Publié le 23 Nov 2022 - 16:46
JOURNÉE MONDIALE DE LA PÊCHE

Le cri de détresse des acteurs du secteur 

 

La Journée mondiale de la pêche a vécu. Au Sénégal, des organisations s'activant dans ce secteur se sont rencontrées à Ouakam pour s'adresser aux autorités étatiques. Elles ont mis en garde contre l'implantation d'usines de farine et d'huile de poisson considérées comme un danger pour la pêche. En même temps, l'inévitable débat des licences de pêche refait surface.

 

Le manque de poisson inquiète de plus en plus les pêcheurs et les ménages sénégalais. Depuis des années, la sardinelle se fait rare et est devenue presque introuvable. Conscientes de cette situation, des organisations de pêche ont lancé l'alerte pour la nième fois.

Lundi, coïncidant avec la Journée mondiale de la pêche (JMP), la Coalition des pêcheurs artisanaux a fait face à la presse à Ouakam pour tirer la sonnette. ''Les communautés de pêcheurs sénégalais unissent leurs forces pour lutter contre la mauvaise gestion des pêches et l'industrie destructrice de la farine de poisson, qui compromettent l'accès à la nourriture et aux emplois'', déclarent-ils.

À l'occasion de cette rencontre, pêcheurs et transformatrices de Ouakam et ceux de Kayar ont exigé plus de transparence dans la gestion des pêches, mais aussi, une meilleure reconnaissance du travail des femmes transformatrices de poisson et la fermeture des usines de farine. À cet effet, les différentes organisations du secteur de la pêche artisanale, membres de la Confédération nationale interprofessionnelle de la pêche artisanale du Sénégal (Conipas) et du Réseau des femmes de la pêche du Sénégal (Refepas) ont adressé des messages à l'État du Sénégal.

La publication du registre des navires de pêche industrielle autorisés réclamée

Au vu des risques et menaces de disparition qui pèsent sur le poisson, ces acteurs ont demandé qu'il y ait une meilleure protection des ressources halieutiques pour la durabilité des métiers de la pêche et la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Ce n'est pas tout. Ils ont vivement demandé aux autorités étatiques la publication du registre des navires de pêche industrielle autorisés à pêcher dans les eaux du pays, seul moyen d'avoir des informations sur les bateaux qui ont le droit de pêcher au Sénégal, mais surtout de lutter contre la pêche Illicite non réglementée et non déclarée (INN).

Karim Sall est catégorique. Ces navires doivent être interdits d'accès dans les zones de pêche. Le président de l'organisation déclare : ''Ce que nous demandons, c'est le gel immédiat des licences des bateaux en question.'' Pour M. Sall, ces derniers sont à l'origine de la surexploitation des petits pélagiques tant convoités par les ménages sénégalais.

Embouchant la même trompette, la présidente du Réseau des femmes de la pêche artisanale au Sénégal a réagi pour s'interroger sur le nombre de licences qui existent à l'heure actuelle. Diaba Diop de demander : "Il y en a combien ? On ne sait pas exactement le nombre de bateaux qui ont leur licence. On a besoin de connaître leur nationalité, leur identité, les types de matériel qu'ils utilisent pour la pêche.''

Encore le problème des usines de farine

Comme en témoignent les nombreuses contestations contre leur implantation au Sénégal, les usines de farine et d'huile de poisson posent de véritables problèmes aux populations locales. Et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a alerté, à plusieurs reprises, sur la situation critique des stocks de petits poissons pélagiques et a identifié l’impact dévastateur que l'industrie de la farine et de l'huile de poisson avait sur la biodiversité marine, sur les emplois et sur la disponibilité de nourriture en Afrique de l'Ouest. D'après elle, ''les usines utilisent du poisson frais propre à la consommation humaine pour approvisionner les marchés mondiaux de l'alimentation animale, malgré les règles qui interdisent ces pratiques. Le pouvoir d'achat de ces entreprises leur permet de surenchérir sur les femmes transformatrices de poisson et les consommateurs locaux. Ce qui fait grimper les prix et menace les emplois des transformatrices et la sécurité alimentaire des populations''.

C'est, par conséquent, la raison pour laquelle les acteurs de la pêche veulent que ces usines arrêtent. Ainsi, ils demandent le gel pur et simple de leur implantation, ainsi que la réalisation d’audits d’impacts environnementaux et sociaux (EIES) des entreprises qui sont encore en activité. Ce, pour s’assurer de leur conformité avec la réglementation nationale.

Selon les communautés de pêcheurs, les usines de farine ont, au même titre que les bateaux, contribué à la surexploitation de la ressource halieutique. D'ailleurs, les récentes protestations des habitants de Kayar contre une usine espagnole établie dans la ville montrent l'ampleur de la situation. Des contestations appuyées et soutenues par les populations de Ouakam. Et ils l'ont fait savoir. "Nous sommes avec nos frères et sœurs, acteurs de la pêche à Kayar. Il faut chasser ces usines. C'est dommage et inquiétant de voir que notre pays importe du poisson. Et pourtant, cela n'arrange pas du tout les femmes vendeuses et transformatrices''.

Par ailleurs, ces dernières ont formulé des requêtes pour être reconnues à leur juste valeur. Dans ce dessein, elles demandent la signature du décret de reconnaissance et de professionnalisation des métiers de la transformation artisanale des produits halieutiques. Il s'agit d'une vieille doléance de près de dix ans.

El hadji Fodé Sarr

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