Publié le 13 Apr 2018 - 01:14
PARRAINAGE

Le oui mais… de Y en a marre

 

Ils étaient attendus sur cette question. Les jeunes du mouvement Y en a marre se sont prononcés hier et ont donné leur position sur le projet N°12/2018 portant modification du code électoral. Y en a marre veut donner la chance à la médiation, avant d’engager un combat.

 

Le sujet alimente les débats dans les chaumières et le mouvement Y en a marre ne veut pas être en reste. Au moment où les tenants du pouvoir essaient de convaincre du bien-fondé de leur proposition, alors que l’opposition défend le contraire, Y en a marre a une position nuancée. En conférence de presse hier à leur siège, Fadel Barro et ses camarades ont donné leur position sur le parrainage proposé par le Chef de l’Etat Macky Sall, à travers un projet de loi portant modification du code électoral. ‘’Nous appelons l’Etat du Sénégal à suspendre le processus d’adoption de cette loi à polémique, de surseoir à ce projet pour permettre aux différents médiateurs d’amener les parties prenantes au consensus’’, a déclaré Fadel Barro. Ils font notamment référence à la médiation entamée par le défenseur des droits de l’Homme, Alioune Tine. Ils appellent par la même occasion les chefs religieux et toutes les personnes pouvant faire entendre raison à l’Etat de s’impliquer.

Si les médiations échouent et que l’Etat persiste dans sa position, il fera face à ces jeunes. ‘’Le mouvement Y en a marre prend l’opinion à témoin. L’Etat du Sénégal sera responsable, si le pays est déstabilisé. En tout état de cause, Y en a marre sera là et engagera le combat avec toutes les forces vives pour préserver nos acquis démocratiques’’, a prévenu le porte-parole du jour. Ainsi, ils promettent de se battre, comme ils l’ont fait en 2011 face à Abdoulaye Wade. A ceux qui doutent qu’ils puissent y avoir un 23 juin bis, Fadel Barro a répondu. ‘’Personne ne pouvait présager qu’il y aurait un 23 juin au Sénégal. Je pense qu’on ne peut pas présager de l’attitude d’un peuple. Ce n’est pas possible. Seuls les Sénégalais savent ce qu’ils sont capables de faire’’, relativise-t-il. ‘’Pour moi, le 23 juin, c’est le 23 juin. Une autre date sera une autre date. C’est une date importante dans l’histoire du Sénégal. Le peuple a des rendez-vous avec l’histoire. Comment les Sénégalais vont réagir ? Les jours à venir le détermineront’’, tranche-t-il. Quoi qu’il en soit, estime-t-il, ‘’pour l’instant, on n’en est pas encore là’’.

Thiaat, membre du mouvement, se veut plus incisif. Si un rassemblement s’impose, quand la loi sera proposée à l’Assemblée nationale, Y en a marre y sera. L’opposition fait d’ailleurs des appels dans ce sens. Cependant, met en garde Thiaat, manifester devant l’Assemblée n’est pas une lutte politique. C’est un combat de citoyens sénégalais qui défendent leur Constitution.

Par ailleurs, le mouvement se veut précis ; il n’est pas contre le parrainage en tant que tel. ‘’Le souci de rationaliser les candidatures, lors des élections, est partagé par l’ensemble des citoyens sénégalais’’, a indiqué Fadel Barro. Cela aiderait, à l’en croire, à avoir un budget mesuré pour l’organisation des élections. Le parrainage exige une représentativité des candidats à la Présidentielle. Exigence qu’approuve le mouvement contestataire qui voudrait même que les champs soient élargis. Qu’on ne demande pas seulement des signatures d’habitants de sept régions du Sénégal, mais de l’ensemble du pays. ‘’L’idée d’introduire un critère démocratique à la place de l’argent dans la validation des candidatures est aussi à préserver’’, se félicitent-ils.

Le mouvement rejette toute loi électorale non consensuelle

Pourquoi alors rejette-t-il cette loi ? Ce sur quoi ces jeunes ne sont pas d’accord est la manière de faire de l’Etat du Sénégal. ‘’Une loi électorale non consensuelle : non’’, s’exclament-ils. Car, considèrent-ils, ‘’après les consensus électoraux qui ont amené le pays à vivre deux alternances démocratiques, c’est une régression démocratique de revenir à une modification de la loi électorale sans un accord de toutes les parties prenantes. Cette position de « j’ai ma majorité, je déroule » ne passera pas. Elle risque de jeter le doute sur le processus et annonce des contentieux et des violences pendant et après les élections’’.

BIGUE BOB

Section: 
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État
L'AFFAIRE ASER OCCUPE LE DEVANT DE LA SCÈNE Du livre de Bachir Fofana à la conférence de Thierno Alassane Sall
ASSEMBLEE GÉNÉRALE PS DEMAIN : L’Union régionale de Dakar dénonce des appels à la violence
Alain Diouf remplace Aminou Lo…
Pastef-Les Patriotes
RÉINTÉGRATION D’OUSMANE SONKO : La compétence du Conseil constitutionnel à l’épreuve
DAKAR ARENA : Ousmane Sonko scelle sa rupture avec Diomaye Faye