son premier chantier stratégique
SAINT-LOUIS – RIPOSTE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES : La biodiversité érigée en première ligne de défense
FONDS POLITIQUES : Le Forum du justiciable interpelle le gouvernement