Publié le 30 Jan 2019 - 00:51
SOUTIEN AU PRESIDENT MACKY SALL

Aïssata Tall Sall cède aux ‘’pressions maraboutiques’’

 

Après moult tergiversations depuis les Législatives de 2017, le leader de ‘’Osez l’avenir’’, Me Aïssata Tall Sall a fini par rejoindre le camp présidentiel hier. Pour soutenir la candidature du président Macky Sall à la présidentielle de 2019.

 

Aïssata Tall Sall tourne casaque. La présidente du mouvement ‘’Osez l’avenir’’ a rallié la mouvance présidentielle hier après avoir pris ses distances avec l’opposition depuis le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle du 24 février à l’étape du parrainage. Après concertation avec les membres de son mouvement, elle a finalement pris la décision de soutenir la candidature du président Macky Sall à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Une décision qu’elle dit prendre avec lucidité. ‘’Mes décisions politiques, je les assume pleinement et personne ne me les dicte’’, lance-t-elle d’emblée au sortir d’une Assemblée générale tenue hier à Dakar et constituée de partis coalisés, d’associations, de représentants des départements et de cadres de sa coalition.

Selon Me Aïssata Tall Sall, c’est en toute démocratie et en toute transparence qu’elle et tous les démembrements de la coalition qu’elle dirige ont pris cette décision. ‘’Nous avons écouté les 45 délégués des départements du Sénégal, ainsi que ceux de la diaspora. A l’issue des échanges, nous avons décidé unanimement de soutenir le candidat Macky Sall’’, déclare-t-elle.

L’ancienne Secrétaire nationale à la communication, porte-parole du Parti socialiste affirme endosser l’entière responsabilité de ce choix politique sans se retrancher derrière sa base, comme c’est souvent le cas pour beaucoup de leaders politiques. ‘’Ma base a décidé, mais moi aussi j’ai pris une décision. Après mûre analyse de la situation politique, mon choix s’est porté sur le président Macky Sall et il s’est avéré que ma position et celle de ma base sont aujourd’hui en parfaite adéquation’’ a-t-elle tranché. Celle qui, hier seulement, accusait le régime en place d’atteinte à la démocratie, balaie du revers de la main toutes les rumeurs de pressions religieuses ou étatiques qui auraient pu influencer sa décision.

Cette décision, selon elle, résulte de plusieurs rencontres entre la coalition ‘’Osez l’avenir’’ et les trois candidats à l’élection présidentielle que sont Idrissa Seck, Ousmane Sonko et Macky Sall. Mais de toutes les offres politiques qui lui ont soumises, celle du président Macky Sall converge plus avec sa vision.

 La mairesse de Podor souligne ainsi que l’agriculture, le volet social, la lutte contre la pauvreté et la culture, sont des points essentiels du Plan Sénégal émergent. Une vision aussi présente dans sa coalition qui prône la société du progrès. Ainsi, vu les points de convergence dans les domaines précités, l’ex-candidate recalée  à la présidentielle à l’étape du parrainage entend enrichir le PSE de la vision de sa coalition. De son avis, le seul avantage de ce soutien politique est celui de servir le Sénégal.

 L’Assemblée générale par la voix de son porte-parole du jour, Bocar Kane affirme avoir analysé tous les tenants et aboutissants, les avantages tout comme les inconvénients émanant d’une telle décision.

