Publié le 20 Jun 2013 - 06:30
SACRÉ LANDING SAVANÉ

A terre sur cinq appuis, il exige de l'arbitre la victoire !

 

Sous la plume de Daouda Gbaya du quotidien «Enquête», Landing Savané, en veut au général Pathé Seck. Il dénonce «l’attitude du ministère de l’Intérieur qui n’a toujours pas vidé le contentieux politique» qui l’oppose à son ancien camarade Mamadou Diop «Decroix» à propos de la paternité du sigle et des éléments d'identification du parti".

Le Général a bon dos comme son prédécesseur direct Mbaye Ndiaye et comme ses prédécesseurs sous Wade.  Tous n'ont fait que respecter la loi. Pour rafraîchir la mémoire des Sénégalais, rappelons les propos du même Landing Savané en 2009, après sa forfaiture consistant à vouloir faire exclure son adjoint de l'époque, Mamadou Diop Decroix, par 19 personnes dans un Bureau politique de 43 présents alors que ce dernier avait été élu, comme lui, par 1500 délégués à l'issue d'un Congrès.
Pensant à l'époque avoir le bon vent de son côté, Landing confiait avec arrogance à la presse parue le jeudi 30 avril 2009, je le cite : « Ni un ministre, ni un Premier ministre, ni un président de la République, encore moins un Tribunal ne peut faire réintégrer Mamadou Diop Decroix dans le Parti».

Apprenant que Decroix  avait décidé à l'époque de saisir la justice de cette forfaiture, Landing s'était fait encore plus explicite ;  je le cite : "Mamadou Diop Decroix a beau arpenter les escaliers des Tribunaux, mais aucune décision de justice ne pourra casser la sanction prise en son endroit". Il est vrai que depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Landing est à terre sur 5 appuis, la tête enfouie dans le sable et continue, toute honte bue, à exiger de l'Etat qu'il  viole sans ménagement les lois de la République, les décisions de justice et la souveraineté interne des partis politiques en lui donnant malgré tout la victoire.

Premier appui : le congrès du parti, tenu en juin 2009 dans le respect strict des statuts et règlement intérieur,  a consacré l'élection de Decroix à la tête du parti par 2500 délégués issus de 40 fédérations sur les 45 du pays et de l'étranger. C'est d'ailleurs la tenue victorieuse de ce congrès qui a consacré la véritable défaite de Landing et dont il ne s'est jamais relevé.
Deuxième appui : devant la défaite politique, celui qui exprimait naguère son mépris pour la justice s'est précipité pour attraire le nouveau Secrétaire Général élu  devant les tribunaux  pour le délit d'usurpation de fonction.  Malheureusement pour lui, il a été débouté et condamné aux dépens. Deuxième défaite.

Troisième appui : mécontent de la décision du tribunal de première instance, il interjeta appel et fut de nouveau débouté et condamné aux dépens par la cour d'Appel. Troisième défaite.

Quatrième appui et quatrième défaite : aux élections législatives de juillet 2012, moment crucial dans la vie et l’existence des partis politiques,  la liste de AJ a été validée et le Secrétaire Général de notre parti Mamadou Diop Decroix a été élu député sur la liste d'Aj et n'a pas fait dans le «yobbaalema» comme Landing qui n'a même pas été porté sur la liste de Bennoo Bokk Yaakaar. Suprême humiliation !

Cinquième appui et dernière défaite : les partis légalement constitués sont convoqués par le ministre de l'Intérieur le vendredi 7 Juin 2013. Landing y dépêche son représentant qui est gentiment invité à débarrasser le plancher (expulsé) au motif que l'administration ne reconnaît qu'un seul And-Jëf dirigé par Mamadou Diop Decroix. Pourtant, Landing, toujours groggy, demande encore au Ministre de vider le «contentieux». Quel contentieux ? En vidant son représentant de la salle, l'Administration n’a-t-elle pas vidé, dans le même temps et pour la nième fois, le contentieux ? Depuis 2009 tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé, sous Wade comme sous Sall, ont régulièrement éconduit Monsieur Savané et ses représentants parce que ce pays est encore, jusqu’à plus ample informé, un Etat organisé où les autorités respectent certaines règles élémentaires.

« Ni un ministre, ni un Premier ministre, ni un président de la République, encore moins un Tribunal ne peut faire réintégrer Mamadou Diop Decroix dans le Parti » disait-il du haut de sa  puissance et de son influence supposées. En somme, ceux qu'on récusait dans la splendeur, sont appelés à la rescousse dans la déchéance. Sans succès. Quelle leçon de vie pour tous ! Seuls l'humilité et le respect de la vérité sont payants en dernière instance.

Si les mots ont un sens, Landing devrait aller chercher un parti  mais notre souhait et nos prières ardentes sont qu’il rejoigne la maison car il se fait tard. A AJ/Pads on a que respect et considération pour lui car, comme le rappelait récemment le camarade Mamadou Diop, il a dirigé notre parti pendant 36 ans. Donc nous ne pouvons que lui reconnaître son apport et lui assigner la place qui lui sied. Pourquoi pas Président d’Honneur du parti ?

Ibra Mboup, professeur d'Espagnol
Directeur de l'Ecole du parti.
 

 

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