Publié le 16 Sep 2013 - 17:00
MÉDIAS - LIBERTÉ D’EXPRESSION

 Ces obstacles qui brident les journalistes

 

 

Au Sénégal, les journalistes exercent leur métier avec peu de protection et des limites imposées par l’éthique et la loi, ont constaté samedi des professionnels du secteur et des juristes.

 

 ‘’Le traitement de l’information : Pourquoi la recrudescence des démentis et des procès ?’’. C’est le thème du panel organisé samedi dernier par la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), en présence de professionnels du secteur et de juristes.

Selon le président de l’Association nationale des avocats du Sénégal (AJAS), si les journalistes font partie de ceux qui ont le privilège de la liberté d’expression, ils ne font pas moins face à des obstacles. ‘’Peut-on tout dire ou tout montrer ?’’, s’est interrogé d’emblée Me Ousseynou Ngom dont la communication portait sur ‘’Les limites de la liberté d’expression : recommandations et précautions devant des sujets portant sur la vie privée et des enquêtes judiciaires’’. Me Ngom a fait remarquer qu'‘’il y a les limites imposées par l’éthique mais également la loi’’. Parlant des limites juridiques, le spécialiste a relevé le cas de la diffamation. A ce propos, il a expliqué que dans certains cas, la démonstration de la bonne foi est le seul moyen de défense des journalistes. Or ce moyen, a-t-il ajouté, n’est pas souvent admis par les juges. C’est pourquoi il a exhorté les journalistes à faire preuve de prudence. Surtout que, a insisté le jeune avocat, ‘’la liberté d’expression ne tient que sur un fil’’.

''Aucune couverture''

De l'avis du journaliste et formateur Momar Seyni Ndiaye, ‘’le journalisme est un métier sensible et qui demande beaucoup de protection et les précautions ne sont jamais assez prises''. ‘’Un journaliste, a-t-il déploré, n’a aucune couverture pour la bonne et simple raison que nous n’avons pas a priori de renseignement sur la crédibilité de nos sources’’. Pour lui, ‘’la notion de bonne foi dont on parle, malheureusement, n’est pas une source de protection. La bonne foi, c’est quoi ? Est-ce qu’il y a un baromètre pour la mesurer ? Ce sont des critères difficiles à remplir’’. L’ancien journaliste au quotidien national ''le soleil'' abordait le sous-thème : ‘’Comment concilier l’exercice effectif de la liberté d’expression et le respect de la vie privée : crédibilité des sources d’informations et de protection des sources’’. Il estime qu’au Sénégal, il y a une antinomie entre le devoir d’informer et le respect de la vie privée. Si, a-t-il dit, dans certaines cultures notamment anglo-saxonnes, la notion de vie privée n’est pas séparable de la vie publique, dans d’autres, latino, ce n’est pas le cas. Donc, étant donné que les journalistes sénégalais sont formés par les deux systèmes, cette situation conduit à une confusion de genres et serait à l’origine de nombreux procès contre les journalistes.

Quid des démentis, précisions et autres rectificatifs devenus récurrents ? Jean Meïssa Diop a déploré le fait que leurs auteurs ne respectent pas souvent les normes. ‘’Certains démentis sont plus longs que l’article et ils sont tellement agressifs qu’ils poussent les journalistes à répliquer’’, a fustigé le directeur de publication ‘’GrandPlace’’. Il a déploré aussi ce qu’il appelle ‘’le diktat de Ndlr’’. Réplique apportée par les journalistes face à un démenti.

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