Publié le 9 Sep 2014 - 15:36
PROCÈS KARIM WADE ET COÏNCULPÉS

Mbaye Ndiaye nie en bloc

 

L’instruction d’audience dans le procès de Karim Wade s’est poursuivie hier, avec l’interrogatoire de Mbaye Ndiaye. L’ancien directeur général des Aéroports du Sénégal (ADS) a clamé son innocence tout en disculpant le fils de l’ex-président Wade.

 

Si depuis le début de l’instruction d’audience, elle a buté sur les silences de Karim Wade et Pape Mamadou Pouye, la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) s’est heurtée hier aux dénégations systématiques de Mbaye Ndiaye. L’ancien directeur général de l’Agence des aéroports du Sénégal (ADS) a contesté sans arrêt les faits de complicité d’enrichissement illicite qui lui sont reprochés. ‘’Je ne reconnais pas les faits. Je ne sais pas comment j’aidais Karim Wade’’, a répondu le prévenu après la notification de la prévention par le président Henry Grégoire Diop.   

Il est reproché à Mbaye Ndiaye d’avoir versé à Daport la somme globale de 2 milliards 612 millions 348 mille francs Cfa, entre 2009 et 2012. Mais aussi d’avoir fait un «emprunt» d’un milliard de francs et un «virement» de 440 millions entre les deux tours de la Présidentielle de 2012 pour financer la campagne de l’ex-président Wade.

D’après l’accusation, ces divers montants ont été versés à Daport, une société partenaire des ADS et dont les frères Bourgi et Pape Mamadou Pouye en seraient les bénéficiaires économiques. Autant d’accusations que le prévenu a niées une à une.

D’abord sur la convention liant les ADS à Daport, Mbaye Ndiaye a rappelé qu’elle a été signée par Habib Sy, prédécesseur de Karim Wade au ministère des Transports. Il a ajouté qu’au moment de la signature, il ignorait que Daport était logé au cabinet de la notaire Me Tamarro Seydi et non à Mouhamed V. Pour finir, il a déclaré qu’il ignorait également que les frères Bourgi ainsi que Pouye, accusés de servir de prête-nom à Karim Wade, étaient des bénéficiaires économiques à 90%.

2 milliards à Daport

A propos des 2 milliards versés à Daport sur la base d’un partenariat signé avec l’Etat du Sénégal, il a expliqué que l’argent a été décaissé sur la base de prestations réelles et non fictives. Ainsi il s’est inscrit en faux contre les allégations de certains témoins qui ont soutenu à l’enquête que Daport n’a rien apporté à l’ADS. «Avant, nous étions au niveau D dans le classement des aéroports.

Grâce à Daport nous sommes au niveau C en attente de progression vers B», a déclaré Mbaye Ndiaye tout en précisant que Daport a contribué à la conception d’un système de sécurité SMS, à la mise en place d’un poste de coordination intégré, à l’accompagnement professionnel dans le cadre de la prévention… Sur sa lancée, il a demandé que certains agents soient entendus comme témoins pour certifier les prestations de Daport. Dans cette lancée, Mbaye Ndiaye a indiqué que ses relations avec Karim Wade étaient purement professionnelles et qu’il a été nommé par Farba Senghor et par son co-prévenu.

Par rapport à la convention d’un prêt de 1 milliard, il a déclaré : ‘’je n’ai pas signé de convention ni d’ordre de virement. Je n’étais pas au courant de cette convention de prêt qui n’engage pas les ADS car l’Agent comptable Boubacar Konaté n’a pas le droit ni la prérogative de signer une convention à mon nom’’. Le prévenu a ajouté pour sa défense avoir été informé de ladite convention deux jours avant la passation de service avec son remplaçant en mars 2012. A l’en croire, le comptable a avoué son forfait devant son remplaçant qui aurait promis de témoigner en sa faveur.

Quant au montant des 440 millions, l’ex-DG a reconnu avoir reçu une correspondance datée du 8 février 2012 de Karim Wade lui demandant de procéder au plus tard le 06 du mois de mars 2012 au paiement de 445 millions de la société Daport’’. Toutefois, ledit montant n’a jamais été décaissé et il n’a versé aucun centime pour financer la campagne électorale de Me Wade en 2012, a-t-il indiqué.

FATOU SY

 

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