Publié le 17 Feb 2012 - 13:01
VOTE DES MILITAIRES ET PARAMILITAIRES

23 003 hommes de tenue vont voter ce week-end

 

Les militaires et paramilitaires vont quitter leurs casernes pour porter leur choix sur le candidat qu'ils jugent apte à conduire les destinées du pays, pour la deuxième fois, les 18 et 19 février. Ils sont 23 003 militaires et paramilitaires inscrits sur les listes électorales à voter ce week-end. Un vote qui promet d'être calme mais qui suscite encore grand intérêt du côté des civils, habitués depuis 1962 à voir les militaires opter pour leur neutralité sur les questions d'ordre politique.

 

Malgré leur faible représentativité sur le fichier électoral, le vote des hommes de tenue a fait l'objet de contestations de la part de certains observateurs et constitutionnalistes qui voient derrière ce droit de vote accordé sous le règne de l'alternance, un moyen de frauder.

 

Des craintes qui se fondent aussi sur le fait que le dépouillement des urnes se fait une semaine après le vote, c'est-à-dire au même moment que celui des civils . Il s'y ajoute que dans d'autres pays, très en avance sur le plan démocratique, les militaires remplissent ce devoir civique le jour même du scrutin. Interpellé sur la question, Mouhamadou Mbodj du forum civil rassure : ''Les risques de fraude ont été toujours polarisés avec la présence des différents acteurs qui veillent au grain''. Mais si la transparence est de rigueur, il n'a pas manqué de relever ''l'immaturité d'une telle décision'' dans notre pays dans un contexte où l'armée devrait apparaître comme un des champs décisifs de l'expression de l'unité nationale. ''On doit exprimer des formes de différenciation sur l'appartenance partisane car la forme du parti politique n'a pas fini d'achever son parcours historique. Il n'est pas bâti, par exemple, sur une idéologie, il apparaît comme un groupe d'intérêts. Introduire un parti dans une caserne, c'est accroître une division et affaiblir le dernier socle de l'unité nationale que constitue ce corps''. M Mbodj considère toutefois : ''dans le principe général, les militaires et paramilitaires sont des citoyens même si s'ils sont sous le drapeau.''

 

Après la présidentielle de 2007 et les locales de 2009, les hommes de tenue pourront accomplir leur geste civique dans 38 départements du pays. Dakar totalise 5 lieux de vote avec 17 bureaux de vote contre un centre de vote pour chaque région. Et c'est ce vendredi que le matériel électoral mis à la disposition des préfets sera installé dans les différentes localités.

 

MATEL BOCOUM

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