Le gouvernement bloque les véhicules de la Primature

Le gouvernement a bloqué les véhicules commandés sur les fonds politiques de la Primature sous Ousmane Sonko. En cause : plusieurs interrogations, dont la présence d'une voiture de luxe dans la commande et l'épuisement quasi total de l'enveloppe annuelle de 1,77 milliard de FCFA, dont moins de 100 millions auraient été disponibles au départ du Premier ministre.
Une situation qui interroge d'autant plus que, par plusieurs actes de gouvernement, Ousmane Sonko avait lui-même gelé ou encadré les acquisitions de véhicules administratifs et la commande publique automobile.
Pourquoi, dès lors, un tel empressement à vider les comptes de la Primature avant son départ ?
Interrogé le 16 août dans un entretien spécial diffusé par Walf TV, Sud FM, Xalaat TV et le groupe Solo Media, le président de l'Assemblée nationale a lui-même mis en avant ces acquisitions pour expliquer l'usage des fonds : c'est l'achat de véhicules qui rendrait compte de l'essentiel des décaissements opérés sur l'enveloppe. Il s'est présenté comme le seul Premier ministre en mesure de justifier chaque centime dépensé, a indiqué avoir donné instruction à son DAGE qu'aucun décaissement ne soit effectué en espèces, et a affirmé n'avoir jamais perçu personnellement un franc de ces ressources. Il a rattaché ces crédits à un décret pris en 2004 sous la présidence d'Abdoulaye Wade et cité le Programme de gestion de la paix en Casamance.
L'existence de l'enveloppe avait été révélée par Ousmane Sonko lui-même le 22 mai 2026 devant les députés, quelques heures avant la fin de ses fonctions. Fin juillet, le ministre du Pétrole et de l'Énergie, Abdourahmane Diouf, affirmait qu'il avait sollicité une rallonge après épuisement de son enveloppe annuelle.
Les actes de gouvernement rappelés plus haut sont, eux, établis. En février 2025, devant le patronat et les centrales syndicales réunis en tripartite, Ousmane Sonko déclarait avoir refusé l'achat de trente véhicules destinés à la Primature, privilégiant la réparation du parc existant au nom de la réduction du train de vie de l'État.
Une circulaire du 25 septembre 2025 mettait par ailleurs fin au cumul entre dotation en carburant et indemnité forfaitaire globale, sur le fondement du décret n° 2021-03 du 6 janvier 2021 et de la Directive présidentielle n°3 issue du rapport n°37/2024 de l'Inspection générale d'État.
Le dossier s'inscrit dans un bras de fer institutionnel : le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a saisi le Conseil constitutionnel le 14 août au sujet de la proposition de loi encadrant les fonds spéciaux, entraînant la suspension de la plénière prévue le 19 août.






