Publié le 14 Jun 2022 - 12:02
GÉOLOCALISATION DES ACCUSÉS DU PROCÈS DE BOFFA BAYOTTES

La Chambre criminelle de Ziguinchor met à nu la Sonatel

 

Elles sont nombreuses, les leçons à tirer du procès de la tragédie de Boffa Bayottes. Dans l’ordonnance de mise en accusation, il était question de mails, de courriels, d’appels téléphoniques, de communiqués, de réunions à Toubacouta, de rencontres des accusés avec César Atoute Badiate.  Cette ordonnance de renvoi s’adossait également sur les informations fournies par la Sonatel, dans le cadre de la géolocalisation des inculpés la veille et le jour du massacre. Cette géolocalisation a été une ‘’préoccupation’’ centrale de la défense comme de la partie civile.

Elle a fait l’objet d’un débat nourri à l’ouverture du procès. La défense en a, par la suite, même fait ‘’une exigence’’ dans la recherche de la manifestation de la vérité et pour ‘’un procès juste et équitable’’. Elle voulait que la Sonatel détermine avec précision l’aire de couverture de ses bornes dans ce village qui n’a pas accès à l’électricité.

Les conseils des accusés avaient, par ailleurs, demandé une expertise en informatique à travers la convocation d’un sachant en la matière, pour les édifier sur l’authenticité des mails, courriels et communiqués qu’on prête au journaliste René Capain Bassène. Pour la défense, les relevés téléphoniques fournis par la Sonatel ne pouvaient pas asseoir la responsabilité criminelle des accusés. Tout comme la géolocalisation contestée par Me Ndoubé Wane, parce que certains parmi les accusés n’ont pas fait l’objet de bornage. ‘’J’aurais préféré qu’on me dise que vous avez été bornés sur le lieu du crime. Mais pas à Bourofaye 1, 2 ou 3. On ne peut pas asseoir la culpabilité sur la base de ce bornage’’, avait regretté Me Théophile Kouassi. Selon Me Ciré Clédor Ly, il s’est agi d’un procès de la ‘’géolocalisation’’, des ‘’intrusions du système informatique’’, des ‘’alibis’’ et du ‘’MFDC’’.

La sentence rendue, hier, dans le cadre de cette affaire qui a défrayé la chronique des années durant en Casamance et ailleurs, semble donner raison à la défense. En effet, tous ceux qui, selon les informations et données techniques fournies par la Sonatel, ont été bornés sur le théâtre des faits par la Sonatel – par conséquent comme auteur du massacre - ont tous été acquittés. Bizarrement !

 

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