Publié le 1 Nov 2018 - 00:00
STIGMATISATION DUE A L’INFERTILITE

Les premières dames s’engagent

 

Les premières dames d’Afrique veulent apporter leur soutien aux femmes victimes d’infertilité.  Elles se sont engagées, hier à Dakar, à briser les stigmates de la stérilité par l’éducation et la formation.

 

L’infertilité ou stérilité touche aussi bien les hommes que les femmes. Le recul de l'âge de la première grossesse, la prévalence de l'obésité ainsi que certains facteurs environnementaux sont autant de causes possibles de la progression des problèmes de fertilité. Cependant, les femmes sont les seules à payer le lourd fardeau de cette maladie. Elles sont souvent victimes de stigmatisation. Pour mettre fin à ces pratiques et permettre à ces dernières de s’épanouir, les premières dames d’Afrique se sont engagées, hier, à briser les stigmates par  l’éducation  et la formation.

Marième  Faye  Sall  reconnait que faire  face  aux  souffrances  des femmes   est  un  défi majeur.  Il  faut  donc,  selon elle, se  mobiliser  par  le  plaidoyer, la  sensibilisation, le  traitement  et la prévention. La première dame du Burundi, Denise Nkurunziza, soutient  que  85 %  des  cas  d’infertilité sont  dus  à  des  infections  non  traitées,  des Mst, des accouchements à risque.  Il  s’agit,  entre  autres, des  mutilations  génitales, des  grossesses  précoces. Et les conséquences sont souvent difficiles à supporter. ‘’Une  femme   sans  enfant  est  mal  vue. C’est pourquoi nous nous engageons à côté de ces femmes en les aidant dans la formation, surtout avec les activités génératrices de revenus. Tous ensemble, nous y arriverons’’, a soutenu Mme Nkurunziza qui rappelle que  le  fait  peut  être  ailleurs synonyme  d’isolement et de déshéritement. Avec parfois  des  formes de violences verbales et même   physiques. ‘’Au  pire  des  cas,  des divorces  s’ensuivent,   entrainant   par  conséquent   des  troubles psychiques,   et parfois  physiques’’, a-t-elle expliqué.

Dans la même veine, la première dame de la République centrafricaine, Mme Brigitte Touadera, a fait savoir que les  gouvernements   gagneraient  à  initier  des   programmes  afin  de  faciliter  aux  femmes   l’accès  aux  soins   de  fertilité   réglementés,  sûrs  et  efficaces.  C’est  dans  ce  sillage  que  s’inscrit l’initiative ‘’Cri du cœur d’une mère’’ (sa fondation).  L’entité   vise  à   autonomiser  les  femmes   par  un  accès  à  l’information, à  l’éducation  et  aux soins  de santé   pour  un  changement  de  mentalité. ‘’Il  s’agit  de  briser  la  stigmatisation  des  femmes   stériles   et  à  sensibiliser  la  population  à  la  prévention  et à  la prise   en  charge   de  l’infertilité.  Cela   se  fera  en  collaboration avec les   milieux universitaires, les  ministères  de  la  Santé  et  les  sociétés  de  fertilité   internationales’’, a dit Mme Touadera.

Les hommes sont touchés avec 50 %, surtout le groupe reproductif des 20-45 ans

La première dame du Niger, Mme Aïssata Issoufou Mahamadou, n’arrive pas à comprendre le fait que l’infertilité soit vécue comme un drame. ‘’Nous devons rétablir l’iniquité, la morale et l’injustice. Plusieurs médecins sont en formation pour lutter contre ces problèmes qui affectent surtout les femmes’’, a-t-elle souligné.

A noter que les causes sont aussi liées à certaines pratiques culturelles et religieuses ainsi que l’environnement  avec des ressources limitées. La pratique des mutilations génitales, l’exposition au tabac, l’essence au plomb et les polluants de l’environnement, une mauvaise nutrition sont des sources d’infertilité. Du moins, selon un gynécologue du Rwanda. A cela s’ajoutent des causes non génétiques et évitables de l’infertilité, c’est-à-dire les maladies sexuellement transmissibles (Mst) non traitées, les avortements clandestins qui ont comme conséquences les infections. Sur ce, le médecin rwandais a conseillé de limiter la consommation de caféine, faire de l’exercice modéré, éviter les toxines industrielles et environnementales, les pesticides…

A l’en croire, l’infertilité n’affecte pas seulement les femmes, les hommes sont touchés à 50 %, surtout le groupe reproductif des 20-45 ans. ‘’Ils doivent éviter les températures élevées parce qu’ils affectent la production et la mobilité des spermatozoïdes’’, a-t-il prévenu.

Embouchant la même trompette, la gynécologue obstétricienne,  docteur Justine Tnestine Gwet Bell, a indiqué que l’absence de fabrication du sperme,  la mauvaise qualité de sperme fabriqué peuvent être des motifs d’infertilité. A l’en croire, 30 % des causes sont du côté des hommes, 30 % du côté des femmes. ‘’On peut aussi avoir 30 % des causes des deux côtés et 10 % des causes sont non justifiées. Il s’agit de l’infertilité inexplicable. On peut aller jusqu’à 20 % des cas d’infertilité où on ne trouve pas les causes du problème après consultation médicale’’, a-t-elle fait savoir.

Du coté des femmes, a souligné la blouse blanche, il peut y avoir des infections, des trompes bouchées. ‘’La femme sans enfant n’est pas une femme, chez nous. La stigmatisation s’explique par le fait de la mauvaise connaissance des questions de fertilité, en plus des problèmes financiers que nécessite le traitement. A cela s’ajoutent les grosses difficultés pour les hommes à se faire consulter, la faible prise en charge des problèmes d’infertilité. Il faut une éducation à tous les niveaux, la formation des adultes et des jeunes, l’intégration des femmes’’, a conseillé Dr Gwet Bell.

VIVIANE DIATTA

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