Publié le 5 May 2021 - 18:39
SECURITE A DIOURBEL

La criminalité a augmenté en 2020  

 

La Revue annuelle conjointe (RAC) pour le suivi des politiques économiques et sociales tenue à la gouvernance de Diourbel, a montré l’augmentation du taux de la criminalité et les impacts de la Covid-19 sur l’économie régionale.

 
 “Mille deux cent quatre-vingt-et-un (1 281) délits contre 864 en 2019. Le nombre de crimes a augmenté. Alors qu’il était de 28 crimes en 2019, il se chiffre à 41 crimes en 2020”, révèle Lamine Camara, le chef du Service régional de la planification qui a présenté le rapport de la Revue annuelle conjointe pour le suivi des politiques économiques et sociales de la région de Diourbel. La rencontre a permis de savoir que la région de Diourbel est loin des normes onusiennes, en nombre de magistrats. Alors que le ratio est de 10 magistrats pour 100 000 personnes, à Diourbel, on a dénombré 4 magistrats pour 100 000 personnes, en 2020. Un léger mieux par rapport à 2019, où il y avait 3 magistrats pour 100 000 personnes.
 
Au même moment, la quantité de drogue saisie est passée de 73,411 kg en 2020, contre 72,375 kg en 2019. En ce qui concerne les accidents de la circulation, le rapporteur a dénombré 1 572 à Touba et 1 475 à Diourbel. La population carcérale se chiffrait à 1 787, en 2019. En 2020, elle a chuté pour s’établir à 1 681 détenus. Concernant leur prise en charge, le rapport révèle les efforts faits par l’Etat. Pour ce qui est des détentions préventives, un léger mieux a été noté. La durée moyenne est passée de 11 mois en 2019 à 8 mois en 2020.
 
Enrôlement CMU : Les populations traînent le pas
 
Cette rencontre présidée par l’adjoint au gouverneur chargé des Affaires administratives aura permis de savoir que le taux de pénétration de la couverture maladie universelle est passé de 35,56 à 58,3 % en 2020, soit une augmentation de 22,7 % par rapport à 2019. Par contre, le taux de couverture est passé de 21,33 % en 2019 à 28,02 % 2020, soit une augmentation de 6,69 %. Les contraintes et difficultés notées, à ce niveau, sont le faible niveau d’enrôlement des élèves, la faible implication des élus locaux, le manque de professionnalisme dans la gestion des mutuelles de santé, le retard dans l’octroi des subventions ciblées aux mutuelles de santé, le retard dans l’enrôlement des Ndongo-Daara, entre autres.
 
S’agissant des bourses de sécurité familiale, 21 087 ménages vulnérables en ont bénéficié. Pour ce qui est de la carte d’égalité des chances, 2 035 détenteurs sont dénombrés. Ils bénéficient de la bourse de sécurité familiale. La contrainte majeure notée, à ce niveau, est la perturbation des paiements causée par les ruptures de fonds et la suspension, à un moment donné, des séances de sensibilisation à cause de la Covid-19.
 
Pour la carte d’égalité des chances (CEC), la lenteur dans l’impression des CEC (553 cartes imprimées sur 864 dossiers), à cause de la réduction des financements, a été une contrainte majeure notée en 2020.
 
Pour le secteur de l’agriculture, les productions agricoles ont augmenté de manière drastique, entre 2019 et 2020. Ces performances sont dues, d’une part, à une bonne pluviométrie et, d’autre part, à l’augmentation de la dotation de l’Etat (engrais, semences et matériel agricole). Les contraintes ont été les difficultés d’accès aux crédits agricoles, aux semences certifiées et aux moyens logistiques. Il y a aussi la non-maitrise de l’eau et la mauvaise qualité de l’eau pour le maraichage.
 
En matière de solution, il a été préconisé de renforcer le programme de reconstitution du capital semencier et de poursuivre les investissements ; de favoriser et de développer l’agriculture de contre-saison (horticulture) grâce à la maitrise de l’eau. Ce secteur de l’agriculture a été beaucoup impacté par la Covid-19, avec le ralentissement dans le déroulement des activités des projets (le Provale-CV en est l’exemple patent). Ce projet devait démarrer ses activités depuis l’année dernière, mais jusqu’à présent, aucune activité n’est encore entamée.
 
Dans le secteur de l’élevage, qui est le deuxième sous-secteur le plus dynamique de la région, la production de viande et d’abats a diminué de 442 tonnes, entre 2019 et 2020, soit une baisse de 14,2 % en valeur relative. L’augmentation de la production de lait est imputable aux efforts fournis dans le suivi conséquent de la filière laitière, avec le renforcement des vaches et du système d’exploitation semi-intensif. Malgré cela, on a noté des lenteurs dans la réalisation des parcs de vaccination, un manque de magasins de stockage d’aliments de bétail, des ruptures et un déficit de vaccins…
 
En clôturant la rencontre, l’adjoint au gouverneur a beaucoup insisté sur la nécessité de “mécaniser davantage l’agriculture, mais aussi de mieux organiser le tourisme, en insistant sur le tourisme culturel et religieux”. Concernant le commerce, il a souhaité l’accélération du Programme de modernisation des marchés, parce que, dit-il, “l’informel ne garantit pas la performance”.
 
Boucar Aliou Diallo
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