Publié le 29 Nov 2013 - 14:03
L’UNIS SUR LE PROJET SENEGAL EMERGENT

«Ambition mal structurée ou de détournement de ressources» ?

 

Entre «un manque de confiance par rapport à nos capacités à définir le chemin de nos ambitions» et «un schéma de détournement de nos ressources publiques au profit de cadres tapis derrière une vitrine», l'Unis demande au Président de la République d'éclairer la lanterne de l'opinion sur le Projet Sénégal Émergent.

 

L’union des indépendants du Sénégal s’invite à la polémique autour du Projet Sénégal Emergent. Un dossier qui est à l’origine de la démission de Moubarack Lo de son poste de directeur de cabinet adjoint du président de la République. Pour les camarades de Amadou Guèye, «la conception» de ce projet initié par Macky Sall, ‘’risque d’être une chimère si  son élaboration continue en vase clos’’. Et pour cause, «la vision nationale» qu’elle appelle de tous ses vœux depuis plusieurs années pour articuler une véritable trajectoire de développement du Sénégal, reste encore une matière élusive’’.

Dans un communiqué parvenu à EnQuête, les ‘’indépendants’’ estiment que ‘’si l’implication de tous les Sénégalais porteurs d’idées est souhaitable, quel que soit leur lieu de résidence’’, il faut que ‘’ce privilège’’ soit inclusif plutôt que de le ‘’limit(er) à un groupe de cadres tout simplement du fait de connexions au sommet de l’Etat’’. Pour le développement du Sénégal, ajoute la note, «des centaines de Sénégalais demandent à mettre leurs visions et grandes idées au service de leur pays, même étant hors du pouvoir et gratuitement’’.

Au regard de ces considérations, l’UNIS invite le gouvernement à s’expliquer sur «comment une étude peut coûter 2,5 milliards». Or, poursuit le document, ‘’l’Etat du Sénégal vient de conclure le document de prospective Sénégal 2035’’. Pour Guèye et Cie, ‘’le choix’’ porté sur un ‘’cabinet étranger (Mc Kenzy : NDRL) qui n’a même pas de bureau dans notre pays pour faire ce travail» révèle au moins deux choses. 

«Soit (il y a) un manque de confiance dans nos propres capacités à définir le chemin  de nos ambitions de manière structurée», «soit (il existe) un schéma de détournement de ressources publiques qui profite aux cadres utilisés et dont le cabinet ne serait que la vitrine». 

Mais en tout état de cause, le Président de la République doit des explications aux Sénégalais «pour ne pas laisser se développer l’impression que l’Etat continue d’être au cœur de l’enrichissement illicite par les cols blancs haut perchés’’.

Se prononçant sur l’Agence d'assistance à la sécurité de proximité, objet de controverses, les ‘indépendants’’ proposent le déploiement des 10 000 jeunes recrutés comme contractuels de la police municipale. Car, ‘’les dispositions  du code des collectivités locales qui  encadrent  les missions  de la police municipale couvrent non seulement  la sécurité de proximité mais aussi  la surveillance de  l’occupation de l’espace urbain’’.

Craignant les ‘’risques d’une orientation milicienne des jeunes’’ de l’ASP, l’UNIS «suggère au gouvernement de prendre en compte les suspicions exprimées» au lieu de se braquer. «Cela procède d’une approche sécuritaire que de rassurer les citoyens sur la nature pacifique et non partisane d’une telle initiative.»

DAOUDA GBAYA

 

 

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