Publié le 23 Nov 2014 - 21:00
A LA DECOUVERTE DE NGADIAGA A MALIKA

L’endroit où séjourna le Mahdi avant son exil en 1887

 

Le pèlerinage de Ngadiaga, dans la commune de Malika, est le deuxième plus grand évènement de la communauté layène, après l’appel. En 1887, pendant 3 jours, le Mahdi Mame Limamou Laye y a séjourné avant de se rendre dans l’ile de Gorée. Depuis maintenant 50 ans, la communauté y fait un pèlerinage, le lendemain de la Tamxarit.

 

Mardi 4 novembre. En ce lendemain de la célébration de la Tamxarit, ce sont des milliers  de disciples, tous de blanc vêtus, de la communauté layène qui rallient la localité de Ngadiaga à Malika, le temps d’une journée. En voiture, à pied et ou en deux-roues, tous les moyens sont bons pour ne pas se faire raconter ce pèlerinage. C’est une véritable marée humaine, le lieu de plus de 7 ha est ‘’blanc’’ de monde venu des quatre coins du pays et notamment de Cambérène.

Jadis, Ngadiaga était un arbre qui se trouvait sur la dune de sable de la forêt classée de Malika, en banlieue dakaroise. Cet endroit a servi de lieu de refuge au Mahdi Mame Limamoulaye, fondateur de la tarikha layène, entre le 11 et le 14 septembre 1887. Ce pèlerinage célèbre les trois jours passés par le Mahdi à Malika. C’est un moment de prières et de recueillement. Organisé dans la forêt classée de Malika, le pèlerinage de Ngadiaga est le deuxième évènement du genre le plus important de cette communauté, après l’appel du Mahdi.

Selon Tidiane Ba, le coordinateur général du comité d’organisation du pèlerinage annuel de Ngadiaga, le sens de ce pèlerinage est la  commémoration de l’exil de Seydina Limamoulaye (ASS) qui avait quitté Yoff, le 11 septembre 1887, pour venir séjourner dans ce site pendant trois jours. ‘’Ce sont ces trois jours-là que nous célébrons tous les ans et depuis bientôt plus de 50 ans. Et c’est l’actuel Khalife Serigne Abdoulaye Thiaw Laye qui avait découvert ce site en 1960, avec l’aide de certains dignitaires de la tarikha dont un certain Demba Gadiaga qui était (à l’époque) l’imam ratib de la grande mosquée de cette commune. Et depuis ce jour, nous le célébrons’’, a rappelé M. Ba.

Du côté des disciples, c’est une joie de communier ensemble. ‘’Je ne peux pas vous dire ce que je ressens avec exactitude. C’est une joie immense que nous ressentons. D’autans plus que c’est sûr que toutes prières formulées dans ce site seront exaucées, selon les écrits des dignitaires. Je ne peux pas vous dire ce que je ressens présentement’’, confie Ramatoulaye Faye, une fervente talibé du Mahdi. Et Tidiane Ba de renchérir dans la joie : ’’cet exil est symbolique pour nous Layènes, car le Mahdi était persécuté par ses parents et les colons, à l’époque. Et c’est pour cela qu’il est venu ici y faire ses prières. C’est dans ce site que Dieu lui a tout donné’’. Et Bocar Laye Diop d’ajouter avec enthousiasme : ’’ici, c’est mon tout. Je ne saurais qualifier ou quantifier mes sensations’'

‘’Halte aux prédateurs et à la boulimie des titres fonciers…’’

Et pourtant, avec l’élargissement de la Voie du dégagement nord (VDN), le site, même s’il fait partie du titre foncier du khalife général des Layènes, n’est pas à l’abri des prédateurs du foncier. Mais qu’ils se le tiennent pour dit : la communauté ne laissera pas faire. Et pour preuve, cet espace a été victime d’agression dans un passé récent. ‘’Nous l’avons dénoncé auprès du préfet. Le lendemain, les prédateurs ont arrêté.

Nous disons haut et fort que nous n’accepterons pas que ce site soit agressé. Pour cause, il appartient aux Layènes et à tous les musulmans. Hors de question que des prédateurs y viennent pour dérober un lopin en vue de construire des cités ou autre truc de ce genre’’, prévient Tidiane Ba qui est à la tête de la commission d’organisation du pèlerinage de Ngadiaga, depuis plus de 15 ans.

Et pour mieux préserver ce site, ils comptent y ériger dans le futur une résidence du khalife général des Layène, un institut islamique et une cité pour tout Ahloul bayti. ‘’Les démarches sont entamées auprès du Khalife et des autorités. Et la pause de la première prière se fera sous peu. C’est un site sacré pour nous. C’est la raison pour laquelle nous disons halte aux prédateurs et à la boulimie des titres fonciers. C’est un patrimoine des layènes. Et le président (NLDR : de la république Macky Sall)  le sait bien’’, soutient M. Ba.

CHEIKH THIAM

 
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