Publié le 18 Jan 2015 - 00:11
LOI SUR LES UNIVERSITES PUBLIQUES

Le Sudes craint des considérations économiques

 

La polémique ne finit pas dans le secteur de l’enseignement supérieur. Hier, le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES) a organisé une conférence de presse pour confirmer sa position déjà annoncée par le biais d’une déclaration publiée tout récemment. Il s’est opposé à la loi et demande la révision de la clé de répartition.

En fait, suite à une rencontre, il y a 48 heures, avec le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane qui a essayé de les convaincre du bien fondé de la loi, le syndicat a réuni ses instances avant-hier pour apprécier la situation. Après examen, les responsables ont fermement rejeté le texte portant harmonisation des universités publiques.

Selon le Dr Amadou Diaouné, secrétaire général national de la formation syndicale, la loi 18/2014 a pour objectif de dépouiller les universités de leur autonomie. ‘’Le prétexte de faire participer des acteurs de la société et notamment d’ouvrir l’université à l’économie ne justifie nullement les orientations contenues dans la nouvelle législation’’, a-t-il soutenu. En guise de réponse au ministre qui soutient que la loi s’explique entre autres par le fait que les enseignants ne sont pas formés pour le management et la gestion, Omar Dia, le chargé des questions de recherche, déclare : ‘’Le savoir a sa propre mesure, il ne saurait avoir de mesure qui lui soit extérieure.’’

Si les syndicalistes ne veulent pas d’un conseil d’administration dans lequel la majorité revient au monde extérieur, c’est essentiellement pour deux raisons : d’abord, ils pensent que ceux qui sont hors de l’université ne connaissent pas les enjeux et les mutations de l’enseignement supérieur ; ensuite, ils risquent de donner la priorité à des considérations économiques, au détriment de l’accès libre au savoir. Le SUDES en veut pour preuve la conséquence de l’instauration de conseils d’administration dans les hôpitaux qui, selon lui, est la prise de décisions normalement médicales selon des critères essentiellement financiers.

‘’Ces conseils d’administration ont obligé les hôpitaux à pallier le désengagement de l’Etat en facturant tous les actes médicaux aux patients’’, soulignent les syndicalistes. Par conséquent, si une telle logique est reconduite pour les universités publiques, cela mènera droit à leur privatisation.  Et pour démontrer que la voie est déjà indiquée, le syndicat fait remarquer que l’Etat a accepté de payer 1 milliard à l’Institut privé de santé pour la formation de 515 étudiants. Alors que pour ce même nombre d’étudiants, il avait proposé à la faculté de médecine une rallonge budgétaire de 50 millions. 

BABACAR WILLANE

 

 

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