Un délai d’exécution d’un an maximum pour les affaires criminelles

Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, s’est prononcé hier sur le cas des longues détentions. Un phénomène judiciaire qu’il a relativisé, à défaut de le dédramatiser. ‘‘Il faut remarquer qu'il y a encore quelques cas de longues détentions. Mais il faut dire que les cas de longues détentions ont significativement diminué au Sénégal. Dans notre pays, sur les 10 250 détenus, on n'a pas plus de 300 cas de longues détentions. Pourquoi ? Parce que, est considérée comme longue détention toute détention qui dépasse 2 ans. Si vous remarquez maintenant, elles ne sont plus possibles en matière délictuelle ; la loi est claire. Vous avez six mois pour instruire un dossier pour ensuite juger la personne ou vous la libérez’’, a-t-il déclaré en marge de la rencontre sur la mise en place d’un plan stratégique pour consolider l’Etat de droit face aux problématiques émergentes.
Pour le garde des Sceaux, c’est plutôt en matière criminelle que les problèmes se posent le plus. D’après lui, ses services sont en train de réfléchir sur la perspective d’avoir une loi qui encadre les longues détentions, de sorte que les détentions n’excèdent pas un an en matière criminelle. ‘‘C’est dans ce domaine qu’il y a quelques cas de longues détentions. Au Sénégal, quand on dit des affaires criminelles, ce ne sont pas des crimes de sang uniquement. Ces derniers constituent à peu près 10 % des cas. Mais l’essentiel des affaires criminelles au Sénégal porte sur le trafic de drogue et notamment le trafic de chanvre indien. Les infractions liées au terrorisme en font aussi partie. Mais c'est juste dans ces cas qu'il y a de longues détentions. Il y a aujourd'hui des dispositions qui sont prises au niveau de la justice pour identifier systématiquement ces cas de longues détentions et de les traiter. C’est comme ça que l'affaire Saër Kébé, poursuivi pour terrorisme, a été traitée’’, a avancé Ismaïla Madior Fall.