L’APR dénonce une « dérive »

La section communale de l’Alliance pour la République (APR) de Thiès a tenu un point de presse ce dimanche à son siège départemental. Face aux journalistes, le député à l’Assemblée nationale et responsable politique, Abdou Mbow, a dressé un tableau sombre de la situation politique nationale.
Abdou Mbow a réaffirmé, hier, l’opposition de l’APR à toute réforme de la Constitution qui ne serait pas soumise à l’approbation populaire par voie référendaire. Selon le responsable politique, les réformes institutionnelles envisagées, notamment celles portant sur la création d’une Cour constitutionnelle ou sur l’évolution des prérogatives du Premier ministre, concernent des questions fondamentales qui doivent être tranchées directement par les citoyens.
Le député a en outre dénoncé ce qu’il considère comme des irrégularités dans la procédure parlementaire liée à l’examen des propositions de révision constitutionnelle. Face à ce qu’il qualifie de « dérives institutionnelles », Abdou Mbow a annoncé une vaste campagne de sensibilisation et de remobilisation politique dans la région de Thiès. Cette initiative prévoit des rencontres de proximité à travers les quartiers afin d’expliquer aux populations la position de l’APR sur les enjeux politiques et institutionnels actuels. Le responsable politique a insisté sur le caractère pacifique et républicain de cette mobilisation, affirmant que son parti entend mener son combat dans le respect de la loi et des principes démocratiques.
L’APR de Thiès, annonce Abdou Mbow, organisera, en outre, le 28 juin à 16 heures une grande conférence républicaine destinée à marquer officiellement le lancement de sa nouvelle phase de mobilisation. Selon Abdou Mbow, cette rencontre permettra de dresser un état des lieux de la situation politique nationale et de préparer les échéances électorales à venir, notamment les élections locales prévues en 2027.
L’objectif affiché par les responsables de l’APR est de renforcer leur implantation politique dans le département de Thiès et de préparer la reconquête des collectivités territoriales.
La réintégration d’Ousmane Sonko au cœur des critiques
Abdou Mbow s’est particulièrement attardé sur la récente réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, une décision qu’il juge controversée. Pour le responsable de l’APR, cette mesure constituerait une violation des dispositions encadrant le fonctionnement de l’institution parlementaire. Il a rappelé que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale est une loi organique dont les prescriptions, selon lui, doivent être strictement respectées. « Cette situation soulève des interrogations juridiques, institutionnelles et éthiques », a-t-il soutenu, estimant qu’elle traduit une perte de repères au sommet de l’État.
Le responsable de l’APR a également exprimé ses inquiétudes concernant la situation économique du pays. Il a évoqué des finances publiques sous pression, une baisse du pouvoir d’achat des ménages et un sentiment de désillusion croissant au sein de la jeunesse.
Revenant sur les déclarations passées d’Ousmane Sonko relatives à l’existence d’une dette cachée, Abdou Mbow a estimé que ces accusations ont porté préjudice à l’image du Sénégal sur la scène internationale. Il a notamment fait référence aux récentes déclarations de l’ancien président de la Cour des comptes, qui aurait affirmé qu’aucune dette cachée n’apparaissait dans les rapports examinés. Pour lui, ces propos confortent la position défendue par l’ancien régime de Macky Sall.
Le député a par ailleurs réclamé la publication de l’ensemble des rapports évoqués dans le débat public, notamment celui du cabinet Mazars.
En attendant, Abdou Mbow a exigé la libération de plusieurs personnalités proches de l’ancien régime actuellement poursuivies ou détenues. Il a notamment cité Mame Ousmane Diop, Pape Malick Ndour, Mouhamadou Guèye et Abdou Aziz Diop, qu’il considère comme victimes de procédures judiciaires à caractère politique.
Le député estime que la reddition des comptes promise par les nouvelles autorités tend à se transformer en règlement de comptes politique. Il appelle au respect des droits des personnes concernées et à une justice impartiale.
Ndeye Diallo (Thiès)






