Publié le 3 Mar 2014 - 05:37
POLICE

Vers la réhabilitation du commissaire Abdoulaye Niang

 

Le juge du deuxième cabinet d’instruction et le procureur Bassirou Guèye sont formels : le commissaire divisionnaire Abdoulaye Niang, terreur des trafiquants de drogue pendant plus d’une décennie, ne saurait être poursuivi pour les accusations qui lui ont valu d’être défenestré de son poste de Directeur général de la police nationale en mai 2013.

C’est l’épilogue d’une mauvaise affaire qui a secoué la police nationale courant 2013 quand, son collègue, le divisionnaire Cheikhna Keïta (finalement radié en octobre 2013), son remplaçant à la tête de l’Office centre de répression du trafic illicite de stupéfiants, le fameux Ocrtis, avait glacé d’effroi l’opinion en l’accusant d’être de connivence avec des narcotrafiquants. L’image de la police s’en était trouvée écornée.

Le commissaire Cheikhna Keïta, comme « EnQuête » l’a raconté à longueur de colonnes, quelques semaines après la nomination du commissaire Niang, avait accusé son nouveau patron de connivence avec des barons de la drogue, en particulier des Nigérians qui faisaient la pluie et le beau temps au Sénégal « sans être inquiétés ».

Le dossier avait ému au plus niveau de l’Etat, et comme pour le divisionnaire Codé Mbengue, patron de la police jusqu’en mai 2013, emporté la fameuse escapade du coordonnateur général du Pds en Mauritanie alors qu’il est interdit de sortie du territoire national. Abdoulaye Niang, placide policer en ville mais redoutable traqueur de « narcos » devait prendre son mal en patience et organiser de manière discrète sa défense, surtout pour sa réputation. Maintenant, la question de sa réhabilitation se pose avec d’autant plus de pertinence que les magistrats estiment que « rien de sale » n’a pu être relevé contre lui.

Le milieu des hauts gradés de la police est complexe. Quand le scandale a éclaté, « on » a demandé au divisionnaire Abdoulaye Niang de prouver que ses accusateurs avaient tort. C’est dans ces conditions que la divisionnaire, Mme Anna Sémou Faye a été installée à la tête de la Direction générale de la police nationale. Beaucoup pensaient, au sein de la police, que c’était un intérimaire qui devait chauffer la place en attendant de tirer l’affaire au clair car son prédécesseur était « bien à sa place ».

Surtout que ça grogne grave dans les commissariats depuis quelque temps. La nouvelle baronne n’est pas aimée. Si elle est réputée « bonne flic » qui a eu à faire ses preuves un peu partout, son management des hommes et femmes de la police pose problème pour beaucoup. Selon nos sources, « c’est elle-même qui devrait porter le combat pour la réhabilitation de son prédécesseur ». Reste le combat judiciaire car accuser un haut fonctionnaire de la police de trafic de drogue sans en apporter des preuves tangibles, et que le parquet et l’instruction disent qu’il n’en est rien, ne saurait rester sans conséquences.

Anna Sémou doit surveiller ses arrières

Le bonheur des uns faisant souvent le malheur des autres, c’est le divisionnaire Anna Sémou Faye qui est sur la corde. On ne sait pas trop de quoi retournent toutes les affaires qu’on lui attribue mais beaucoup de bruits remontent en surface, relatifs même à des services étrangers. On évoque une affaire avec des ramifications sri-lankaises, sans qu’EnQuête ne soit en mesure de vérifier l’exactitude des attaques.

En tout cas, c’est  déjà sur la grande place de la pieuvre des Renseignements où tout s’échange. Tout bon flic qu’elle soit, même si ses qualités de manager  sont discutées, Anna Sémou Faye est sur beaucoup de langues…

 

 

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