Publié le 27 Mar 2013 - 13:09
SORTIE AU VITRIOL DE IDRISSA SECK CONTRE LE GOUVERNEMENT

L’Apr tétanisée, les alliés tempèrent

 

La virulente et médiatique sortie d'Idrissa Seck contre le gouvernement semble avoir tétanisé l'Alliance pour la République du chef de l'Etat Macky Sall alors que d'autres responsables de la coalition Benno Bokk Yaakaar s'agrippent à des discours déjà entendus.

 

 

 

La sortie d’Idrissa Seck contre le gouvernement est diversement appréciée au sein de la mouvance présidentielle. A l’Alliance pour la République (APR) par exemple, certains responsables préfèrent répondre aux déclarations du président de Rewmi par le mépris. «C’est un non événement ; cela ne mérite point de réaction», dit Abdoulaye Diouf Sarr, membre du Directoire de l’Apr et par ailleurs Directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD). Mais Moustapha Cissé Lô, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, est dans un autre état d'esprit.

 

 

Il se dit plutôt «meurtri d’entendre Idrissa Seck dire que Macky Sall est le seul responsable de ce qui se passe». Interrogés par nos confrères de la Rfm, le responsable de l’Apr à Touba rappelle que Idrissa Seck est aussi «responsable» de la situation actuelle du pays pour avoir été membre à part entière et pendant quatre ans du gouvernement de Me Abdoulaye Wade. «Tout puissant ministre d'Etat, passé Premier ministre, Idy prenait toutes les décisions de 2000 à 2004. Il était le ministre de la lune et de la terre. Qu’il nous dise alors ce qu’il a fait pour le pays», déclare le bouillant député.

 

«Se concentrer sur le mandat du peuple»

 

Pour Bara Ndiaye, membre de la Convergence des jeunesses républicaines (COJER), «le Rewmi n’a jamais été loyal avec l’Apr et ne le sera jamais». C’est pourquoi il demande tout simplement au président de la République de se séparer des ministres estampillés Rewmi. Mais pour Abdoulaye Wilane, la solution n'est pas à ce niveau s’ils veulent sauver la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY). Le porte-parole adjoint du Parti socialiste (PS) estime que la liberté d’expression ne doit pas constituer un obstacle à la bonne marche de la mouvance présidentielle.

 

«On peut écouter un allié, un adversaire. Soit on le tolère, soit on le dépasse, soit on le combat et on s’arrête à son niveau», explique le maire de Kaffrine. Un moyen pour lui de suggérer une autre démarche pour l'ensemble des alliés du président de la République. «Si cela ne dépendait que de nous, dit-il, nous nous serions concentrés sur le mandat que le Sénégal nous a confié» plutôt que de se lancer dans des querelles inutiles. Pour Wilane, les urgences sont en effet bien ailleurs. «Nous devons nous engager dans des réformes, des ruptures, la construction d’un nouveau Sénégal sur la base des attentes des Sénégalais». Si le pouvoir veut «maintenir le cap», le chargé de communication du Ps conseille également d’«écouter les critiques réformatrices».

 

«La menace Pds»

 

Un avis partagé par El hadj Momar Sambe, secrétaire général du Rassemblement des travailleurs africains - Sénégal (RTA-S). La sortie de Idrissa Seck ne «mérite pas une contradiction» quelconque au sein de la mouvance présidentielle, affirme-t-il. Le président de Rewmi, il préfère le juger sur pièce. «Il (Idrissa Seck) dit qu’il s’érige en sentinelle, en vigile par rapport au pouvoir, il faut tirer les choses au-delà des propos qu’il assume. La seule chose importante, c’est de savoir si ses critiques et observations sont inscrites dans un esprit constructif ?» poursuit El hadj Momar Sambe. Mais dans tous les cas, «il y a nécessité de conserver la cohésion de la coalition au regard des enjeux» liés à l’instabilité du pays. «Le Pds se réorganise. Nous les (les membres de l’ancien régime) avons défaits, mais ils restent nuisibles. Tout l’argent détourné constitue un puissant moyen pour déstabiliser le pays car ils vont exploiter la misère des populations», avertit le Sg du Rta-S.

 

La Ligue démocratique (LD), elle, a réitéré son idée de création d’un «cadre d’échange et de dialogue» entre les membres de la coalition Benno Bokk Yaakaar avec «un code de conduite» clairement défini. «Quand nous sommes ensemble, nous devons nous dire la vérité, mais nous devons le faire dans un cadre de Bby. Je ne pense pas qu’il faille dire tout dans la presse», indique Abdou Karim Fall, son porte-parole. «Si nous soumettons nos observations au gouvernement et qu’il n’en tienne pas compte, dans ce cas, nous pouvons le dénoncer.»

 

 

 

DAOUDA GBAYA

 

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