‘’Je n’ai pas transhumé…’’

Pour Madame Sall, il n’est point question de transhumance dans ce cas de figure, puisqu’elle ne rejoint pas l’APR. Sa coalition compte garder son identité. Selon elle, c’est la définition même de ce mot qu’il faut revoir. ‘’La transhumance a fait irruption dans la scène politique du Sénégal en 2000 lorsque ceux-là qui étaient avec nous (Parti socialiste) sont allés rejoindre le pouvoir. Alors je vous pose la question, quelle est le parti qui est au pouvoir et que nous avons rejoint ? Aucun. De plus, Macky termine sa gestion, il ne commence pas et nous prenons le risque de soutenir ce candidat. C’est au peuple sénégalais de décider de sa réélection’’, explique-t-elle. Evoquant son avenir politique, Aïssata Tall Sall de réaffirmer son hégémonie à Podor. ‘’Celui qui va m’enterrer en politique n’est pas encore né’’, lâche-t-elle fièrement. Non sans souligner qu’elle a encore des restes et une représentativité à faire valoir dans le landerneau politique sénégalais.

‘’Je n’ai pas trahi le C25’’

Si son ralliement est perçu comme une trahison dans certaines franges de l’opposition, Aïssata Tall Sall soutient le contraire. Selon elle, jamais elle n’a trahi qui que ce soit. ‘’Je n’ai pas trahi le C25. Je faisais partie du C25 parce que j’étais un candidat recalé et dans ce cadre-là, je n’ai soutenu personne’’, précise-t-il. Mieux, elle relève qu’en politique, les choix se font selon les réalités du moment.

Exclue du Parti socialiste à la suite d’une fronde dirigée par Khalifa Ababacar Sall contre la ligne du parti et contre son alliance avec l’APR dans le cadre de la coalition Benno bokk yaakaar, Aïssata Tall Sall soutient pourtant entretenir toujours des relations fraternelles avec Ousmane Tanor Dieng. ‘’Nous étions opposés parce qu’il voulait dès le départ, une alliance avec le parti présidentiel. Une chose que je refusais parce que je souhaitais voir un candidat socialiste. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Khalifa est en prison et moi je ne suis plus candidate’’, tente-t-elle de s’expliquer.

EMMANUELLA MARAME FAYE

 

Section: 
LICENCES DE PÊCHE : Les zones d’ombre de la chaîne décisionnelle
Commissions d’enquête parlementaire
LICENCES DE PÊCHE : La CEP remonte la chaîne des décisions
ENQUETE PARLEMNATIRE/PATRIMOINE BÂTI DE L’ÉTAT : Baux emphytéotiques, données incomplètes, actifs récupérés : les zones d’ombre d’un patrimoine mal maîtrisé
ENQUÊTES PARLEMENTAIRES : Le Forum Civil veut étendre le contrôle aux véhicules de l’Assemblée et de l’ONRAC
ÉLECTIONS EN GUINÉE-BISSAU : Dakar demande des garanties sur la fin de la transition
“UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR” : La chaîne de passation des marchés sous le microscope
“UN ÉTUDIANT, UN ORDINATEUR” : Radioscopie d’une politique publique
CÉRÉMONIES DE PASSATION DE SERVICE : La Primature exige la « sobriété la plus stricte »
AFFAIRE SOFTCARE : L’Assemblée nationale pointe les failles du contrôle sanitaire
DR THIERNO S. LY, DG PETROSEN : “On espère entrer dans cette phase 2 à l’horizon 2028”
PARLEMENT PANAFRICAIN AU SENEGAL : Une mission au cœur de l’intégration africaine
APR – PASTEF – KIIRAAY : La guerre de trois
EXÉCUTIF - LÉGISLATIF : L’ossature d’une crise institutionnelle ?
TRANSHUMANCE : Qu’est-ce qui fait courir les maires ?
CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ONU : Diomaye et Ndayishimiye renouvellent leur soutien
SOMMET DE L’ONU : Diomaye Faye assume son soutien à Macky Sall et précise ses lignes de fracture avec Sonko
SUCCESSION DE GUTERRES : La carte Macky dans le jeu de Diomaye
RÉORGANISATION DE SON PARTI : L’APR relance ses bases et prépare la reconquête
LANCEMENT DE LA PLATEFORME D’ADHÉSION DU PSD JARIGN Aly Ngouille Ndiaye lance la plateforme d’adhésion du PSD JARIGN