Publié le 27 Jan 2015 - 18:47
REOUVERTURE DES FRONTIERES

 Le peuple guinéen jubile !

 

La réouverture par le Sénégal de ses frontières terrestres avec la Guinée, ce mardi, va certainement marquer un nouveau tournant dans les relations entre les deux pays. Elle fait suite à une recommandation de la CDEAO qui avait exhorté tous les pays à ouvrir leurs frontières malgré la présence de l’épidémie Ebola.

 

L’annonce de la réouverture des frontières terrestres entre le Sénégal et la Guinée a été accueillie par des salves d’applaudissements en Guinée. L’Agence France Presse (Afp) rapporte que ‘’des explosions de joie avec notamment des applaudissements, des cris et des klaxons de voitures’’ ont été au rendez-vous dans la journée d’hier. Le  peuple guinéen a exulté à l’honneur de la reprise du trafic routier entre les deux pays, ce mardi 27 janvier, laquelle est consécutive à la décision de l’Etat sénégalais de rouvrir ses frontières après un feuilleton assez chargé.

Le Sénégal applique ainsi une  directive de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CDEAO) qui demandait aux pays membres de témoigner ainsi leur solidarité et soutien aux pays frappés par l’épidémie Ebola. C’était lors d’un sommet tenu à Accra, au Ghana.

Mais le Sénégal a pris l’option d’attendre le moment opportun, comme l’avait annoncé en premier le chef de l’Etat Macky Sall, devant ses pairs à Accra, conforté par la suite par la ministre de la Santé, Mme Awa Marie Coll Seck. Il a tenu à renforcer d’abord son dispositif d’alerte avant de s’engager dans cette dynamique. Une mesure qui fait suite aux assurances du président guinéen Alpha Condé quant au contrôle de la situation dans son pays.

D’ailleurs, le Sénégal avait jugé utile de rouvrir, au préalable, ses frontières aériennes et terrestres avec la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.  En effet, face à une situation jugée incontrôlable, le Sénégal  s’était barricadé au mois de mars dès l’apparition du virus en Guinée. Ensuite il avait manifesté son intransigeance au mois d’août dernier quand un Guinéen porteur de virus s’était introduit au Sénégal, suscitant des craintes. Pour plus de sécurité, le Sénégal ferme ses frontières avec la Guinée, le 21 août dernier.

Sitôt guéri, le jeune Guinéen sera ramené chez lui en Guinée le 10 septembre 2014. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce, un mois plus tard, la fin de l’épidémie au Sénégal. Mais les relations entre les deux pays ne sont plus au beau fixe. Le président guinéen a du mal à avaler cette pilule et s’attaque ouvertement à son homologue sénégalais qui n’aurait pas témoigné sa solidarité à son peuple.

Une évolution  positive enregistrée dans la lutte contre l’épidémie de la fièvre Ebola en Guinée a poussé le gouvernement sénégalais à revoir sa copie. Du coup, les trafics routiers suspendus, depuis le mois de mars, suite à l’apparition de la fièvre hémorragique, vont reprendre de plus belle.

C’est dire que l’annonce faite hier par le ministre sénégalais de l’Intérieur a mis du baume dans les cœurs. Le communiqué de presse a été fortement relayé dans la sous région. L’Etat vient ainsi de lever des barrières en soulignant par la voix du ministre Abdoulaye Daouda Diallo que‘’ les personnes et les biens peuvent librement circuler par voie terrestre entre les deux pays, conformément aux normes qui régissent l'espace CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest)’’.

''Les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité veilleront à la mise en œuvre de la présente décision’’ Il a tenu à rappeler que ''cette décision d'ouverture fait suite aux rencontres entre autorités sénégalaises et guinéennes, lors desquelles les efforts importants, fournis par la République sœur de Guinée pour faire face à la maladie à virus Ebola, ont pu être constatés’’. Il s’y ajoute, précise le ministre Abdoulaye Daouda Diallo, que  cette décision  ‘’tient également compte des préoccupations sécuritaires, raison pour laquelle un dispositif sera mis en place, au niveau des points de passage de la frontière, pour combattre les risques de propagation de la maladie’’.

Matel BOCOUM

 

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