Publié le 17 Mar 2015 - 08:07
RDC

Réactions après l’arrestation de plusieurs activistes africains

 

En République démocratique du Congo, l’arrestation dimanche 15 mars de militants pro-démocratie continue de faire réagir. Venus du Sénégal et du Burkina, à l'invitation de la société civile congolaise, les leaders des mouvements Balai citoyen et Y’en a marre sont accusés par les autorités de vouloir déstabiliser le pays.

 

Dimanche soir, à l’issue d’une conférence de presse, des militants pro-démocratie ainsi que plusieurs personnes présentes dans la salle ont été interpellés dans le quartier de Masina, banlieue de Kinshasa. Avec eux, un diplomate américain, qui travaille sur les questions de démocratie à l'USAID, ainsi que des journalistes des médias, BBC, AFP et RTBF ont aussi été arrêtés.

Le ministre Lambert Mende explique ces arrestations en évoquant des problèmes liés aux conditions de leurs entrées sur le territoire : « La police estime avoir des raisons de croire qu’il y a une manœuvre de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat derrière cette activité de personnes qui se réclament de Y'en a marre et du Balai du Burkina Faso, dans la mesure où le voyage a été entaché de pas mal d’irrégularités, d’une sorte de manipulation même de nos services d’immigration. Donc, ils ont été plus ou moins sous surveillance et on est tombé sur des choses que la police se réserve de mettre à la disposition de la justice ».

Le porte-parole du gouvernement évoque sans donner de détails des méthodes d'insurrection transmises par les Burkinabè et les Sénégalais aux jeunes Congolais : « D’organiser des bandes de jeunes pour leur demander de faire mieux que le 19 et 21 janvier où nous avons perdu 27 personnes, comme si c’était quelque chose dont il faut se vanter, de faire comme au Burkina. Nous n’avons pas l’intention de voir notre palais du Peuple être incendié. Au Burkina, que les Burkinabè s’expriment. Ils sont Sénégalais, c’est bien qu’ils s’expriment au Sénégal. Mais venir faire de la politique en RDC, ça vraiment c’est interdit par notre législation et nous ne pouvons pas accepter qu’ils viennent intoxiquer nos jeunes », estime Lambert Mende.

Les organisateurs démentent formellement ces allégations et affirment avoir insisté sur le fait que la violence n'était pas une solution, y compris lors de leur prise de parole au cours de la conférence de presse, juste avant leur arrestation. Aujourd'hui, ils s'inquiètent pour leurs collègues congolais ou étrangers détenus. Ils assurent ne pas savoir où ils se trouvent et qu'aucun n'aurait eu jusqu'ici accès à un avocat.

Plus de mobilisation si pas de libération

Au Sénégal, comme au Burkina, on se dit choqué par l'attitude du gouvernement congolais envers des personnalités invitées dans leurs pays et on appelle à leur libération immédiate. « Plus longtemps ils retiendront nos camarades, plus il y aura d’actions allant dans le sens de leur libération, mais surtout aussi allant dans le sens de la dénonciation de cette mafia politique qui a pour but simplement de préserver des intérêts individuels », promet le Burkinabè Smockey, l'un des fondateurs du Balai citoyen.

Choquée également, l'organisation de jeunes activistes de Goma, la Lucha, après l'arrestation de l'une des figures de leur mouvement Fred Ba-uma. Ces jeunes Congolais assurent n'avoir plus peur de la prison et qu'ils continueront malgré tout à œuvrer pour la démocratie. Eux aussi promettent de se mobiliser si tous les activistes ne sont pas libérés.

Seule réaction au sein de la communauté internationale jusqu'à présent, celle de l'ambassade des Etats-Unis. Elle confirme l'arrestation puis la libération du responsable du programme sur la démocratie de la coopération américain USAID au Congo. « Ces groupes de jeunes bien connus, non partisans, de même que les organisateurs congolais, visaient à promouvoir la participation des jeunes congolais au processus électoral », peut-on ainsi lire sur la page Facebook de l'ambassade. Les Etats-Unis déclarent même avoir financé ces rencontres entre jeunes activistes congolais et africains et rappellent que les autorités étaient invitées à y participer.

(Rfi.fr)

 

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