Publié le 30 Sep 2026 - 15:48
MUSIQUE - CONCERT DU 3 OCTOBRE

Kaby King Casa veut faire de la musique un outil de mobilisation

 

À la veille de son grand concert prévu samedi au Stade des Parcelles Assainies, l’artiste casamançais entend mettre sa notoriété au service de sa région et attirer l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontées certaines populations.

 

Pour Kaby King Casa, le concert du 3 octobre ne sera pas qu’un rendez-vous musical. L’artiste casamançais veut profiter de cette scène pour parler de sa région, de ses potentialités, mais aussi des réalités auxquelles restent confrontées certaines communautés.

Lors d’une conférence de presse tenue mardi 29 septembre à la Maison des cultures urbaines de Dakar, le chanteur a présenté les contours de ce grand rendez-vous prévu au Stade des Parcelles Assainies. L’occasion pour lui de préciser une démarche artistique qu’il veut également citoyenne.

De son vrai nom Moustapha Kabirou Diédhiou, Kaby King Casa a commencé sa carrière musicale à Dakar entre 2016 et 2017. Il évolue dans l’Afro Music, la Casa Music et la World Music, avec une place importante accordée à la langue diola. Son répertoire compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de titres. Des morceaux comme « Ndanka Ndanka » et « Dama Ka Beug » lui ont permis de se faire connaître auprès d’un large public. Selon les chiffres présentés lors de la conférence de presse, ses morceaux totalisent plus de 93 millions de vues sur les plateformes numériques.

Son parcours est également marqué par trois distinctions de Meilleur Artiste aux CMA Senegambia et par des récompenses obtenues aux Casamance Music Awards. Mais c’est surtout sur la dimension sociale de son engagement que l’artiste a insisté. « Je ne suis pas là pour juste faire des shows et repartir, mais je suis là pour une cause », a-t-il déclaré. Cette cause, résume-t-il, est de « mettre la lumière sur la Casamance ».

De la scène à l’action

Kaby King Casa évoque notamment les conditions de vie dans certaines zones éloignées des centres urbains. Il cite le cas des femmes de villages comme Syngan et les difficultés d’accès aux soins. Après une première initiative menée avec Kobana, qui avait permis l’obtention d’une ambulance, l’artiste souhaite désormais s’intéresser à la maternité de son village natal.

La démarche ne s’arrête pas à la santé. Le chanteur a également évoqué les questions d’infrastructures, d’emploi et de conditions de vie des populations rurales. Il a notamment cité le pont Émile Badiane, dont il estime l’enjeu important pour la région et au-delà, ainsi que les difficultés rencontrées par les habitants de certaines localités lorsqu’ils doivent se rendre à Ziguinchor pour accéder aux soins.

La jeunesse occupe également une place importante dans son plaidoyer. Kaby King Casa s’interroge sur les perspectives offertes aux jeunes de la région et sur les moyens de créer des activités économiques durables. Il a notamment évoqué le poids du transport à Jakarta et les difficultés de certaines familles rurales à prendre en charge la scolarité de leurs enfants. Pour l’artiste, ces difficultés ne doivent pas seulement être exposées. Elles doivent susciter des réponses et encourager une plus grande implication des populations locales dans le développement de leur territoire.

Faire rayonner la Casamance

Le concert du 3 octobre s’inscrit ainsi dans une volonté plus large de valoriser la Casamance. Kaby King Casa entend mettre en avant ses cultures, ses talents, mais aussi son potentiel économique et les femmes et les hommes qui la font vivre. La scène du Stade des Parcelles Assainies sera donc, pour lui, à la fois un espace de spectacle et une tribune. L’artiste veut montrer que la musique peut servir de point de départ à une mobilisation autour de préoccupations concrètes.

« On compte pas s’arrêter là », assure-t-il. Le concert apparaît ainsi comme une étape dans une démarche que Kaby King Casa souhaite inscrire dans la durée. Pour lui, faire rayonner la Casamance ne consiste pas seulement à promouvoir sa musique. Il s’agit aussi de donner de la visibilité aux territoires et aux populations qu’il estime insuffisamment entendues. Samedi, les projecteurs seront braqués sur la scène. Mais derrière le spectacle, l’artiste entend faire passer un autre message : la culture peut aussi être un moyen de parler des réalités d’un territoire et de mobiliser autour de son développement.

Fatou Ba

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