Publié le 15 Jan 2019 - 10:18
SITUATION PREELECTORALE AU SENEGAL

La mission d’observation de l’Eglise compare 2019 à 2012 

 

La situation préélectorale qui prévalait en 2012 est la même que celle qui règne présentement au Sénégal. Le constat est de l’équipe de la Coordination nationale de la mission d’observation électorale de l’Eglise du Sénégal pour la présidentielle du 24 février prochain. Celle-ci a tenu sa première rencontre préparatoire, hier à Dakar, d’après le site ‘’fidespost’’.

Selon le secrétaire exécutif de la Commission épiscopale Justice et Paix, abbé Alphonse Seck, rien n’a presque changé depuis 7 ans. ‘’Avant de conduire la mission d’observation de l’Eglise à la présidentielle de 2012, nous avions procédé à une analyse du contexte préélectoral. Aujourd’hui, 7 ans après, le constat est le même. On observe que le processus électoral traverse les mêmes difficultés’’, a déploré abbé Alphonse Seck dans une analyse comparée du contexte électoral de 2012 à celui de 2019. Aussi, le religieux a-t-il rappelé qu’en 2012, le processus électoral était plombé par des doutes sur la fiabilité du fichier électoral, l’absence de dialogue entre les acteurs politiques, des modifications incessantes de la Constitution à des fins ‘’politiciennes’’, avec notamment le changement des règles du jeu électoral qui a abouti aux événements du 23 juin 2011.

Le prêtre cite, également, la validation de la candidature du président de la République, la désignation jugée unilatérale des organisateurs et des arbitres de l’élection supposés travailler à un ‘’hold-up’’ électoral, la volonté prêtée au pouvoir d’endiguer une inscription massive des jeunes sur les listes électorales, des décisions de redécoupage administratif jugées comme ayant pour but de ‘’neutraliser’’ des bastions électoraux considérés favorables à l’opposition et les risques élevés de violence électorale (avec plus d’une dizaine de morts).

Fort de ces griefs, l’abbé Alphonse Seck soutient pour s’en désoler : ‘’Sept ans après, le processus électoral de la présidentielle du 24 février prochain fait face aux mêmes difficultés.’’ La phase préparatoire à l’élection présidentielle est toujours marquée, relève-t-il, par des doutes et des contestations sur la fiabilité et la disponibilité du fichier électoral, l’absence de dialogue entre les acteurs politiques, la modification de la loi électorale avec l’introduction du parrainage sans aucune concertation, ni consensus. Les autres points d’achoppement cités par le responsable de l’église concerne la suspicion sur les organes de gestion des élections Cnra – Cena -  Conseil constitutionnel - Cour d’appel, le problème de la disponibilité des cartes électorales, surtout pour les jeunes, la modification en cours de la carte électorale, le manque de confiance entre la justice, les citoyens et les acteurs politiques, le traitement des dossiers judiciaires de candidats déclarés et par les risques élevés de violence électorale.

Outre ces points de dissension liés au processus électoral, le coordinateur de la mission d’observation de l’Eglise du Sénégal pour la présidentielle du 24 février 2019 a laissé entendre que, sur le plan de la démocratie et de l’Etat de droit, ‘’nous n’avons pas avancé’’. ‘’Il y a donc des efforts à faire, si on veut aller de l’avant’’, a conclu l’abbé.

 

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