Publié le 14 Sep 2021 - 15:16
GUINÉE

Les concertations annoncées par la junte suscitent attentes et interrogations

 

Une semaine après le coup d’État qui a renversé Alpha Condé, le Comité national de rassemblement et de développement (CNRD) va rencontrer « toutes les forces vives de la nation », selon son communiqué : partis politiques, organisations de la société civile, responsables religieux, représentations diplomatiques ou encore opérateurs miniers…Un programme marathon qui suscite des attentes, mais aussi des interrogations.

Avec notre envoyée spéciale à Conakry, Charlotte Idrac

Ni courrier, ni invitation personnalisée… Les acteurs concernés ont été informés via le communiqué du CNRD, repris dans les médias. Ces concertations qualifiées d’« inclusives » sont une « une excellente chose » pour Ousmane Kaba, président du parti PADES et candidat à la dernière présidentielle.

« Conformément à ce que le chef de la junte a dit, il veut des concertations inclusives. Ce qui va dans le sens de l’apaisement dans notre pays », estime-t-il. Il y participera, donc, tout comme Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, même si « ce ne sera pas le bon format pour aborder les questions de fond », affirme sa cheffe de cabinet, « cela sera une première prise de contact ».

De son côté, le RPG, le parti du président renversé Alpha Condé, doit se réunir ce lundi avant de prendre une décision sur une éventuelle participation.

« Nous sommes impatients d’en savoir plus sur la stratégie et la feuille de route du CNRD », affirme pour sa part Alseiny Sall de l’Organisation guinéenne pour la défense des droits de l’homme. Mais il exprime des doutes sur le dispositif :

Peut-être que ces concertations sont menées dans le souci de prendre en compte les préoccupations des uns et des autres pour l’élaboration de la feuille de route. C’est quelque chose que nous apprécions. Mais en même temps, je ne pense pas que le procédé va être vraiment efficace pour avoir des discussions sérieuses et concrètes, parce que quand on dit "partis politiques", il y en a tellement en Guinée, quand on dit "organisations de la société civile", c’est tellement vague, elles sont tellement nombreuses...

 « Il aurait fallu faire une liste précise des participants et consacrer une journée entière à chaque composante », regrette un acteur économique. Le programme prévoit des créneaux de deux heures pour chaque catégorie d’acteurs, sur quatre jours. « Il sera impossible de respecter le timing », estime déjà un responsable du secteur minier.

Questions et incertitudes sur la tran​sition

Nombre d'acteurs politiques, économiques et de la société civile espèrent que ces concertations leur permettront d'y voir plus clair sur une transition pour l’heure très incertaine. Car les questions sont nombreuses et il est encore difficile de savoir quelles sont les intentions du colonel Doumbouya, qui ne s'est pas exprimé en public depuis le coup d'Etat.

Le chef de la junte a promis un gouvernement d’union nationale. Quelle sera sa composition ? Qui sera à sa tête ? Aucune indication pour l’instant, même si plusieurs formations politiques ont déjà annoncé leur intérêt pour y participer. Quelle sera la place accordée aux militaires ? Et sur qui peut compter le nouvel homme fort ? 

Pour l’heure, seul le colonel Amara Camara s’exprime au nom du CNRD via des communiqués. Et c’est le colonel Balla Samoura qui a accueilli la délégation de la Cédéao la semaine dernière. Mais « l’organigramme n’est pas clair » souligne un responsable de la société civile, pour qui « le choix des personnalités qui seront nommées sera déterminant pour la légitimité du CNRD ».

Quid, ensuite, du calendrier ? « Le dilemme, c’est que beaucoup espèrent une transition rapide, alors qu’il faudrait prendre le temps pour qu’elle soit solide, et préparer des élections libres et transparentes », affirme un observateur.  Et puis autre question, cruciale : celle des moyens financiers, pour redresser la Guinée. « Réussir un coup d’Etat est une chose », conclut un analyste, « gouverner en est une autre », « le plus dur est à venir ».

RFI

Section: 
RANCE : Patrick Bruel mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel
GOUVERNANCE EN AFRIQUE : L’exemple béninois
SECRETARIAT GENERAL DES NATIONS UNIES Macky Sall décline sa feuille de route pour réformer l'ONU
ONU : Macky Sall n’est pas le seul candidat sans le soutien de son pays
FAYE-MACRON À NAIROBI : La diplomatie du réel
SOMMET FRANCE-AFRIQUE À NAIROBI : Le secteur privé africain interpelle sur la mobilisation des ressources et le financement des économies
SOMMET FRANCE - AFRIQUE : Un virage vers les anglophones
AFRICA FORWARD : L’Afrique se rassemble au Kenya pour partager avec la France
CRISE AU MALI : On a retrouvé Goïta, mais le régime vacille toujours
ESCALADE TERRORISTE AU MALI Dakar fait Bloc derrière Bamako
SECRETARIAT GENERAL DES NATIONS UNIES : Macky Sall décline sa vision
MACKY SALL EN ROUTE POUR L’ONU : Après le grand oral, les choses sérieuses
SEMAINE DE L’AMICALE MAURITANIE-SÉNÉGAL : L’intégration par les peuples
DIASPORA SÉNÉGALAISE AU CANADA EN ALERTE Des retards de passeports qui inquiètent fortement la communauté
GUERRES ET DÉSTABILISATION DU MONDE Sonko accuse Donald Trump
COMPÉTITION SPATIALE INTERNATIONALE DAUST offre la victoire au Sénégal
CANDIDATURE POUR LE SECRETARIAT GENERAL DE L’ONU : Macky Sall avance ses pions
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES : L'Union africaine met Dakar dos au mur
LOI DE DURCISSEMENT CONTRE L'HOMOSEXUALITE : Le Sénégal au cœur d’un bras de fer diplomatique sans précédent
FRANCE / MUNICIPALES 2026 Ce que le vote français dit à l’Afrique