Les révélations du leader du Pastef

Le président du Pastef a fait face à 4 organes de la presse, hier. L'occasion pour lui de revenir sur plusieurs questions dont celles des fonds spéciaux et de la hausse des prix du carburant.
« Depuis que je suis sorti du gouvernement, ils étaient en train de voir comment faire augmenter les prix. Seulement, ils voulaient au préalable préparer les Sénégalais. » Cette précision est du président du Pastef. Ousmane Sonko faisait face hier à 4 organes de la presse du Sénégal. D'après lui, ce n'est pas exclu que d'autres produits connaissent cette hausse.
Selon le président de l'Assemblée nationale, lors de son dernier face-à-face avec le chef de l'État avant sa sortie du gouvernement, comme s'il avait pressenti ce qui se passe actuellement, il avait demandé si les prix des produits de consommation allaient connaître une hausse et Bassirou Diomaye Faye, selon Sonko, lui avait répondu non. « Je lui avais également demandé s'il allait accepter la restructuration. Il a dit non. On dirait que ce n'est pas le cas car ce que je vois ressemble plus à un plan structurel. Si mes instructions avaient été prises en compte, on n'allait jamais avoir une hausse des prix, malgré la crise qui secoue le monde. Au contraire, on pouvait même les diminuer. Et vraiment c'est ce qu'on attend d'un gouvernement, surtout du Sénégal. Quand on dirige on doit endosser certaines charges pour épargner les Sénégalais. Ce qui n'est pas le cas », indique le chef du Parlement. Qui croit dur comme fer que ce que les Sénégalais sont en train de vivre actuellement et qui est en cours, ce sont des ajustements structurels.
« Maintenant, si des mesures ont été imposées au gouvernement, il faut toujours savoir que les ajustements et la restructuration ne se doivent pas se faire au détriment des Sénégalais », ajoute-t-il.
« Mimi avait créé trois comptes sur lesquels 2 milliards 136 millions de FCFA ont été virés »
La question des fonds politiques communément appelés « caisses noires » et qui font les choux gras de la presse a aussi été au cœur des débats. « Sur cette question, ma sortie a été malheureusement détournée. Ils m'ont fait dire des choses que je n'ai pas dites. En effet, j'avais soutenu que si c'est pour confier ça à une personne et sans aucun contrôle et qu'elle peut même le brûler, c'est haram », a-t-il rappelé. Avant d'ajouter que : « Ces fonds existent bel et bien, mais ils doivent aller dans des dépenses effectuées dans l'urgence et la discrétion totale. Il faut reconnaître que dans chaque pays, il y a des secteurs très sensibles, comme le renseignement et l'espionnage, qu'on doit gérer dans l'urgence et dans la totale discrétion pour des raisons que vous connaissez ».
Pour l'ancien Premier ministre, il avait clairement mentionné cette question dans son programme Jotna de 2019, repris dans celui du président Diomaye en 2024. En quelque sorte, c'est la vision du Pastef, a-t-il ajouté. « Au Sénégal, il y a les fonds spéciaux, fonds politiques et fonds sociaux. Il n'existe que ces 3 sortes de fonds. Mais pour qu'ils existent il faut un texte qui les prévoit. S'il n'y a pas de texte, il ne peut exister. C'est ce qui a été à l'origine des problèmes au CESE (Conseil économique social et environnemental). La présidente (Mimi Touré) est venue et il n'y a pas de texte qui encadre lesdits fonds et elle a créé ses propres fonds. C'est la raison pour laquelle, quand la Cour des comptes est venue pour fouiller le CESE, elle a été épinglée. En effet, elle avait créé trois comptes sur lesquels 2 milliards 136 millions de FCFA ont été virés en parfaite irrégularité. J'avais transmis le dossier et cela n'avait pas plu à tout le monde », déclare Ousmane Sonko.
CHEIKH THIAM






