Publié le 29 Jan 2020 - 18:53
URGENCE HUMANITAIRE AU SAHEL CENTRE

Près de 5 millions d’enfants en situation d’aide

 

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (l'Unicef) a lancé un appel à contribution de 208 millions de dollars US pour soutenir sa réponse humanitaire dans la région du Sahel central en 2020. Car, selon un rapport présenté hier, près de 5 millions d’enfants sont en situation d’urgence.

 

Près de 5 millions d'enfants au Burkina Faso, au Mali et au Niger auront besoin d'une aide humanitaire, au cours de l'année 2020, renseigne le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef). C’est plus que les 4,3 millions d’enfants recensés l’année précédente. Cette estimation, souligne le rapport présenté hier, est liée à la flambée de violence, des attaques contre les enfants et les civils, des enlèvements et du recrutement d'enfants dans des groupes armés.

De l’avis de la directrice régionale de l'Unicef pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, quand on regarde la situation dans le Sahel central, on ne peut s'empêcher d'être frappé par l'ampleur de la violence à laquelle les enfants sont confrontés.

‘’Ils sont tués, mutilés et abusés sexuellement. Des centaines de milliers d'entre eux ont vécu des expériences traumatisantes’’, déplore Marie-Pierre Poirier. Aussi, elle souligne que les attaques contre les enfants ont connu un pic, au cours de la dernière année. Par exemple, au Mali, 571 violations graves contre les enfants ont été enregistrées au cours des trois premiers trimestres de 2019, contre 544 en 2018 et 386 en 2017. En plus, depuis le début de l'année 2019, plus de 670 000 enfants de la région ont été contraints de fuir leurs foyers, en raison des conflits et de l'insécurité.

Selon Mme Poirier, les enfants touchés par la violence au Sahel central ont un besoin urgent de protection et de soutien. Raison pour laquelle l'Unicef appelle les gouvernements, les forces armées, les groupes armés non étatiques et les autres parties au conflit à cesser les attaques contre les enfants (dans leurs maisons, à l’école ou dans les centres de santé). Il demande également un accès sûr à tous les enfants touchés, conformément aux principes humanitaires.

‘’Nous exhortons toutes les parties à protéger et à faciliter l'accès aux services sociaux. Ceci est une base pour la cohésion sociale et contribue à prévenir les conflits’’.

Plus de 3 300 écoles dans les trois pays étaient fermées ou non opérationnelles

D’après le rapport, l’augmentation de la violence a également des conséquences dévastatrices sur l'apprentissage des enfants. Fin 2019, plus de 3 300 écoles dans les trois pays étaient fermées ou non opérationnelles, en raison de la violence. Une multiplication par six depuis avril 2017, touchant 650 000 enfants et 16 000 enseignants.  

Sur ce, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a lancé un appel à contribution de 208 millions de dollars US, pour soutenir sa réponse humanitaire dans la région du Sahel central en 2020.

Le rapport révèle que l'insécurité et les déplacements créent des obstacles importants pour l’accès des enfants et des familles aux services essentiels, à l’alimentation et aux intrants nutritionnels, risquant de détériorer la santé et l'état nutritionnel des enfants. L'Unicef estime que, cette année, plus de 709 000 enfants de moins de 5 ans souffriront de malnutrition aiguë sévère et auront besoin de traitements vitaux, dans la région du Sahel central.

Dans le même temps, l'accès des familles à l'eau potable se réduit. Rien qu'au Burkina Faso, l'accès à l'eau potable a diminué de 10 %, entre 2018 et 2019, dans les zones où les personnes déplacées internes représentent plus d'un cinquième de la population. Certaines zones ont connu une réduction d’accès allant jusqu'à 40 %.

L'Unicef est sur le terrain au Burkina Faso, au Mali et au Niger, travaillant avec ses partenaires pour fournir aux enfants le soutien et les services dont ils ont urgemment besoin. Ce, en matière de protection, d'éducation, de santé, de nutrition, d'eau et d'assainissement.

VIVIANE DIATTA

 

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